Vendredi 05 septembre 2008

SOUDAN - DARFOUR

Au Darfour, Béchir nie les accusations de génocide

Mercredi 23 juillet 2008

En visite au Darfour, province de l'ouest du Soudan, le président Omar el-Béchir a qualifié de "mensonges" les accusations de génocide portées contre lui devant la Cour pénale internationale.

Mercredi 23 juillet 2008

Le président soudanais Omar el-Béchir a qualifié mercredi de "mensonges" les accusations de génocide au Darfour portées contre lui devant la Cour pénale internationale, à l'occasion d'une visite sous haute sécurité dans la région.
  
Au Caire, un responsable de la Ligue arabe a déclaré que le Soudan avait accepté de mettre en place des tribunaux spéciaux pour juger les responsables présumés de violations des droits de l'Homme au Darfour, avec la collaboration de l'ONU, de la Ligue et de l'Union africaine.
  
Se déplaçant en convoi, entouré d'hélicoptères, soldats, policiers et membres de la Sécurité nationale, M. Béchir a été accueilli à El-Facher, capitale du Darfour-nord, par 5.000 à 6.000 manifestants pro-gouvernementaux, des fonctionnaires, membres de tribus et étudiants.
  
Une employée du gouvernement local a affirmé à l'AFP que sa hiérarchie avait demandé à tous les fonctionnaires de se rendre au rassemblement, au cours duquel le président, très souriant, a dansé en levant sa canne vers le ciel.
  
La visite de M. Béchir intervient un peu plus d'une semaine après que le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a réclamé un mandat d'arrêt contre lui pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, l'accusant de vouloir "mettre un point final à l'histoire des peuples Four, Masalit et Zaghawa".
  
Des membres de ces groupes, dont certains font partie du Congrès national, le parti du président, se trouvaient parmi les manifestants, signe de la complexité d'un conflit où les violences, la famine et les maladies ont fait jusqu'à 300.000 morts selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.
  
La Ligue arabe a annoncé mercredi que le Soudan allait mettre en place des tribunaux spéciaux pour "juger toute personne accusée d'avoir violé les lois régissant les droits de l'Homme, quels que soient les crimes".
  
Hicham Youssef, le chef de cabinet du secrétaire général de la Ligue Amr Moussa, a précisé que M. Béchir lui-même ne serait pas nécessairement exclu de la compétence de ces tribunaux, en dépit de son statut de chef d'Etat.
  
Selon ses statuts, la CPI ne peut intervenir que si la justice nationale ne peut ou ne veut pas traiter de manière adéquate les crimes tombant sous la juridiction du tribunal international.
  
A El-Facher, M. Béchir a affirmé que "ce que Ocampo a dit sur le Darfour, ce sont des mensonges".
  
"Nous devons trouver une solution au problème du Darfour", a-t-il lancé devant des centaines de personnes déplacées par les violences qui lui manifestaient leur soutien.
  
"Je suis venu ici, au Darfour, pour dire une seule chose. Chaque personne déplacée doit retourner dans son village. Le gouvernement devra alors fournir les services sociaux", a-t-il poursuivi.
  
Des Darfouris déplacés ont pris à partie le gouvernement de M. Béchir, l'accusant de n'avoir pas fourni de compensations pour la perte de leurs maisons, leurs fermes et leur bétail pendant le conflit. Ils ont dressé une longue liste de doléances, de la pénurie alimentaire à l'insécurité croissante.
  
"Ce que votre gouvernement dit à propos de la situation des déplacés n'est pas vrai", a affirmé, s'adressant directement au président, l'un des déplacés, Adam Yahia. Un autre, Idriss Osmane, a appelé le gouvernement à financer les reconstructions de maisons.
  
M. Béchir a répondu que la guerre avait entravé le développement, non seulement au Darfour mais dans tout le Soudan, affirmant que son gouvernement faisait son maximum pour résoudre la crise.
  
Après El-Facher, où se trouve le quartier général de la force mixte ONU-Union africaine (Minuad), M. Béchir, dont la dernière visite au Darfour remonte à 2007, doit se rendre à Nyala (sud) pour inaugurer des projets liés au développement, et El-Geneina (ouest).


  • 24/07/2008 12:11:44 Signaler un abus

    Un Tribunal pour juger les criminels au Soudan ?

    Un tel Tribunal pour juger les criminels de génocide, etc. au Darfour ne peut être possible que si El-Bachir et son gouvernement ne sont plus au pouvoir. Comment voulez-vous cautionner que les criminels au pouvoir puisse accepter un tel Tribunal là où eux-mêmes ont le pouvoir sur toys les plans ?

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