Une rencontre entre Sarkozy et Erdoyan
Recep Tayyip Erdoyan est présent à Paris, alors qu’il menaçait de boycott le sommet si cette UPM ressemblait trop à une piège anti-Turcs, un lot de substitution à l’adhésion.
Il a obtenu des garanties de Paris et on verra si son statut de candidat à l’UE n’est pas réaffirmé dans la déclaration finale rendue ce soir. C’est la troisième fois qu’il se voient, et aujourd’hui, MM. Sarkozy et Erdoyan ont beaucoup à discuter : quelle sera l’attitude de la France dans les six prochains mois ? Elle préside l’UE mais elle est opposée à l’entrée de la Turquie dans l’UE : ouvrira-t-elle de nouveau chapitres des négociations d’adhésion en cours ? Quelle sera sa réaction si par hasard la Cour constitutionnelle turque interdisait le principal parti au pourvoir l’AKP : va-t-elle suspendre les négociations ?
Une chose est sûre : Paris met de l’eau dans son vin vis-à-vis d’Ankara, car la Turquie joue un rôle de médiateur dans les négociations entre Israel et la Syrie et la France veut aussi y prendre part
Bon départ
Ce sommet de l'Union pour la Méditerranée s’ouvre aujourd’hui et l’on sait désormais qu’il sera un grand succès : on craignait pourtant une coquille vide… Et en effet, si on regarde les cinq ou six projets aux contours et ambitions encore flous qui seront mentionnés, rien de bien concret et révolutionnaire sur la table. Mais c’est sur le chapitre du dialogue politique que l’UPM voulue par Nicolas Sarkozy marque des points. 43 chefs d’Etat ont fait le déplacement sur les 44 invités.
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi boycotte le sommet fondateur de l'UPM, fustigeant un projet "effrayant". M. Sarkozy a enregistré samedi une autre défection de taille: le roi du Maroc Mohammed VI a fait savoir qu'il serait représenté par son frère, le prince Moulay Rachid. La présence du président syrien Bachar Al-Assad, qui effectue à Paris son grand retour sur la scène internationale après des années d'isolement, va marquer ce sommet fondateur, auquel assistera aussi le Premier ministre israélien Ehoud Olmert.
Hier, à l'issue d'une rencontre avec M. Sarkozy, M. Assad a affiché sa volonté d'établir des relations diplomatiques avec le Liban, obtenant en retour l'annonce d'une visite du président français en septembre à Damas : l'ouverture croisée d'ambassades n’avait jamais eu lieu depuis l'indépendance des deux pays, dans les années 1940. La France et la grande majorité des Libanais voient dans l'établissement de telles relations diplomatiques le signe d'une reconnaissance de la souveraineté du Liban par Damas. Cette volonté d'établir rapidement des relations diplomatiques a été bien accueillie par le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Etats-Unis.
Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy va recevoir en apparté Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas… Avec l’espoir que l’Europe soit "de retour" dans le processus de paix au Proche-Orient.














Commentaires
Une chaise pour M. Sarkozy, S.V.P.
Ces deux jours, nous avons été conviés d'assister à une politique internationale des Affaires étrangères (celle de la France ou celle de l'Union européenne?). Pouvait-il en être autrement? Probablement que non, les antagonistes se cherchant une tribune; chacun pour ses raisons. Le Sommet a été l'occasion. Nous comprenons les réticences d'A. Merckel face à ce projet et surtout son opposition à un projet strictement riverain de la méditérannée; plutôt que de l'U.E. Les conséquences auront un impact pour longtemps sur l'U.E.
Pour A. Merckel, c'est certainement une diversion des priorités actuelles et pressantes de l'U.E.
Pour Nicolas Sarkozy, au contraire, ce Sommet doit être l'aboutissement de se voir propulsé sur la scène internationale à un moment approprié, du fait de la fin de mandat de G.W. Bush (si ce dernier ne vient pas tout bouleverser par une guerre avec l'Iran). L'U.E. en sortira t-elle renforcée? Trop tôt pour le savoir.
Pour autant, le problème au Proche-orient est loin de pouvoir se régler; tous les acteurs concernés, au pouvoir, prônant deux(2) États. Cette solution, compte tenu de la réalité sur le terrain, de la culture d'agression réciproque, ne peut qu'offrir aux palestiniens la perspective de devenir les futurs Roms du Proche-orient et à poursuivre une résistance sans fin. Leur survie en tant que Nation réside de vivre avec un autre peuple dans le même État....mais toutes les circonstances sont en leur défaveur.
Ce qui est certain c'est que Nicolas Sarkozy vient de placer sa chaise à la table internationale.