Les pêcheurs japonais réclament des aides
Mercredi 16 juillet 2008
Fait exceptionnel, ce sont quelque 200 000 bateaux de pêche japonais qui sont restés à quai pour protester contre la hausse des prix du pétrole. Plusieurs centaines de marins-pêcheurs ont manifesté à Tokyo pour réclamer des aides.
Mercredi 16 juillet 2008
Par AFPQuelque 200.000 bateaux de pêche japonais sont restés à quai mardi et plusieurs centaines de marins-pêcheurs ont manifesté à Tokyo pour protester contre l'envolée des prix des carburants et réclamer des aides gouvernementales, selon les associations professionnelles.
Environ 3.600 pêcheurs, selon les organisateurs, ont défilé dans le centre de Tokyo en portant des pancartes telles que "Arrêtez la hausse des prix des carburants!" ou "Les chalutiers et les poissons vont disparaître du Japon".
"A cause de cette flambée anormale du prix du carburant, l'industrie de la pêche dans notre pays est en voie de disparition", a déclaré devant la foule Tatsuya Hayasaki, un pêcheur venu de la préfecture méridionale de Kagoshima.
"Si la pêche japonaise s'éteint, la culture culinaire japonaise disparaîtra", s'est-il inquiété.
Selon la Fédération nationale des associations coopératives de pêcheurs, quelque 200.000 bateaux, soit la quasi-totalité de la flotte de pêche japonaise qui est l'une des plus importantes du monde, sont restés au port mardi dans le cadre d'un mouvement de grève d'une journée. A 11H00 (02H00 GMT), ils ont tous actionné leurs sirènes pour attirer l'attention.
Les grèves sont relativement rares au Japon. Le mouvement risque d'affecter l'approvisionnement des innombrables restaurants de poisson de l'archipel.
Si cette grève, qui ne devait en principe durer qu'une journée, était reconduite, "cela pourrait faire s'envoler les prix du poisson", a indiqué un responsable du marché de gros de Tsukiji à Tokyo.
Les prix du pétrole ont doublé en un an et ont été multipliés par cinq depuis 2003. Ils ont dépassé la semaine dernière les 147 dollars le baril.
Les pêcheurs se plaignent d'être incapables de répercuter cette envolée des prix des carburants sur leurs clients, les poissons étant vendus à la criée. Du coup, beaucoup ont purement et simplement renoncé à travailler.
"Les prix du pétrole sont élevés, les prix du poisson sont bas, et nous ne pouvons pas partir à la pêche parce que nous ne ferions que perdre plus d'argent. Allons-nous devoir mourir?" s'est insurgée lors de la manifestation Hisako Kumagai, épouse d'un pêcheur de la préfecture septentrionale d'Aomori.
"Si nous partons en mer, les coûts des carburants sont trop élevés. Nos comptes sont dans le rouge. J'ai arrêté de partir en mer parce que je suis incapable de dégager le moindre bénéfice", a pour sa part expliqué Yoshiro Kiyono, un pêcheur de 74 ans basé à Katsuura, un port à l'est de Tokyo célèbre pour sa flotte de pêche à la bonite.
Les organisations de pêcheurs réclament aides et subventions pour les aider à surmonter le choc pétrolier, ce à quoi le gouvernement japonais se refuse.
"Il est difficile de les subventionner directement", a déclaré aux journalistes le ministre de l'Agriculture, Masatoshi Wakabayashi, tout en promettant d'"introduire un maximum de mesures budgétaires possibles".
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