Après deux années et demi de tergiversations et de changements de cap, la fusion entre Gaz de France (GDF) et Suez a été avalisée par les actionnaires des deux groupes. Ces deux votes donnent officiellement naissance à un nouveau leader mondial de l'énergie baptisé GDF Suez, présent dans le gaz, l'électricité, l'eau et le traitement des déchets.
La nouvelle entité, qui comptera près de 200 000 salariés pour un chiffre d'affaires de 74,9 milliards d'euros, sera le concurrent direct de l'allemand EON, dont le chiffre d’affaires culmine à 68,7 milliards, du russe Gazprom (67 milliards) et du français EDF (59,6 milliards).
Pas d’ombrage à la fusion
"Gérard Mestrallet, actuel patron de Suez et futur PDG de ‘GDF Suez’, a utilisé l’argument du géant de l’énergie pour convaincre ses actionnaires", explique Stéphanie Antoine, spécialiste d’économie sur FRANCE 24. "Il estime que le groupe issu de la fusion devrait être suffisamment fort dans un contexte de mondialisation et de pression énergétique très forte."
La répartition du capital va être fondamentalement modifiée : l'Etat, qui détient actuellement 80,2 % de GDF, sera son premier actionnaire, avec 35,6 % du capital, devant Groupe Bruxelles Lambert, société d'investissement du financier belge Albert Frère (5,3 %). Le capital global du groupe sera détenu à 45% par les actionnaires de GDF (dont l’Etat) et à 55 % par ceux de Suez.
Calcul des tarifs
Cette fusion provoque une controverse au sujet de la gestion des prix par cette nouvelle entité. Le gouvernement français a annoncé mercredi qu’il prépare un nouveau mode de calcul des tarifs réglementés du gaz, qui permettrait de prendre en compte l'évolution des cours mondiaux du pétrole et du gaz. Actuellement, seul le gouvernement fixe les tarifs réglementés du gaz.
Cette fusion "n'aura pas d'impact" sur les tarifs de gaz, "puisque le principe de tarif réglementé sera maintenu", affirme Luc Chatel, secrétaire d’Etat français à la consommation. Il a en outre indiqué que le gouvernement n'a pas prévu d'augmentation des tarifs de gaz "à ce jour".
Or un quotidien français, Le Parisien/Aujourd'hui en France, avait indiqué en début de mois que GDF souhaitait demander une nouvelle augmentation des tarifs du gaz pour les particuliers, de 9,5 %, à partir de juillet, après les deux hausses déjà intervenues en janvier (+4 %) et en avril (+5,5 %). Gaz de France n’a pas confirmé cette information.
















Commentaires
Il est beau le monde privé
Le monde se privatise, les puissants se régalent et le bon peuple est prié d'applaudir la mise en avant infatigable de la modernité.
Qui, comment arrêter ce rouleau compresseur libéral ?
Sans la moindre retenue !
Ils se frottent déjà les mains car le futur s'annonce magnifique. Une hausse des prix pour les consommateurs , cela va sans doute les aider à adopter un comportement plus écologique et respectueux de la nature, et une hausse des dividendes pour ceux qui savent prendre des risques et font tourner la planète. Voilà des nouvelles d'une économie fleurissante et d'un avenir radieux pour les acteurs de l'énergie. Afficher une telle cupidité poussée à l'absurde est très dangereux. Le retour de manivelle sera t il à la hauteur de ces pulsions maccabres ?
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