13 juillet 2008 - 04H58
- France - Liban - Syrie - Union pour la Méditerranée

Ouverture d'ambassades entre le Liban et la Syrie
Bachar Al-Assad et Michel Sleimane ont confirmé, à la veille du sommet de l'Union pour la Méditérranée à Paris, l'ouverture d'ambassades dans leurs pays respectifs. Washington s'est félicité de cette décision. (Récit : P. Paccard)

Lisez notre dossier consacré à l'Union pour la Méditerranée

Nicolas Sarkozy a annoncé samedi à Paris l'ouverture prochaine, qu'il a qualifiée d'"historique", de relations diplomatiques entre la Syrie et le Liban, à l'issue d'un entretien avec leurs deux présidents Bachar al-Assad et Michel Sleimane.
  
Cette annonce est intervenue à la veille du baptême de l'Union pour la Méditerranée (UPM), voulue par le président français mais pour lequel il a enregistré un défection de taille: celle du roi du Maroc Mohammed VI, qui sera remplacé par son frère, le prince Moulay Rachid.
  
Au terme d'un marathon diplomatique minutieusement réglé, Nicolas Sarkozy a lui-même annoncé devant la presse, à l'Elysée, que la Syrie et le Liban avaient décidé l'ouverture croisée d'ambassades, plus de soixante ans après leur indépendance.
  
"Je voudrais dire combien pour la France, c'est un progrès historique que la volonté du président Bachar al-Assad d'ouvrir une représentation diplomatique au Liban, et que le Liban ouvre une représentation diplomatique en Syrie", a déclaré Nicolas Sarkozy en présence de ses deux homologues et de l'émir du Qatar, Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani.
  
"Vous comprendrez que pour nous, Bernard Kouchner et moi, cette annonce, cette confirmation, cette volonté est absolument historique", a insisté le président français, manifestant sa satisfaction.
  
Les présidents syrien et libanais ont confirmé la nouvelle. "Notre position est qu'il n'existe aucun problème pour l'ouverture d'ambassades entre la Syrie et le Liban (...) nous examinerons cette question dans un avenir très proche", a indiqué Bachar al-Assad. Michel Sleimane a assuré que Damas et Beyrouth allaient "se concerter pour mettre cet accord en oeuvre le plus tôt possible".
  
Cette volonté d'établir rapidement des relations diplomatiques a été bien accueillie par Le Royaume Uni, l'Allemagne et les Etats-Unis.
  
Une décision vue par l'Allemagne comme un "progrès considérable". Washington de son côté s'est félicité de cette décision tout en estimant que Damas devait "prendre des initiatives concrètes pour mettre fin à sa tactique de déstabilisation dans la région", a déclaré à l'AFP Rob McInturff, un porte-parole du Département d'Etat américain.
  
Une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré à l'AFP que si "cela signifie que la Syrie va jouer un rôle plus positif dans la région, alors cela peut être une bonne chose".
  
Immédiatement après cette annonce, le président Sarkozy a annoncé qu'il se rendrait à Damas en "septembre". Ce voyage, évoqué depuis plusieurs jours par son entourage, met un terme à la quarantaine imposée par la communauté internationale, et la France, après l'assassinat en février 2005 de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.
  
Une enquête internationale a mis en cause le rôle des services secrets syriens dans l'attentat qui a coûté la vie à M. Hariri, même si Damas a toujours nié y avoir été mêlé.
  
La visite du président Assad à Paris et sa présence annoncée au défilé du 14 juillet lundi, ont suscité un tollé.
  
Nicolas Sarkozy a assuré devant la presse avoir évoqué avec son homologue syrien "de façon très franche la question des droits de l'Homme".
  
Les deux hommes n'ont par contre pas évoqué la question du tribunal international sur l'assassinat de Rafic Hariri car "c'est un sujet qui n'est pas négociable, pas discutable", a assuré l'Elysée.
  
Le premier secrétaire du PS François Hollande a regretté qu'ait été ainsi "occultée" cette exigence. "Je veux croire que la visite de Nicolas Sarkozy à Damas permettra de rectifier cet oubli", a-t-il ajouté.
  
 M. Sarkozy a aussi salué "le développement des pourparlers pour l'instant indirects entre la Syrie et Israël" et s'est déclaré prêt, à la demande du président Assad, à jouer "aux côtés des Etats-Unis" le rôle de "parrain" une fois que ces négociations seraient directes.
 

Commentaires

Reponse a fraid

Fraid, tu écris souvent sur ce site mais ton dernier commentaire sur l'unification du Liban et de la Syrie montre ta méconnaissance troublante de l'histoire des pays dont tu parles.
Unifier le Liban et la Syrie? Un progrès? Laisse-moi rire.
C'est comme si tu disais qu'il faut unifier la Belgique ou le Luxembourg ou la Suisse à la France sous prétexte qu'il y a des gens qui y parlent Francais. Résultat possible: il y aura au mieux un référendum sur la question et au pire des instabilités et guerres civiles dans ces pays car pas tout le monde est d'accord. Et c'est exactement ce qui est arrivé au Liban et qui peut se reproduire d'un moment à l'autre.
Parce que, pour simplifier les très nombreux et divers dialectes arabes, on a utilisé le terme "dialecte Syro-Libanais", tu penses qu'il faut unifier les 2 pays et tu insinues que c'est l'Occident qui a divisé les 2 en 1920 pour affaiblir Israel alors même qu'Israel n'existait même pas à cette époque?
Peut-être que tu devrais réviser tes connaissances historiques avant de sortir des énormités pareilles.
Le Mont-Liban était une entité politique quasiment équivalente à un pays (au sein de l'empire Ottoman) qui existait depuis au moins le 18ème siècle (tiens avant même l'Allemagne telle que définie actuellement et pourtant on n'a jamais douté de l'allemagne) et qui a des racines plus profondes et plus indépendantes que la Syrie sous son format actuel.
En fait la Syrie arabe telle qu'elle se définit aujourd'hui a même encore moins de légitimité historique que le Liban. Il y a eu des royaumes arabes basés à Damas mais alors pourquoi ces frontières de la Syrie? Pourquoi pas ne pas englober tous les pays arabes? Si on veut respecter la réalité historique des pays arabes il faudrait créer une seule méga-entité sunnite allant de la Syrie à l'arabie séoudite et incluant une partie de l'Irak tant qu'à faire.
Et si on demandait aux populations plutôt?

