Tollé en Irlande après la déclaration de Sarkozy
Jeudi 17 juillet 2008
Le gouvernement irlandais a jugé prématurés les propos tenus mardi par Nicolas Sarkozy. Il évoque la tenue d'un nouveau référendum en Irlande sur le traité européen de Lisbonne rejeté le mois dernier.
Jeudi 17 juillet 2008
Par AFP (texte)
Un mois après le "non" retentissant des Irlandais au traité de Lisbonne, les propos de Nicolas Sarkozy suggérant de les faire "revoter" ont provoqué un tollé mercredi en Irlande, à quelques jours d'une visite délicate du président français à Dublin.
"Les Irlandais devront revoter et je mettrai le veto à tout élargissement (de l'Union européenne) tant qu'il n'y aura pas de nouvelles institutions", avait déclaré mardi M. Sarkozy selon des députés de son parti l'ayant rencontré dans la journée.
Dans un pays soucieux de son indépendance, où 53% des électeurs ont rejeté le traité de Lisbonne lors d'un référendum le 12 juin dernier, ces quelques mots ont immédiatement provoqué la colère du camp du "non" et l'embarras du gouvernement irlandais.
"Cela illustre bien la nature anti-démocratique de ce qui se passe à Bruxelles", s'est insurgé Declan Ganley, l'un des chefs de file des "nonistes" irlandais.
Même indignation de la part de Sinn Féin, seul parti irlandais à avoir soutenu le "non" le 12 juin, pour qui la position attribuée au président français est "profondément insultante pour le peuple irlandais".
"Au cours du mois qui a suivi le rejet très net du traité de Lisbonne par les électeurs irlandais, nous avons entendu toute une série de dirigeants européens essayer de nous intimider et de nous forcer à faire ce qu'ils veulent", a commenté le porte-parole de Sinn Féin pour les questions internationales, Aengus O Snodaigh.
"Il est important que le président Sarkozy comprenne que le peuple irlandais exige que son vote soit respecté et, plus important encore, que ses inquiétudes soient prises en compte", a-t-il poursuivi, indiquant que son parti avait sollicité un entretien avec M. Sarkozy lors de son voyage en Irlande lundi prochain.
Même le Parti travailliste irlandais, qui a milité pour le "oui", estime que M. Sarkozy a "commis un sérieux faux-pas".
Du côté du gouvernement, la réserve semble de mise.
Selon le quotidien Irish Times, le Premier ministre Brian Cowen, actuellement en visite aux Etats-Unis, s'est employé à minimiser les propos du président français. "Nous devons reconnaître qu'il y a eu de nombreux avis exprimés en Europe sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés après le rejet" du traité, a déclaré le chef du gouvernement, qui avec le "non" irlandais a essuyé une cuisante défaite personnelle, un mois à peine après son arrivée au pouvoir.
Le ministre irlandais des Affaires étrangères Micheal Martin a pour sa part souligné que M. Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, serait en "position d'écoute" lors de sa visite à Dublin.
"Nous n'avons pas l'intention de nous laisser intimider par qui que ce soit", a-t-il prévenu sur une radio irlandaise. "Nous allons étudier cela d'un point de vue irlandais, en fonction de ce qui sert au mieux les intérêts de l'Irlande."
A Paris, le conseiller spécial de M. Sarkozy, Henri Guaino, a tenu à nuancer les propos du chef de l'Etat: organiser un nouveau référendum n'est que "l'une des solutions" envisagées, a-t-il souligné. Et s'ils devaient revoter, les Irlandais le feraient "probablement" sur un texte qui ne serait "pas exactement le même".
Lors de sa visite à Dublin le 21 juillet, le chef de l'Etat "va essayer d'évaluer la situation", a insisté M. Guaino.
Mais pour le chef du Labour, Eamon Gilmore, les déclarations de M. Sarkozy augurent mal d'une réelle volonté d'écoute.
"On nous a fait comprendre que l'une des principales raisons de la visite du président en Irlande la semaine prochaine était de lui permettre d'écouter les positions du peuple irlandais sur ce qui doit être fait", a-t-il rappelé. "Cependant, s'il a déjà arrêté sa décision sur cette question, ça risque d'être une écoute plutôt vaine".
