16 juillet 2008 - 08H58
- Malaisie

Le chef de l'opposition poursuivi pour sodomie
Anwar Ibrahim, leader du parti d'opposition en Malaisie, a été arrêté par la police. Il est poursuivi pour sodomie. Cette pratique est lourdement réprimée par la justice malaisienne, qui la considère comme une "déviance sexuelle".

Le chef de l'opposition malaisienne, Anwar Ibrahim, sous le coup d'une accusation de sodomie, a été arrêté mercredi, a annoncé son avocat à l'AFP.
   
"Anwar a été arrêté il y a cinq minutes. La police est venue et l'a emmené", a déclaré l'avocat, Sankara Nair, en précisant que la police n'avait pas énoncé les charges qui pèsent contre lui.
   
En 1998, M. Anwar, alors vice-Premier ministre, avait été démis de ses fonctions et condamné à une peine de prison à la suite d'accusations de sodomie et de corruption qui avaient, selon lui, des motivations politiques.
   
Après avoir passé six ans en prison, il avait été libéré en 2004 lorsque sa condamnation pour sodomie avait été annulée.
   
Il avait effectué un spectaculaire retour sur la scène politique lors des élections législatives du 8 mars dernier, avant d'être une nouvelle fois accusé de sodomie à l'encontre d'un assistant âgé de 23 ans.
   
La justice de Malaisie, pays à majorité musulmane, réprime la "déviance sexuelle et les pratiques répréhensibles" par de lourdes peines d'emprisonnement.
   
M. Anwar a de nouveau estimé mercredi matin, avant son interpellation, que les accusations à son encontre étaient une tentative pour contrer son retour en politique.
   
"Il n'y a aucune base pour ces attaques malveillantes et fabriquées de toutes pièces. C'est juste une répétition du scénario de 1998", a-t-il déclaré. "Je les contesterai point par point", a-t-il ajouté.
   
Le parti Keadilan, formation d'opposition de M. Anwar, a lancé aussitôt un appel à un rassemblement de tous ses partisans.
   
"Anwar a été arrêté par la police alors qu'il se rendait chez lui...Tous ses partisans sont appelés à se rassembler", a annoncé le parti dans un message SMS.
   
Le 29 juin, M. Anwar s'était réfugié durant une journée à l'ambassade de Turquie à Kuala Lumpur, indiquant qu'il n'excluait pas une tentative d'assassinat pouvant être commanditée par le gouvernement.
   
Le chef du gouvernement malaisien, Abdullah Ahmad Badawi, investi pour un second mandat, est sorti fragilisé du scrutin de mars qui a marqué un sérieux revers pour la coalition au pouvoir.
   
Convoquée après la dissolution du Parlement le 13 février, la consultation a marqué le retour d'Anwar Ibrahim, dont le parti, le Keadilan, a remporté 31 sièges, devenant le premier parti d'opposition au Parlement. L'opposition a ravi quatre des douze Etats de la Fédération et en contrôle désormais cinq.
   
Lors du précédent scrutin de 2004, la coalition au pouvoir, le Barisan, avait raflé plus de 90% des sièges. Il n'en a décroché en mars que 137 sur 222.
 

Commentaires

Preuve

Cette arrestation se fonde -t-elle sur des faits prouvés? Comment peut-on prouver cette "déviance"? Dans ce cas, tous les hommes sont susceptibles d'être arrêtés sans fondement... Sérieusement, il s'agit encore d'une conséquence désastreuse d'une séparation effective entre l'Etat et la religion, quelle qu'elle soit.

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