Lisez le blog de Caroline de Camaret : "Karadzic n'est pas le ticket d'entrée dans l'UE"
L’Union européenne (UE) et les Etats-Unis ont salué l’arrestation de Radovan Karadzic, les Européens restant toutefois prudents sur le déblocage d'un accord de rapprochement avec Belgrade.
"Enfin ! Treize ans que nous attendions ça. C'est une page qui se tourne", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, dont le pays préside l'UE, à son arrivée à une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles. La capture de l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie, inculpé de génocide, "est certainement une bonne chose pour le rapprochement entre la Serbie et l'UE", a-t-il déclaré, précisant néanmoins que "les choses se décident à 27".
L'arrestation de Karadzic, recherché depuis treize ans par le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, était l'une des conditions requises pour que la Serbie puisse à terme intégrer l'Europe des 27.
Selon Laurent Rouy, correspondant de FRANCE 24 à Belgrade, il s’agit d’un pas important "avec l’ancienne coalition gouvernementale, composée de nationalistes et de pro-européens. La coopération fonctionnait très mal, les arrestations étaient lentes. En un mois, il y a eu deux arrestations importantes avec le nouveau gouvernement, c’est un bon signe envoyé par la Serbie".
L'Europe maintient la pression
Le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremic était mardi à Bruxelles pour pousser les 27 à faire un geste à l'égard de son gouvernement. Formé il y a deux semaines, ce gouvernement pro-européen a "prouvé hier" que "la Serbie prend très au sérieux son avenir dans l'Union européenne", a-t-il affirmé à son arrivée.
Cette arrestation "va dans la bonne direction", a déclaré à Bruxelles le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, "mais il reste encore quelques criminels en fuite", a-t-il souligné. Le TPIY recherche toujours en effet Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, et Goran Hadzic, ancien chef des Serbes de Croatie.
Plusieurs ministres ont laissé entendre que la Serbie ne pouvait espérer voir immédiatement débloquer l'accord d'association et de stabilisation signé avec l'UE en avril, suspendu en attendant une "pleine coopération" de Belgrade avec le tribunal.
Cette arrestation constitue "un pas hautement significatif", a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, mais "c'est UN pas, et pas forcément LE pas" décisif, a-t-il ajouté. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxime Verhagen, dont le pays abrite le siège du TPIY, a quant à lui demandé au gouvernement serbe d'autres efforts et la nécessité d'arrêter les deux derniers fugitifs. Une tâche compliquée tant, comme le souligne le spécialiste de FRANCE24 des affaires internationales Armen Georgian, "le chef militaire Ratko Mladic a la réputation d’être plus difficile à retrouver".
Les Etats-Unis se sont de leur côté félicités de l'arrestation de Karadzic. Le diplomate américain Richard Holbrooke, artisan de l'accord de Dayton qui a mis un terme en 1995 à la guerre en Bosnie, a estimé dans une interview à la BBC, qu' "un grand malfrat [avait] été retiré de la scène publique".
"Un procès impartial", prévient la Russie
Seule voix discordante, la Russie, alliée traditionnelle de la Serbie, qui a une position beaucoup plus réservée. Dmitri Rogozine, représentant de la Russie auprès de l'Otan, a déclaré que le procès de Karadzic devait avoir un caractère "impartial". "Si Karadzic mérite que son cas soit examiné à La Haye, alors, à côté de lui, sur le banc [des accusés] doivent s'asseoir ceux qui ont pris la décision du bombardement de citoyens pacifiques et en rien coupables, tués par centaines au moment de la 'démocratisation' des Balkans par l'Ouest", a-t-il affirmé, cité par l'agence Interfax.
Radovan Karadzic était réclamé par la justice internationale pour avoir été, avec le général Ratko Mladic, l'instigateur du génocide de Srebrenica (est de la Bosnie) en juillet 1995 où près de 8 000 hommes musulmans ont été éliminés, le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Pour aller plus loin :
Lisez le commentaire de Jean-Bernard Cadier, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24 : Karadzic : il était plus que temps et envoyez-nous vos réactions.



























Commentaires
Un regard vide de sens....
...dans un faciés de cruautée. pourquoi faut-il que les juges puissent avoir plus de clémence pour cette saleté qui n'en a jamais eu avec ses tueurs?
Un monstre protege
Pendant 12 annees ce criminel jouissait de l`impunite et de la complicite au plus haut niveau, comment peut il exercer comme Medecin et circuler librement alors qu`il doit etre inscrit au conseil de l`ordre et tous les collegues qu`ils cotoyaient ne pouvaient pas savoir qui il est reelement, c`est juste pour acceder a l `UE que certains l`ont sacrifie, les dirigeant s de la Serbie doivent se mettre a table et remettre tous les criminels car ils savent ou ils vivent et pas de concessions.
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