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin


17/07/2008 19:37:00 Signaler un abus
D.E.M.O.C.R.A.T.I.E
Par Franck - Baltimore, Ireland
Les Irlandais ont donnes une lecon au reste de l'europe et leur vote doit etre respecter. Meme 10000 votes peuvent faire la difference que ca plaise ou non.... Si les autres peuples d'Europe avaient etes consulter, ce "Lisbon Treaty" serait dans une situation bien plus perilleuse.
Les Irlandais ne sont pas Anti-Europeens mais ont lourdement sanctionner leur propre gouvernement.
M. Sarkosy a encore une fois jeter un pave dans la marre, n'a t il pas de conseiller en communication???? Comment se fait il, qu'il commete autant de "Bourde"?
17/07/2008 18:24:27 Signaler un abus
Sarko a raison
Par conda42 -
Les Irlandais n'échapperont pas à un second vote auquel ils feraient mieux de réfléchir.
L'Europe ne pourra pas rester longtemps bloquée à cause d'un pays de 5 millions d'habitants soit 1% seulement de la population Européenne, alors que ce pays est justement sorti de sa misère grâce à l' Europe.
L' Irlande risque simplement d'être contournée à terme, auquel cas elle s'en mordrait les doigts.
17/07/2008 16:52:31 Signaler un abus
Un président qui se veut le centre du monde
Par Maria - Paris
Dans le ridicule, je pense que Sarkozy est plus fort que Bush.Le président français a raté sa vocation , ce n'est pas de la politique qu'il aurait dû faire mais du cinéma et plus précisement dans le comique..
17/07/2008 14:22:09 Signaler un abus
La mémoire courte des "nonistes"
Par manoah06 -
.M. Sarkozy a raison les référendums sont faussés, les votes sont, comme cela c'est passé en France épidermiques et loin du sujet soumis. Il est aberrant qu'un seul petit pays puisse bloquer la progression de l'Europe, si la construction Européenne ne sert qu'a avoir des millions d'Euros de subsides et puis après bloquer cette institution. Alors l'Irlande doit rembourser la manne qui leur a permis de relancer son économie et se retirer de l'Union. Il est trop facile de prendre et de ne pas assumer ses responsabilités. L'Europe peux se passer de l'Irlande pas le contraire. C'est cela la démocratie 4 millions de personnes bloquant 450 millions. ?
17/07/2008 13:32:29 Signaler un abus
Clarification du message
Par Poilagrater -
Les déclarations du président français ont un mérite, elles ont permis aux irlandais de rappeler pourquoi ils avaient voté non : l'exercice de leur souveraineté est menacé par l'UE car celle-ci n'a pas la légitimité requise pour les décisions politiques qu'elle prend. Le président risque de découvrir que ce vieux principe à la base de l'Europe depuis le traité de Westphalie au XVII siècle n'est pas quelque chose que l'on peut manipuler facilement. Avec l'échec probable du président sur le traité de Lisbonne l'UE va peut être envisager sa remise en cause et chercher sa légitimité plus au près des peuples qu'avec des spécialistes de la communication politique.
17/07/2008 13:14:23 Signaler un abus
REFERENDUM
Par NOSTRADAMUS -
M. Sarkosy, Nostradamus vous avait prévenu et l'histoire n'est pas terminée.
17/07/2008 12:56:51 Signaler un abus
Le roi de la com'...
Par Kiwiz -
N. Sarkozy a reussi a devenir la personne la plus deteste en Irlande en tres peu de temps. Et ce n'est pas la visite eclaire (4h sur le sol irlandais) de lundi qui y changera grand chose. La campagne du "oui" pour le traite a ete catastrophique ici en Irlande, et ce n'est pas avec de telles declarations que l'on reussira a rassembler les irlandais vers un projet europeen commun.
17/07/2008 11:04:42 Signaler un abus
Sarkozy ne devrait pas faire revoter.
Par Vince -
il doit laisser à l'Irlande un statut exclusif: garantie à l'interdiction à l'avortement, une plus large maitrise nationale économique et sociale.
L'Irlande avait le choix de dire oui ou non, on doit s'y conformer et s'y tenir sans ambiguité.
D'ailleurs je rappelle que Sarkozy avait un discours bien conservateur pendant la campagne, ou est-il passé?
Faut-il donc lui rappeler à qui il doit son élection? -aux conservateurs et non aux libéraux européistes.