08 juillet 2008 - 18H29
- Rwanda

Un Rwandais recherché pour génocide arrêté en Allemagne
Un ex-employé d'un organisme des Nations unies au Rwanda, Callixte Mbarushimana, a été appréhendé en Allemagne, à Francfort. Un mandat d'arrêt international pour génocide et crime contre l'humanité avait été émis par Kigali.

Un Rwandais ex-employé de l'Onu et recherché par mandat d'arrêt international pour génocide et crime contre l'humanité, Callixte Mbarushimana, a été arrêté lundi en Allemagne, a annoncé à l'AFP un procureur à Francfort (ouest).
   
"Il a été arrêté lundi après-midi à l'aéroport de Francfort alors qu'il voulait prendre un vol pour Saint-Pétersbourg", a déclaré mardi Peter Rückert, procureur chargé des questions d'extradition à la Cour d'appel de Francfort.
   
Callixte Mbarushimana, un Hutu de 44 ans, est l'un des dirigeants en exil des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), mouvement hutu rebelle basé dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
   
Le Rwanda a lancé contre lui un mandat d'arrêt pour génocide et crime contre l'humanité.
   
"Kigali a été informé" de son arrestation, a ajouté M. Rückert.
   
Le Rwanda accuse M. Mbarushimana d'avoir tué en 1994 et fait tuer de nombreux Tutsis, dont plusieurs de ses collègues alors qu'il travaillait pour le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) à Kigali. M. Mbarushimana a toujours rejeté ces accusations.
   
Placé en détention provisoire après son arrestation, il devait être présenté "aujourd'hui ou demain à un juge chargé de statuer sur sa détention", a indiqué M. Rückert.
   
M. Mbarushimana avait déjà été arrêté en avril 2001 au Kosovo, où il travaillait alors pour l'Onu, mais faute de preuves suffisantes, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), créé par l'Onu et chargé de juger les principaux responsables du génocide, avait renoncé en septembre 2002 à le poursuivre.
   
Les rebelles du FDLR sont accusés par Kigali d'avoir participé au génocide rwandais de 1994, qui a fait 800.000 morts, selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsie.
   
La France a elle aussi ouvert au début 2008 une enquête contre M. Mbarushimana, après le dépôt en France en février d'une plainte d'une association de victimes du génocide. Il avait obtenu fin 2003 en France le statut de réfugié, ce qui n'interdit pas les poursuites judiciaires.

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