Les Etats-Unis et la Pologne n'ont pas réussi à s'entendre lundi sur le déploiement sur le territoire polonais d'éléments du bouclier antimissiles américain, a indiqué le département d'Etat tandis que Varsovie assurait que les discussions se poursuivaient.
A la veille de la signature à Prague d'un accord sur l'installation d'un radar en République tchèque, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice espérait pouvoir définir les bases d'une entente similaire lors d'une rencontre à Washington avec son homologue polonais, Radoslaw Sikorski.
"Nous n'avons pas réussi à finaliser avant le début du voyage de la secrétaire d'Etat" en Europe, a déclaré son porte-parole, Sean McCormack. "Cela ne veut pas dire que nous n'allons pas continuer à travailler" à ce sujet, a-t-il ajouté, à l'issue d'un entretien à Washington entre les deux ministres, organisé à la demande de Radoslaw Sikorski.
Le porte-parole a reconnu que les Etats-Unis avaient espéré conclure un accord avec la Pologne qui aurait permis à Condoleezza Rice d'achever sa tournée en Europe par une cérémonie de signature à Varsovie comme celle qui est prévue mardi à Prague.
"Elle va voyager en Europe. S'il y avait eu une possibilité de signer, alors cela aurait été... positif. Si nous avions un accord, je suis sûr qu'elle aurait souhaité aller en Pologne à un moment donné", a-t-il ajouté.
Sans faire part d'une avancée significative, le chef de la diplomatie polonaise avait insisté plus tôt sur la poursuite des discussions entre Américains et Polonais.
"Nous avons échangé des idées productives et les discussions se poursuivent" sur l'installation en Pologne d'éléments du bouclier antimissiles américain, a-t-il dit à des journalistes.
Interrogé pour savoir si un accord pouvait encore être sauvé, le ministre polonais, qui doit aussi voir des responsables du Pentagone, a répondu: "Il n'y a pas besoin de sauver (l'accord), parce que les discussions se poursuivent et se poursuivront encore".
Jugeant "insuffisantes" les réponses américaines à ses préoccupations sur les menaces pour la sécurité de son pays qu'engendrerait ce bouclier, le Premier ministre polonais Donald Tusk avait réclamé vendredi en contrepartie de son feu vert la présence permanente en Pologne de systèmes de défense antiaérienne de type Patriot.
Les Etats-Unis ont le projet d'implanter en Europe centrale à l'horizon 2011/2013 deux éléments du bouclier antimissile destiné à protéger leur territoire contre d'éventuelles attaques de pays comme l'Iran: dix missiles intercepteurs, qu'ils aimeraient déployer près de Slupsk dans le nord de la Pologne, et une station radar en République tchèque.














Commentaires
Manque de confiance
La République Tchèque et la Pologne sont-ils toujours incapables de s'assumer au sein de l'Union européenne (U.E) pour se placer sous la protection d'une puissance étrangère? N'ont-ils toujours pas dépassé le traumatisme de l'ex-U.R.S.S.?
'L'Europe de la Défense' n'a t-elle pas les moyens technologiques de répondre aux craintes tchèques et polonaises? Si tel est le cas, ne devrait-il pas être une priorité pour l'U.E. de se doter d'armements pouvant assurer pleinement sa souveraineté et son intégrité territoriale? L'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France sont-ils si en retard techniquement , que même rèunis ils n'en n'ont pas la capacité?
Puisque des États membre de l'Union créent la perseption, pour les Russes, de la poursuite d'une 'guerre froide', ces dernier en réaction n'auront-ils pas, de façon légale et toute légitime, la tentation d'orienter certains de leurs missiles vers ces dissidents de l'E.U., d'installer des missiles à Kaliningrad (enclave russe au sein de l'U.E.) et en Transniestrie (République russophone auto-proclamée au centre-sud de l'U.E.)?
Vladimir Poutine, le réel 'tsar de la nouvelle Russie' est sur la scène pour fort longtemps et il a certainement la mémoire longue!
Ce qui me semble paradoxal est que la Russie veut devenir plus européenne, qu'asiatique. L'U.E. a une opportunité historique de se renforcer, elle-même, militairement; et de tendre la main à la Russie (réservoir des ressources naturelles dont l'E.U. aura nécessairement besoin). Si Vladimir Poutine détourne la tête vers son côté asiatique, l'E.U. aura gaché ces opportunités qui auront des répercussions désastreuses pour des décennies.
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