Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Centrafrique : calme précaire dans la capitale, violences en province

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Au Cameroun, la population se mobilise pour l'éducation

En savoir plus

#ActuElles

Canada : les mystérieuses disparitions des femmes autochtones

En savoir plus

REPORTERS

Le meilleur des grands reportages de France 24 en 2014

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Retour sur les temps forts de l’année 2014

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Un troisième Bush à la Maison Blanche ?"

En savoir plus

DÉBAT

CAN-2015 : un défi pour le continent africain

En savoir plus

L'ENTRETIEN

"Il faut que Pékin réévalue ses politiques dans les régions tibétaines"

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Uruguay : la vie après Guantanamo

En savoir plus

Le Royaume-Uni condamne le Hezbollah

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 01/11/2008

Le Royaume-Uni qualifie le bras armé du Hezbollah de terroriste au moment même où celui-ci engage des négociations avec Israël. Une façon de mettre la pression à un tournant critique ? Londres nie avec véhémence.

Le gouvernement britannique a ajouté, le 2 juillet dernier, la branche armée du Hezbollah libanais à sa liste des organisations terroristes interdites. Raison officielle : le soutien du mouvement chiite libanais à des groupes terroristes de la région et notamment en Irak. Mais certains, en premier lieu le Hezbollah lui-même, mettent en doute cette explication et accusent le Royaume-Uni d’accentuer la pression sur le Hezbollah au moment où il se montre prêt à la négociation.

"La branche armée du Hezbollah apporte un soutien actif aux militants en Irak responsables d'attaques à la fois contre les forces de la coalition et contre des civils irakiens", soulignait le secrétaire d'Etat aux Affaires intérieures Tony McNulty dans un communiqué.

Le Royaume-Uni reprend notamment les accusations des autorités américaines, selon lesquelles les membres du Hezbollah entraîneraient des insurgés irakiens en Iran. Le secrétaire d’Etat a également rappelé que le Hezbollah avait apporté son soutien à des groupes terroristes palestiniens comme le "Jihad islamique palestinien".
  
Le Hezbollah met en doute la version officielle
 
Mais Hassan Nasrallah, le leader du mouvement chiite, a mis en doute la version officielle. "Le moment (choisi) est suspect, car il vient au moment de l'échange des prisonniers" entre Israël et le Hezbollah, a-t-il déclaré. Quelques heures plus tard, en effet, Hassan Nasrallah annonçait officiellement que son mouvement avait accepté les termes de l’accord d’échange de prisonniers avec Israël.

L’accord prévoit la restitution par le Liban des corps des soldats Eldad Regev et Ehud Goldwasser, capturés lors du conflit de l’été 2006. Israël s’est engagé pour sa part à libérer 5 détenus libanais et à remettre au Hezbollah les dépouilles de près de 200 combattants libanais, palestiniens ou arabes.

Faire pression sur le Hezbollah

Selon Anne Giudicelli, spécialiste des questions de terrorisme et directrice de la structure de conseil Terrorisc, l’agenda de l’annonce n’est pas anodin. "C’est une façon de continuer à faire pression sur le Hezbollah, alors même qu’il ouvre une porte."
  
La sanction britannique pourrait avoir des conséquences de taille pour le Hezbollah mais également pour la région tout entière. Selon Nadim Shehadi, expert sur les questions concernant le Moyen-Orient au sein du think tank britannique Chatham House, cette décision pourrait préparer le terrain à une décision similaire par l’Union européenne. "Cette déclaration pourrait donner lieu à une politique européenne, qui pourrait peser sur les négociations avec l’Iran. Et le Hezbollah verrait ses finances en souffrir", explique Nadim Shehadi.

Il est en outre très significatif que cette annonce survienne peu de temps avant le sommet de l’Union pour la Méditerranée qui doit se tenir à Paris le 13 juillet. "Cela pourrait même affecter l’agenda des négociations qui reprennent entre la France et la Syrie", ajoute-t-il.
 
Une simple question de calendrier ?

  
Dans un entretien au Daily Star, Frances Mary Guy, l’ambassadrice britannique au Liban, écarte tout rapport avec cette négociation et explique que "c’est une décision que le Royaume-Uni étudie depuis longtemps et qu’il était devenu nécessaire de la rendre publique en raison du processus législatif britannique." Elle évoque une simple question de calendrier parlementaire, la décision devant être étudiée avant la levée de la session pour l’été.
  
Israël, les Pays-Bas, le Canada et les Etats-Unis ont inscrit le Hezbollah au complet – tant son organisation politique que son bras armé - sur leur liste d’organisations terroristes. Cette désignation permet notamment la saisie des biens et le gel d’avoirs financiers. Mais malgré les pressions conjuguées d’Israël et des Etats-Unis, l’Union européenne s’est toujours refusée jusqu’ici à désigner le Hezbollah comme terroriste.

Depuis 2000, seule "l’organisation armée de sécurité extérieure" du Hezbollah figure parmi la liste des organisations terroristes reconnues par le Royaume-Uni.

Première publication : 09/07/2008

COMMENTAIRE(S)