Soudan
Le Soudan estime que toute mesure de la CPI menacerait la paix
Samedi 12 juillet 2008
Les rebelles du Darfour se sont félicités que la Cour pénale internationale ait l'intention de demander l'arrestation du président soudanais Omar El-Béchir. Le gouvernement soudanais voit, en ce projet, une menace pour le processus de paix.
Samedi 12 juillet 2008
Par AFPUn ministre soudanais a averti vendredi que toute mesure de la Cour pénale internationale (CPI) visant le président Omar el-Béchir, qui risque d'être mis en cause pour crimes de guerre au Darfour, menacerait le fragile processus de paix dans cette province du Soudan.
"S'il y a une décision concernant le président Béchir, cela peut détruire le processus de paix" au Darfour, vaste région de l'ouest du Soudan en proie à un violent conflit depuis plus de cinq ans, a déclaré à l'AFP le ministre d'Etat aux Affaires étrangères, Al-Samani al-Wasila.
"Dans cette situation, le Soudan ne coopèrera jamais avec la CPI", a ajouté ce ministre, qui participe aux réunions du gouvernement présidées par M. Béchir mais n'est pas membre de son parti, le Parti du congrès national.
Les efforts de l'ONU pour trouver un règlement au conflit du Darfour sont dans l'impasse depuis l'échec de pourparlers de paix en Libye en octobre, boycottés par deux principales formations rebelles.
Le département d'Etat américain a confirmé vendredi que le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, allait réclamer un mandat d'arrêt contre le président soudanais.
Plusieurs journaux, dont le français Le Monde et les quotidiens britannique The Guardian et américain The Washington Post avaient indiqué vendredi que le président Béchir allait être mis en cause lundi par M. Moreno-Ocampo pour des crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide commis au Darfour.
M. Moreno-Ocampo avait annoncé jeudi dans un communiqué qu'il présenterait lundi devant les juges de la CPI de nouvelles "preuves" de crimes commis ces cinq dernières années contre des civils au Darfour et "nommer(ait)" ceux qui en sont responsables selon lui.
La mise en cause par la CPI du chef de l'Etat soudanais serait la première d'un président en exercice pour génocide et crimes contre l'humanité.
Cette mesure inquiète l'ONU qui craint qu'elle ne compromette le processus de paix au Darfour et ne déclenche une réponse militaire soudanaise contre les soldats de la force mixte ONU-Union africaine (Minuad) chargé du maintien de la paix dans la région.
Mardi, la Minuad a souffert sa plus grave attaque, sept soldats de la force ayant été tués et 22 blessés dans le Darfour nord.
La Minuad manque cruellement de moyens et son déploiement rencontre de nombreuses difficultés logistiques et politiques.
Khartoum refuse d'autoriser le déploiement de soldats népalais, scandinaves ou thaïlandais, généralement considérés comme des troupes d'élite, et demeure réticent au déploiement de soldats non africains pour renforcer la Minuad.
Depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les milices arabes janjawid luttent contre des mouvements rebelles du Darfour. Le conflit a fait plus de 300.000 morts et entraîné le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum parle de quelque 10.000 morts.
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