Le directeur de la compagnie pétrolière publique nigeriane NNPC a indiqué mercredi avoir donné 12 millions de dollars (7,56 millions d'euros) aux militants de la région du Delta du Niger (sud) pour assurer le calme pendant deux mois et réparer les oléoducs endommagés.
"A Chanomi Creek, nous avons négocié avec eux (les militants) et ils nous ont demandé 100 millions de dollars, mais après discussions nous sommes tombés d'accord sur 6 millions de dollars par mois", a indiqué Abubakar Yar'Adua devant le Parlement.
Il a expliqué que la compagnie devait payer cette somme parce que la rupture d'oléoduc coûtait 81 millions de dollars au Nigeria.
Il a ajouté qu'outre le paiement des réparations, le Nigeria payait des primes d'assurance élevées pour protéger ses intérêts dans cette région troublée.
"Le prix de nos assurances dans le Delta du Niger est plus élevé en raison des risques. Il est difficile de trouver des expatriés pour travailler dans la région", a-t-il ajouté.
Le plus important groupe rebelle armé du Nigeria, le Mend, a réagi peu après en assurant qu'il n'avait reçu aucune somme d'argent de la NNPC en échange de la sécurité et a promis de nouvelles attaques dans les 30 jours pour prouver ses affirmations.
"Pour prouver que nous n'avons rien à voir avec ce marchandage, le pipeline de Chanomi creek et d'autres oléoducs seront attaqués dans les 30 jours", a indiqué le Mend dans un courriel envoyé à l'AFP.
"Le Mend est au courant que des sommes énormes ont été payées à des gangs criminels du Delta pour se protéger", ajoute le communiqué.
Le groupe affirme qu'il sait que le NNPC a dépensé plus de 25 millions de dollars pour acheter des responsables militaires, politiques et de l'administration.
"Le Mend ne vendra jamais son honneur pour un bol de porridge, alors que le peuple de la région vit dans la plus grande pauvreté", affirme-t-il.
Depuis deux ans, la région connaît un résurgence d'attaques violentes par des bandes armées, généralement des malfaiteurs à la recherche de rançons ou des groupes revendiquant des objectifs politiques.
Plusieurs firmes étrangères, dont le fabricant de pneus français Michelin et le groupe pétrolier Wilbros ont abandonné le Delta à cause des problèmes de sécurité.
Ces actes, qui touchent en particulier les compagnies pétrolières étrangères, ont privé le pays d'un quart de sa production de pétrole depuis janvier 2006. La production est descendue sous les 2 millions de barils/jour, alors qu'elle avoisinait auparavant les 2,5 millions.
Le Nigeria a perdu en avril sa place de premier producteur africain au profit de l'Angola, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (0PEP).














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