Le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé samedi à Bagdad que le contingent britannique en Irak serait encore réduit mais s'est refusé à fixer "un calendrier artificiel" de retrait.
Il a également évoqué avec les responsables irakiens le futur de la présence britannique en Irak et la nécessité de promouvoir le développement économique, notamment dans le sud pétrolier du pays, selon des sources britanniques et irakiennes.
"Notre intention est de poursuivre la réduction du niveau de nos troupes mais je ne vais pas déterminer un calendrier artificiel", a déclaré M. Brown devant la presse dans la capitale irakienne.
La Grande-Bretagne, qui a mobilisé jusqu'à 46.000 soldats en Irak lors de l'invasion de mars 2003, dispose dorénavant d'un contingent de 4.000 hommes déployés sur l'aéroport de la ville de Bassorah, dans le sud du pays.
Leur retrait progressif avait été suspendu pour des raisons de sécurité, mais récemment, le commandement britannique a indiqué que l'objectif était de réduire ce contingent à 2.500, dans le courant de l'année 2009.
Depuis 2003, 176 soldats britanniques sont morts en Irak, dont deux en 2008.
Le commandement britannique a remis au cours de l'année 2007 au gouvernement irakien le contrôle des quatre provinces méridionales du pays que les troupes britanniques avaient occupées en 2003.
Les militaires britanniques sont essentiellement chargés de l'entraînement d'unités irakiennes et de la surveillance de la frontière avec l'Iran.
Arrivé dans la matinée du Koweït, M. Brown a immédiatement rencontré son homologue irakien Nouri al Maliki, puis le président irakien Jalal Talabani.
"Les Premiers ministres (Maliki et Brown) ont souligné l'importance d'établir une relation à long terme entre leurs deux pays, le devenir de la présence britannique en Irak, et les relations économiques entre les deux pays", a indiqué le bureau de M. Maliki.
Cette visite intervient alors que les Etats-Unis et l'Irak ont annoncé vendredi qu'ils négociaient "un horizon temporel" pour le retrait du contingent américain, fort de plus de 140.000 soldats.
M. Brown a rappelé que les objectifs de Londres étaient la formation des troupes irakiennes, la tenue d'élections provinciales au mois d'octobre, le développement économique de Bassorah, et la remise du contrôle de l'aéroport de la ville, "quand cela sera possible".
"Je suis venu ici pour mesurer les progrès accomplis", a poursuivi M. Brown, "et nous sommes en train de faire des progrès significatifs".
M. Brown, dont cette visite en Irak est la troisième depuis sa désignation comme Premier ministre en juin 2007, s'est rendu dans l'après-midi à Bassorah, d'où il doit regagner le Koweït.
Il a pris la parole devant les militaires britanniques et a salué leur "courage". "Vous oeuvrez avec les forces irakiennes pour les former de façon à ce qu'elles assument leurs responsabilités, et que nous puissions accomplir notre mission en apportant à Bassorah la démocratie, la sécurité, et la prospérité", leur a-t-il déclaré.
Londres insiste désormais sur la nécessité d'encourager la relance économique en Irak pour garantir la relative stabilité qui s'y est instaurée depuis plusieurs mois.
Le général Barney White-Spunner, qui commande les troupes britanniques en Irak, a estimé cette semaine que Bassorah avait un besoin urgent d'investissements pour développer son important potentiel économique.
"Bassorah a du pétrole, du gaz, un port, un aéroport, une population, et maintenant il y a la sécurité", avait-il commenté. "Nous avons besoin de développement économique".
Depuis 2003, la Grande-Bretagne a consacré 940 millions d'euros à la reconstruction de l'Irak. Sa participation aux opérations militaires lui a coûté au moins cinq milliards de livres (dix milliards de dollars) à la fin de l'année fiscale 2007.















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