Jeudi 04 décembre 2008

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L'isolement de Leterme ravive la crise belge

Jeudi 17 juillet 2008

Lâché par son camp qui entend donner des gages à l’électorat, le Premier ministre belge Yves Leterme a proposé sa démission au roi. Retour sur une crise entre Flamands et francophones relancée depuis les législatives de juin 2007.

Jeudi 17 juillet 2008

Le roi Albert II n’a finalement pas accepté la démission du Premier ministre belge Yves Leterme.

 

Pour la troisième fois depuis les élections législatives de juin 2007, Yves Leterme avait remis lundi dernier sa démission au roi. A la différence près que, cette fois-ci, il a été lâché par son propre camp. Le Parti chrétien démocrate flamand (CDV) n’a en effet pas soutenu le chef du gouvernement issu de ses rangs, refusant de reporter à l’automne la négociation sur la grande réforme de l’Etat, une promesse de campagne.

 

"Yves Leterme est dans une situation difficile", analyse pour FRANCE 24 Jean Faniel, chercheur au Centre de recherche et d’information socio-politiques, basé à Bruxelles. "C’est un ancien ministre-président de la Flandre devenu Premier ministre fédéral avec la ferme intention de défendre les intérêts de sa région. Il est dans ce décalage. Pour devenir un Premier ministre fédéral, il doit devenir le Premier ministre de tous les Belges", explique-t-il.

 

Une autonomie réclamée par la Flandre

 

Cette démission, qui a surpris les Belges, est le énième épisode d’une crise politique ouverte depuis le scrutin législatif de juin 2007. Flamands et francophones s’opposent sur une plus forte autonomie de la Flandre, notamment en matière d’emploi et de sécurité sociale, réclamée depuis des années par cette région, la plus riche du royaume.

 

Pour Francis Delpérée, sénateur belge du Parti centre démocrate humaniste (CDH) et professeur de droit à l’université de Louvain, "les francophones estiment déjà que les autonomies des régions vont croissantes et les moyens financiers avec, mais qu’il n’y a pas lieu pour autant d’organiser le Grand Soir. Il y a en revanche, côté flamand, une volonté beaucoup plus manifeste de franchir de grandes étapes sur la voie de l’autonomie. Il y a peu de points communs entre ces deux visions."

 

Le "BHV", point d’achoppement des négociations

 

De fait, Yves Leterme – nommé de nouveau Premier ministre le 20 mars dernier - n’était pas parvenu à rapprocher les visions des cinq partenaires de la majorité. En se fixant pour échéance la date du 15 juillet 2008, il s’était en quelque sorte piégé lui-même, son parti refusant de reporter à l’automne a réforme institutionnelle.

 

Les négociations ont achoppé sur un point : le statut du "BHV", c’est-à-dire l’arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Les Flamands exigent sa scission pour mettre fin au droit, pour la minorité francophone de la périphérie de Bruxelles - environ 120 000 personnes-, de voter pour des candidats bruxellois francophones aux législatives.

 

Les partis francophones posent à cela un préalable. Ils veulent élargir Bruxelles à des communes situées en Flandre, mais à forte population francophone.

 

Pour sortir de la crise ouverte par la démission d’Yves Leterme, le roi Albert II a consulté à tout-va, cherchant la voie d’un compromis acceptable par tous. Le souverain a décidé de recevoir d’abord les ministres-présidents des trois régions belges : la Flandre, la Wallonie et Bruxelles-capitale. Jusqu’à présent, la réforme institutionnelle était négociée seulement par les partis fédéraux flamands et francophones. Certains observateurs y ont perçu là un signe en faveur d’Yves Leterme qui avait défendu cette proposition de négociation au niveau régional.

 

Les régionales de 2009 en ligne de mire

 

Pour le politologue Jean Faniel, aucune personnalité, au sein du CDV ne se dégage pour former un nouveau gouvernement : "C’est le seul parti arithmétiquement incontournable et on ne voit pas qui peut prendre le relais. On a l’impression que personne n’est capable de parler au nom d’une seule voix dans ce parti."

 

Si l’idée d’une Belgique confédérale fait peu à peu son chemin, c’est avant tout un air de précampagne électorale que dénote le dernier épisode de cette crise. En cédant ne serait-ce qu’un peu sur la réforme institutionnelle, le CDV risque de se mettre à dos ses alliés indépendantistes de la Nouvelle Alliance flamande (NVA) et d’essuyer un sérieux revers aux élections régionales de juin 2009.

 

 


 

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