14 juillet 2008 - 13H11
- États-Unis - Présidentielle américaine

Obama et McCain victimes des maladresses de leurs camps
Ces dernières semaines, les deux participants de la course à la Maison Blanche ont eu du mal à esquisser leurs programmes en réponse à la crise économique que traversent les Etats-Unis.
Chaque lundi, notre correspondant à Washington Guillaume Meyer vous propose un point sur la campagne électorale aux Etats-Unis.

Retrouvez notre dossier spécial sur l'élection présidentielle américaine.

Ces dernières semaines, les deux participants de la course à la Maison Blanche ont esquissé leurs programmes en réponse à la crise économique que traversent les Etats-Unis. Le candidat républicain John McCain et son rival démocrate Barack Obama ont commencé à présenter leur projets de gouvernance sur le plan économique face à la flambée des prix du pétrole et aux peurs de récessions.
 
Cependant, les deux candidats ont dû passé la majeure partie de la semaine dernière à limiter les dégâts provoqués par des commentaires inopportuns venus de leurs camps respectifs.  
 
Obama a été le premier à affronter une controverse engagée par le Révérend Jesse Jackson, pilier du Mouvements pour les droits civiques, ancien acolyte de Martin Luther King. Jesse Jackson a déclaré, lors de propos très violents enregistrés par un micro ouvert sur un plateau de Fox News le 8 juillet dernier, que Barack Obama  "[était] arrogant quand ils [parlaient] aux Noirs, avec son histoire de religion", avant d’ajouter : "J’ai envie de lui couper les couilles ! (sic)."
 
Le temps que le révérend ne présente ses excuses publiquement, la polémique se commuait en scandale. Cependant Barack Obama a été sauvé par son adversaire John McCain, lui-même victime d’un incident. La lumière des projecteurs a été détournée.
 
Dans une interview publiée dans le Washington Times, Phil Gramm, le conseiller économique du candidat républicain, a laissé entendre que les Américains souffraient avant tout d’une "récession mentale" et non économique, et que les Etats-Unis étaient une nation de "pleurnichards".
 
Barack Obama s’est bien sûr empressé de saisir cette opportunité. "Quand vous voyez des gens qui perdent leurs maisons et que l’immobilier est en baisse, ce n’est pas votre imagination qui vous joue des tours ! Et ce n’est pas pleurnicher que de demander au gouvernement de faire quelque chose pour aider les familles en difficulté !", a-t-il rétorqué.
 
McCain, tant bien que mal, a tenté de limiter les dégâts : "Phil Gramm ne parle pas en mon nom, je suis le seul à parler en mon nom !", a-t-il précisé.
 
Mais le coup est rude pour le candidat républicain, et fragilise encore sa crédibilité sur le plan économique, quelques mois après qu’il a admis lui-même que l’économie n’était pas son point fort.
 
Selon le correspondant de France 24 à Washington, Guillaume Meyer, "les hésitations de John McCain sur les questions économiques pourraient lui coûter très cher". Il précise que "d’après un sondage, l’économie est le problème numéro un de cette campagne, loin, très loin devant la guerre en Irak."

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