Le Liban moderne issu du mandat francais n'est autre qu'une extension géographique du Mont-Liban faite pour assurer l'indépendance agricole et donc l'indépendance du pays(on parle en 1920 alors qu'il y avait eu une famine terrible dans le pays pendant la première guerre mondiale). Quand cette extension a été faite, elle était logique car elle devait permettre le développement de ces régions rurales qui ne se sentait pas vraiment d'appartenance nationale spécifiques en servant Beyrouth qui était un pont avec l'Occident et de plus elle permettait la mise en place d'un pays moderne et libre et voué à être prospère.
Peut-être que ça n'a pas été parfait mais les frontières du Liban et de la Syrie ont une explication tout à fait géographique puisque passé la chaine montagneuse de l'anti-Liban qui sépare actuellement le Liban de la Syrie, le reste de la Syrie est beaucoup plus plat, uniforme et désertique.

Réunifier le Liban et la Syrie, ça veut dire quoi? Imposer au Libanais le système Syrien? Dans ton analogie des 2 Allemagnes, les Allemands de l'est ont accepté le système de l'ex-RFA.
La population Libanaise (contrairement à ces politiciens) n'a dans sa majorité jamais accepté le système Syrien.
Et si on parle d'unifier le Liban et la Syrie ce serait d'imposer le système Syrien au Liban. Cela fait plus de 60 qu'il y a des tentatives de ce genre au Liban mais ça ne marchera jamais car la population est viscéralement contre et la population Libanaise est plus qu'habituée à se faire envahir (et ce depuis des centaines d'années) et à résister jusqu'à ce que l'envahisseur en ait assez. Un jour viendra ou les Libanais feront comme les Suisses et résisteront contre tous ceux qui veulent porter atteinte à leur souveraineté de façon égale. La neutralité. Il y a de plus en plus de penseurs politiques au Liban qui pensent que c'est la seule voie qui assurera la pérennité de ce pays. Et ce n'est pas impossible. La Suisse a réussi malgré ses différence internes. Le Quatar a réussi récemment aussi. Peut-être que le Liban réussira un jour.

En revenant sur unifier le Liban et la Syrie qui reviendrait à imposer le système Syrien au Liban.
Les Chrétiens le savaient mais étaient trop divisés pour bien influencer les autres dans les moments-clefs, les sunnites et les druzes semblent l'avoir finalement compris récemment. Les Chiites finiront par le comprendre aussi. Il le faut.
Ceux qui étaient contre le départ des Syriens le 8 mars 2005 étaient en majorité des "citoyens du mini-état du Hezbollah" et dans la pratique, ils n'étaient pas tellement influencés négativement par la Syrie contrairement au reste du pays.
La plus grande tâche maintenant est d'inclure les citoyens du mini État du Hezbollah à l'État Libanais tout en renforcant la souveraineté Libanaise. Et c'est là un méchant défi car le Hezbollah aura du mal a se définir en dehors de la lutte contre Israel et va continuer a s'y rattacher de toutes ses forces et par tous les moyens.

Une direction à suivre ?

A partir de l'instant ou le poids du Hezbollah fut reconnu dans la société libanaise et son leadership politique accepté. Le dialogue a commencé à s'installer dans cette région. L'Iran a plutôt intérêt a stabiliser le Liban afin de permettre au Hezbollah de renforcer son rôle dans la société libanaise. La Syrie peut envisager de récupérer le Golan avec un Israel affaibli depuis la défaite de sa dernière intervention au Liban. Le rétablissement des relations diplomatiques est naturelle une fois que les acteurs ont accepté le pouvoir relatif des uns et des autres. En plus, l'occident, au travers de la France, à l'impression d'y être pour quelque chose. Cet événement nous indique peut être la voie à suivre au Moyen Orient. Etablir un équilibre des forces entre les pays de la région en diminuant le poids de l'influence américaine, en renforçant les médiations locales des pays arabes et ne pas oublier de donner l'impression à l'Occident que la région se développe pacifiquement grâce à des grands projets environnementaux.

effet d'annonce...

quoiqu'en dise l'occident pour ne pas perdre la face le président libanais est un prosyrien mais apprécé du camp occidental c'est pour ça qu'il a été élu et cette amitié entre les 2 pays n'est pas récente on l'a vu dans le discours d'investiture( l'ami c'est la syrie l'ennemi c'est israel) alors dire que c'est historique c'est un peu fort et surtout laisser entendre que la france y est pour quelque chose....je rappelle que la syrie et le liban c'est la même entité géographique qui parle la même langue le syro-libanais et que le progrès consisterait à réunifier le pays un peu comme les 2 allemagnes il n'y a d'ailleur pas de vrai frontière et beaucoup de gens ne savent pas s'ils sont "syriens" ou "libanais" cette division artificielle du pays permet pour l'occident d'affaiblir les voisins proches d'israel...

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