23 juillet 2008 - 16H32
- Crimes de guerre - Justice - Radovan Karadzic - Serbie

Les "Mères de Srebrenica" réclament toujours justice
Si les "Mères de Srebrenica" saluent l’arrestation du criminel de guerre Radovan Karadzic, elles espèrent surtout que la justice internationale reconnaisse la responsabilité de l’ONU et des Pays-Bas dans le massacre de Srebrenica.

Elles ont perdu un père, un mari ou un fils au cours du massacre de Srebrenica, en juillet 1995. Parce qu’ils étaient musulmans. L’un des pires massacres perpétués en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. L’association des "Mères de Srebrenica" se bat depuis 13 ans pour l'arrestation de Ratko Mladic et de Radovan Karadzic, deux des principaux acteurs de cette purification ethnique qui a fait près de 8 000 morts.

Le criminel de guerre Radovan Karadzic, en cavale depuis 1996, a été arrêté à Belgrade, en Serbie, le 21 juillet. Un soulagement pour toutes ces femmes, mais pas une fin en soi. "Cela nous donne du réconfort. Mais on continue de porter le fardeau des enfants qu’on a perdus", insiste l’une d’entre elles. Loin d’être l’aboutissement de leur combat, une action de la justice internationale, qu’elles attendent de longue date, serait le moyen de faire toute la lumière sur les responsabilités de ce massacre.

 

En attendant que Radovan Karadzic soit transféré au Tribunal pénal international de La Haye, les "Mères de Srebrenica" continuent à se battre pour la justice et la vérité. Leurs avocats ont entamé une action juridique contre les Nations unies, qu’ils accusent de ne pas avoir réagi au moment où les paramilitaires serbes de Bosnie ont procédé au tri de leurs victimes, à Srebrenica.

 

L’association a déposé plainte en juin 2007 contre les Pays-Bas. Un contingent néerlandais, sous mandat onusien, était posté sur les lieux pour protéger les civils fuyant les troupes serbes pendant la guerre de Bosnie (1992-1995). Un ancien soldat dément tout tri des victimes et parle de "mauvaise histoire". Le 10 juillet dernier, un tribunal néerlandais s’est déclaré incompétent pour entamer une procédure contre les Nations unies, qui bénéficient de l’immunité. L’association a fait appel. Le combat continue.
 

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