- Iran - Pétrole
Retrouvez le script intégral de l'émission "Le Talk de Paris".
Le patron du groupe Total, Christophe de Margerie, a déclaré trop risqué d'investir actuellement en Iran. Invité du "Talk de Paris", sur FRANCE 24, diffusé vendredi, il a explicité sa décision.
"Total ne se retire pas d’Iran mais ne lance pas son projet de South Pars", nuance le PDG du groupe Total. Je considère que pour tout investissement important impliquant plusieurs milliards de dollars, l’entreprise a la responsabilité de s’assurer qu’elle se développe dans un environnement aussi calme que possible. Ce n’est pas le cas aujourd’hui."
Le groupe pétrolier français négocie depuis des années avec l'Iran l'exploitation de réserves de gaz à South Pars, un des plus grands gisements au monde, et prévoit de créer une installation produisant du gaz naturel liquéfié (GNL) pour l'exportation.
"Pas de pressions étatiques"
Interrogé par Ulysse Gosset sur d’éventuelles pressions étatiques, le PDG du groupe affirme ne pas en être victime. "Nous n’en avons pas reçu", indique-t-il. "L’Etat fait part de ses convictions, de ses envies, mais c’est à nous de savoir ce qu’on en fait". En octobre 2007, Paris avait invité les sociétés privées à ne plus investir en Iran et en Birmanie.
"Il est hors de question d’arrêter ce projet. Il est hors de question d’y renoncer ou de l’abandonner, mais il est probablement nécessaire d’attendre que les choses, comme je le souhaite, s’améliorent : que l’Iran puisse retrouver des relations meilleures avec ses voisins [...] Il y a un gel de facto de ce projet", a expliqué Christophe de Margerie.
Jeudi, Téhéran a procédé à de nouveaux essais de missiles dans le Golfe, ce qui fait monter d'un cran la tension avec Israël et les pays occidentaux.
Face à la décision du PDG de Total, l'Iran a réagi : selon l'agence Reuters, Téhéran se dit prêt à développer son champ gazier sans l'aide de la compagnie française. "L’Iran a pris la mouche", confirme Christophe de Margerie en précisant qu’il ne pensait pas "qu’il y avait un vrai risque de perdre le marché, mais un risque quand même". Même si l'Iran possède les deuxièmes réserves mondiales de gaz derrière la Russie, il lui est déjà arrivé par le passé de ne pas en extraire suffisamment pour son marché intérieur, au point d’être contraint de suspendre ses exportations.
Total a produit en 2007 15 000 barils de pétrole par jour en Iran, sur une production totale proche de 4 millions de barils par jour, selon l'OPEP.
Dans le "Talk de Paris", le patron du groupe français est également revenu sur la hausse des prix du pétrole, affirmant qu’"il fallait s'habituer à un prix de l'énergie cher". Et d’ajouter : "Ce qui fait mal, ce n’est pas le prix en tant que tel mais la rapidité de la hausse."
"Si on passe à 200 dollars en deux ou trois jours, c'est catastrophique. S'il passe à 200 en dix ou quinze ans c'est plus que normal", a-t-il expliqué. Mais il a relativisé sur le fait d’atteindre les 200 dollars le baril avant la fin de l’année. "Ca me parait peu probable", a-t-il estimé.




























Commentaires (5)
Retour de vacance de C. de Margerie....
En juillet l'Iran était trop dangereux. Les développements en Azerbaidjan sont prometteurs pour toute cette énergie qui transite par la Géorgie...et Nabucco en bout de ligne. Total participera t-elle au financement de cette rallonge jusqu'à l'Europe? Les seuls risques sont le manque d'approvisionnement pour les pipelines et miser tant sur la stabilité de la Géorgie et de l'Azerbaidjan. M. de Margerie pourrait prendre conseil auprès du Président français...'deux têtes valent mieux qu'une' selon le dicton?.
Total
La spéculation fait son œuvre : baisse hausse baisse et les médias colportent toutes les âneries possibles à croire que ce sont les services de communication des entreprises qui font leurs papiers. En effet tout va mal quand le dollar grimpe et le prix du pétrole montent : mais il faut s'habituer et cela pourrai être encore plus dure! donc soyons heureux d'éviter le pire! donc le prix de l'énergie flambe
Las! le prix du baril ainsi que le dollar baissent: comment voulez vous que le prix de l'énergie suive le même exemple : impossible et vraiment le dollar si bas ce n'est pas bon ! le patron de Total est totalement amoral et il est vraiment sacndaleux que l'énergie soit privatisé ce devrait être un secteur nationalisé comme l'accès et la distibution de l'eau
le Golfe joue au golf
Il est gentil "l'intello" qui dit qu'il faut "penser". Au contraire arretons de penser (sport #1 en France) et agissons sinon donnons notre pauvre fauteuil onusien a un pays qui lui agira. Les saoudiens et autres on torts de faire monter la pression et nous on a tort de ne rien faire!
Pétrol cher & politique
Effectivement, rien ne vaut une bonne guerre ! Je ne suis pas du tout un expert en économie et en géopolitique, mais avant de proférer de telles âneries, il vaudrait mieux analyser plus en profondeur ce qui se passe autour de toi. Certes, l'OPEP est responsable en partie des prix actuel du baril, mais elle ne peux pas être tenu pour unique responsable de l'envolée des prix du pétrole pour autant.
Je crois avant toute chose que le choc pétrolier actuel est due à la spéculation, qui arrange bien sur les grands groupes (Total, BP, PetroChina, Exxon...). Airbus ne vendrait pas des A380 si il restait 10 ans de pétrole sur la planète ! Cette spéculation est basée sur des craintes relayées par les médias comme le spectre d'une guerre en Iran, la peur de sabotages des installations pétrolières en Irak, la crainte des attaques et des enlèvements des employés de Total au Nigeria par des bandes armées. Déclarer une quelconque guerre ne fera que concrétiser ces craintes.
Ensuite, n'oublions pas que la Chine est en passe de devenir le premier consommateur mondial de pétrole. Elle a donc en partie provoquée l'augmentation des prix du pétrole et des matières premières.
En conclusion, les pétroliers ont le pouvoir de faire baisser les prix à la pompe. Nos états ont le devoir de favoriser le dialogue avec les pays à problème plutôt que de provoquer des guerres civiles.
Make oil, not war.
Faut-il s'habituer à des patrons comme de Margerie ?
Je pose la question...
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