SERBIE - EUROPE
Pas de cadeau aujourd’hui pour Belgrade. Les Européens ont salué unanimement mardi l'arrestation de Radovan Karadzic, mais ne semblent pas encore prêts à accélérer l'intégration de la Serbie à l'UE.
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Pas de cadeau aujourd’hui pour Belgrade. Les Européens ont salué unanimement mardi l'arrestation de Radovan Karadzic, mais ne semblent pas encore prêts à accélérer l'intégration de la Serbie à l'UE.

 

Pourtant les Serbes voulaient y croire : le ministre (serbe) des Affaires étrangères Vuk Jeremic a fait le déplacement aujourd’hui à Bruxelles pour pousser les 27 à faire un geste. La Serbie espérait voir immédiatement débloquer l'accord d'association et de stabilisation signé avec l'UE en avril.

 

Un accord suspendu à la reconnaissance de la "pleine coopération" de Belgrade avec le Tribunal pénal international (TPI). Et l’UE attend toujours l'arrestation de l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, inculpé de génocide en même temps que Karadzic : il est réputé beaucoup plus insaisissable. Les Néerlandais, dont le pays abrite le siège du TPI, ont toujours été particulièrement exigeants sur cette pleine coopération, tout comme les Belges. 

 

Les Italiens, partisans traditionnels d'une intégration rapide de la Serbie, devraient plaider au niveau des réunions des ambassadeurs qui vont suivre pour le dégel rapide de l'accord d'association. Mais rien de définitif aujourd’hui : les vrais gestes politiques prennent un peu de temps en Europe !

 

Une vraie victoire de l'Europe

 

 

L’Europe a beaucoup œuvré à cette arrestation, tout en maintenant la Serbie dans le giron européen. Elle a utilisé comme levier l’accord d’association et de stabilisation, qui déclenche d’importante aides et une perspective plus claire d’adhésion.

 

Après la proclamation d’indépendance du Kosovo le 17 février 2008, les forces ultranationalistes se sont déchaînées en Serbie : elles ont été en position de l’emporter aux législatives du 11 mai. Du coup, l’UE a dégainé cet accord pour renverser la vapeur en faveur des proeuropéens, alignés derrière le président Tadic. Des proeuropéens qui l’on emporté, qui espèrent que leur pays sera reconnu candidat dès la fin de l’année, ou l’an prochain.

 

Il y a des précédents. En décembre 2005, la Croatie a livré au TPI Ante Gotovina, grand criminel de la guerre serbo-croate, et le pays a été mis sur les rails de l’adhésion, pour un ticket probable dès 2010. La Serbie se prend à rêver à cette destinée et à son entrée express dans le club européen. Mais la traque de Mladic doit être fructueuse.

 

Caroline de Camaret
Commentaires (2)

Réaction personnelle.

A quant-est ce l'arrestation de Ratko Mladic? J'ai hâte qu'on le mette sous les verrous.il serait tellement utile derrière les barreaux ! Le bien à vous.Papouni

Les Balkans, les oubliés.

Lors de sa Déclaration d'ouverture au Sommet de l'UPM, N. Sarkozy indiqua:'' C'est ensemble que nous allons construire la Paix en Méditérannée, comme nous avons construit la Paix en EUROPE.''...Oups! Oui, la Paix
est dans l'Union européenne; mais pas en Europe! En Slovénie, la situation est réglée. Mais que dire des situations en Serbie et 'Kosovo', en Albanie, en Bosnie-Herzégovine, en Macédoine et au Monténégro...est-ce la stabilité assurée à long terme, politiquement et économiquement?
Pour N. Sarkozy, l'évidence est que les Balkans n'étaient pas une priorité. Espérons que c'était au moins une préoccupation. À sa décharge, il est clair, que tant que le Traité de Lisbonne ne sera pas ratifié, tant que les États-Unis n'auront pas changé de Président, il est prématuré de modifier la présente situation. Ainsi, la diversion des priorités de l'U.E. apportée par l'UPM, peut se révéler une carte maîtresse pour le futur des Balkans -si N. Sarkozy oeuvre dans le sens de l'U.E., vers l'intégration géographique complète de l'Europe. Sa nouvelle position de leader international devient un atout, sans conteste.
Aborder la question des Balkans va exiger d'être administrativement imaginatif, constructif et particulièrement réaliste dans une perspectve à long terme en regard à la stabilité, à la sécurité, à la base économique et à la santé financière de la Région. L'exemple du Kosovo, dont l'économie repose sur les activités mafieuses, sur l'apport de l'occupation de l'OTAN, sur une économie agricole familiale non-compétitive et sur l'apport des kosovars à l'étranger est de toute évidence un parfait contre-exemple; à moins que l'U.E. n'ait pas la volonté de se démarquer et d'être indépendante des États-Unis en servant de ''porte-avions'' et de porte-missiles vers la Russie, l'Orient et l'Afrique. Est-ce réaliste de croire qu'une intégration avec les frontières actuelles -si possible
malgré les positions de la Serbie, de la Russie et des autres qui ne reconnaissent pas le Kosovo, mettrait un terme final dans le futur à la balkanisation? Le futur de l'U.E réside t-il en un nombre significatif de micros-États membres -plus ou moins viables,draînant les ressources financières des autres États-membres?
L'optimisme a des limites avant d'être du rêve! Le tabou actuel des frontières doit être abordé et examiné dans ce contexte plus vaste particulièrement pour la Croatie et Bosnie-Herzégovine et Serbie, Serbie et ''Kosovo et Albanie, Bosnie-Herzéovine, Serbie et Macédoine et même le Monténégro, vers des États indépendants, confédérés, autonomes, fusionnés...les variations ne manquent pas; avant de devenir des États membres.
L'U.E doit établir ses principes; par la suite, cela exige un pouvoir d'imposer, non pas sa volonté, mais une volonté de forger des compromis réalistes dans un but commun. Qui peut s'opposer à un accord entre les parties, si il est majoritairement partagé par les populations?
N.Sarkozy va détenir de nombreux atouts, incluant la ré-adhésion de la France à l'OTAN, avec A. Merkel, pour influer sur les principes et les priorités. Reste à constater si ils joueront leurs cartes pour 'construire la Paix en Europe' pour le long terme. La balkanisation n'est pas un vain mot!
Dans sa 'Déclaration...', Nicolas Sarkozy avait-il fait un lapsus?...Oups!

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