L'ex-PDG de la compagnie pétrolière russe Ioukos Mikhaïl Khodorkovski a demandé mercredi sa libération anticipée, après avoir purgé plus de la moitié de sa peine, a annoncé son avocat Iouri Chmidt.
"La défense de M. Khodorkovski a demandé aujourd'hui à Tchita (en Sibérie orientale, où il est incarcéré) une libération anticipée" au juge d'application des peines, a indiqué M. Chmidt au cours d'une conférence de presse à Moscou.
Les avocats du prisonnier le plus célèbre de Russie, condamné à huit ans de prison pour fraude fiscale, ont réussi à "le convaincre de franchir ce pas" après l'arrivée à la tête de l'Etat en mai de Dmitri Medvedev, a ajouté l'avocat.
"Nous avons beaucoup d'espoir après les propos de M. Medvedev sur l'indépendance de la justice", a souligné Me Chmidt, dans une allusion aux discours récurrents du nouveau maître du Kremlin sur la question.
"Ce qui me réjouit, c'est que ces paroles sont confirmées par des actes", a-t-il dit en faisant état de "récentes décisions judiciaires qui auraient été inespérées auparavant", sous la présidence de Vladimir Poutine.
"S'il obtient l'indépendance réelle de la justice, ce sera une vraie révolution", a commenté l'avocat, prenant ainsi au mot le nouveau président russe.
M. Khodorkovski, qui était devenu l'homme le plus riche de Russie et disposait d'une influence politique croissante, a été condamné à huit ans de prison en 2005 pour fraude fiscale à l'issue d'un procès considéré comme inspiré par le Kremlin, sous la présidence de Vladimir Poutine.
Emprisonné aux confins de la Sibérie, à 6.000 km de Moscou, il peut bénéficier d'une grâce présidentielle, ce que le nouveau chef de l'Etat a exclu, ou d'une libération anticipée, ayant purgé plus de la moitié de sa peine en octobre 2007.
M. Medvedev, dont chaque propos est scruté en la matière, a déclaré début juillet que l'exécutif ne devait "pas prendre position sur ce sujet". "Seuls les organes de justice peuvent prendre position (...) Au final, la décision revient au tribunal", a-t-il alors noté.
Début juin, il avait rejeté une intervention de la diplomatie allemande en faveur de M. Khodorkovski, arguant du fait que "les questions relatives à l'exécution des peines et à la grâce présidentielle ne doivent pas faire l'objet de négociations interétatiques".
Fin 2007, l'administration pénitentiaire avait rejeté toute libération anticipée en invoquant une infraction au règlement commise par M. Khodorkovski, accusé d'être allé à la promenade sans mettre les mains derrière le dos.
Depuis l'arrivée de Dmitri Medvedev au pouvoir, la défense de l'ex-PDG insiste sur le fait que "les temps ont changé". "Khodorkovski n'aurait jamais demandé sa libération sous Poutine", avait dit fin juin Me Chmidt. Quant à Dmitri Medvedev, "ce n'est pas lui qui l'a mis en prison et qui a pillé Ioukos", avait-il ajouté.














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