Jeudi 04 décembre 2008

Visite à haut risque pour Nicolas Sarkozy, lundi, en Irlande

Jeudi 17 juillet 2008

Alors qu’il cherche avec ses conseillers un "plan B" qui convainque les Irlandais, son commentaire à huis clos sur sa volonté de les faire "revoter", lui vaudra une réception des plus frileuse à Dublin.

Visite à haut risque pour Nicolas Sarkozy, lundi, en Irlande

Jeudi 17 juillet 2008

Tollé en Irlande après les propos de Nicolas Sarkozy suggérant de les faire "revoter". Il l’a pourtant dit en privé devant des députés UMP. Mais dans un pays soucieux de son indépendance, où 53 % des électeurs ont rejeté le traité de Lisbonne lors d'un référendum, ces quelques mots ont immédiatement provoqué la colère du camp du "non" : il apporte de l’eau au moulin de ceux qui prétendent que l’UE est un "arm twister" (qui veut leur forcer la main) et que tout est décidé pour eux à Bruxelles (et maintenant à Paris). 

 

L’image du président français avait déjà abondamment été utilisée comme repoussoir par le camp du "non" qui l’accusait de vouloir monter et financer une "armée européenne" mettant en péril la "neutralité" irlandaise.

L'embarras du gouvernement irlandais est palpable : le Premier ministre Brian Cowen a tenté de le minimiser. Le Irish Times affirme en une aujourd’hui que Nicolas Sarkozy a dû modifier son calendrier de visite in extremis et qu’il aurait renoncé à rencontrer des militants anti-Lisbonne pour dialoguer avec eux. Son porte-parole à l’Elysée nie un changement de programme : en vérité, le président français tiendra une conférence de presse avec son homologue irlandais (à 16 heures GMT+2), puis rencontrera les représentants de la société civile. Il sera à l’écoute et n’a pas de plan pré-conçu, dixit l’Elysée.

Mais les conseillers ès affaires constitutionnelles et  européennes de Nicolas Sarkozy estiment tenir par le bon bout quelques bonnes idées :

 

1- Pour rassurer les Irlandais, un certain nombre de garanties pourraient leur être données dans une déclaration, quant au respect de leur neutralité et de leurs positions sur des sujets comme l'interruption volontaire de grossesse, encore interdite sur l'île. Sans oublier la fiscalité avantageuse !

2- Les Irlandais ont manifesté dans leur "non" leur peur de perdre "leur Commissaire européen à Bruxelles", une courroie de transmission au sein des institutions qui est à égalité avec les 26 autres (alors qu’au Parlement, les députés irlandais sont très peu nombreux et qu’au Conseil, ce petit pays a peu de voix). Ironie du sort, et grosse désinformation, le traité de Nice - qui s’applique si Lisbonne n’est pas ratifié - ne garantissait pas le maintien de ce Commissaire. Bien au contraire, il prévoit que la Commission comptera automatiquement en 2009 moins de membres que le nombre de pays, dès que l'UE atteint 27 Etats, ce qui est déjà le cas !  Selon le traité de Lisbonne, le nombre de commissaires européens doit être égal aux deux-tiers du nombre d'Etats membres à partir de 2014, avec une rotation strictement égalitaire…. sauf si les dirigeants européens en décident  autrement à l'unanimité !
 
Voilà qui ouvre une porte à la présidence française de l’UE. Elle peut convaincre les 27 de changer ce seul chapitre institutionnel lors d’un prochain sommet (octobre, décembre, après ?). Avant de les traîner à nouveau devant les urnes, il faut donner aux Irlandais des raisons de voter "oui", par un changement visible de Lisbonne : les 27 pourraient renoncer à diminuer le nombre de commissaires européens et rester sur le principe d'un commissaire par pays. Ce qui permettra à Dublin d'en conserver un.

 

Un plan B qu’il n’est pas forcément bon de détailler à l’avance. Cette tactique exige un maximum de discrétion et la volonté de faire passer cette idée comme venant des Irlandais eux-mêmes ! Beaucoup d’abnégation en perspective pour Nicolas Sarkozy !


 

  • 20/07/2008 13:55:34 Signaler un abus

    S'OPPOSER ou EN RE-DEMANDER?

    Difficile d'être plus clair!
    Le Traité de Lisbonne est une autre étape de la formation de l'Union européenne. UNE ÉTAPE...ici, c'est l'étape de faciliter la prise de décision entre les États membres.
    Alors, le choix n'est pas de toujours S'OPPOSER et de ralentir le processus de l'Union. Économiquement, vous vous pénalisez sans même vous en rendre compte. Une Union européenne forte multiplierait ses possibilités économiques; tant à l'interne, qu'à l'externe. Elle pourrait mieux s'imposer, au lieu de se diviser. N'est-ce pas pas une évidence pour vous...non?
    Alors, le choix est...d' EN RE-DEMANDER! Donc d'adopter et de passer l'étape du Traité de Lisbonne; pour aller de l'avant avec l'étape suivante. Plus vous en re-demanderez, plus vous serez actifs, plus vous serez entendus.
    Vous, vous voulez être constructif ou pas? Il est inévitable que l'Union, qui se construit, débordera dans le futur des aspects non seulement économiques, politiques, mais également incluera des aspects culturels et sociaux.
    Alors, votre choix est: DE S'OPPOSER ou D'EN RE-DEMANDER?


 

 

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