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L'Opéra national de Paris entamera samedi sa première tournée lyrique au Japon avec son orchestre et ses choeurs, un déplacement d'une "importance inégalée" pour la compagnie française, qui donnera neuf représentations à Kobé puis Tokyo jusqu'au 31 juillet.
La tournée s'inscrit dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire des relations franco-japonaises et du jubilé du groupe de télévision nippon Kansai Telecasting Corporation, producteur de cette opération.
L'Opéra de Paris fera le voyage avec près de 300 collaborateurs (musiciens, choristes, techniciens, administratifs), soit un peu moins du cinquième de son effectif (1.680 salariés permanents).
Les trois productions lyriques présentées, au Hyogo Performing Arts Center de Kobé (19, 20 et 21 juillet) puis au Bunkamura Orchard Hall de Tokyo (23, 26, 27, 29, 30 et 31), déclineront le thème de la passion amoureuse, récurrent à l'opéra, notamment autour de la figure monstrueuse de Barbe-Bleue.
Le directeur de l'Opéra de Paris, le Flamand Gérard Mortier, avait indiqué en mars 2007 avoir accepté d'effectuer cette tournée "à la condition de pouvoir donner deux productions d'ouvrages du XXe siècle", la modernité musicale et théâtrale étant son cheval de bataille.
Ainsi, il présentera au Japon un diptyque constitué du "Château de Barbe-Bleue" (1918) de Bela Bartok et de "Journal d'un disparu" (1921) de Leos Janacek, de même que le rare "Ariane et Barbe-Bleue" de Paul Dukas, dont l'Opéra de Paris a fêté en 2007 le centenaire de la création.
Le programme Bartok-Janacek a été réuni en une même soirée par le jeu de lumières, d'ombres et d'images abstrait mais élégant du collectif théâtral catalan La Fura dels Baus.
Quant à l'"Ariane" de Dukas, elle a été réveillée par la scénographe allemande Anna Viebrock dans un décor post-industriel défraîchi qui fait sa griffe mais pas l'unanimité à Paris.
La troisième production ne concerne pas un ouvrage du XXe siècle, mais "Tristan et Isolde" (1865) de Richard Wagner, donné cependant dans un spectacle bien d'aujourd'hui, mêlant le théâtre contemporain de l'Américain Peter Sellars aux images à visée poétique de son compatriote Bill Viola, artiste vidéaste.
"Cette tournée présente l'opéra comme un art actuel, avec des mises en scène des plus avant-gardistes", s'était réjoui Kansai Telecasting au printemps 2007.
"Nous croyons qu'elle donnera au public japonais une nouvelle impulsion qui lui permettra de s'ouvrir à l'opéra +moderne+", avait alors ajouté le groupe de télévision.
Pour ces trois programmes, l'Opéra de Paris a fait appel à des chefs réputés dans chacun des répertoires abordés: le Russe naturalisé Américain Semyon Bychkov (Wagner), l'Autrichien Gustav Kuhn (Bartok-Janacek) et le Français Sylvain Cambreling (Dukas).
La distribution aussi a été soignée. Si la grande wagnérienne allemande Waltraud Meier n'est pas du voyage (remplacée en Isolde par la soprano lituanienne Violeta Urmana), le baryton-basse anglo-jamaïcain Willard White incarnera les différents visages de Barbe-Bleue, l'un de ses emplois fétiches.
Le Japon a découvert l'opéra occidental pour la première fois en 1894 en accueillant un ouvrage français, "Faust" de Charles Gounod.
L'Opéra de Paris y a donné en 1961 "Carmen" de Georges Bizet, mais alors sans son orchestre ni ses choeurs. Seule sa compagnie de ballet s'est produite, depuis, dans ce pays.


























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