Mardi 07 juillet 2009

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Hun Sen espère rempiler pour un troisième mandat

Vendredi 25 juillet 2008

Le Cambodge s'apprête à élire ses députés alors que l'économie ralentit et que le différend avec la Thaïlande attise un peu plus les passions nationalistes. Le parti du Premier ministre au pouvoir, Hun Sen, compte rafler de nouveau la mise.

Vendredi 25 juillet 2008

Regardez l'interview de Hun Sen sur FRANCE 24

 
 

Huit millions de Cambodgiens sont appelés aux urnes dimanche lors d’un scrutin multipartite. Le CPP, le Parti du peuple cambodgien du Premier ministre Hun Sen, est quasiment assuré d’être reconduit à la tête du pays, après 29 ans de pouvoir.

 

“Les gens peuvent parler", avait déclaré Hun Sen en début de mois à FRANCE 24, "tout ce qui compte c’est que les gens aiment Hun Sen ou pas".

 

Hun Sen, communiste repenti et homme politique astucieux, est au pouvoir depuis 1985. Il se targue d’être à l’origine de la pacification du pays après la guerre civile et la chute des Khmers rouges. Il peut également se prévaloir d’une économie florissante avec une croissance moyenne de 11 % ces dernières années.

 

Le Fonds monétaire international a salué récemment les bons chiffres de l’économie cambodgienne, fait remarquer Olivier Guillard, spécialiste de l’Asie à l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques). "L’économie risque de subir le contrecoup de la poussée inflationniste, mais la croissance va rester encore vigoureuse cette année", estime-t-il.

 

"Le meilleur garant de la stabilité du Cambodge, c’est le Premier ministre Hun Sen", analyse le correspondant de FRANCE 24 en Thaïlande, Cyril Payen.  "C’est lui qui a mis fin a la guerre civile et les gens le savent."

 

Preah Vihear, le sujet qui détourne l'attention

 

Mais des observateurs locaux sont préoccupés par la montée du sentiment nationaliste alimenté par le différend frontalier avec la Thaïlande concernant le temple de Preah Vihear. Ils font remarquer que cette dispute détourne l’attention de sujets plus brûlants, tels que la lutte contre la corruption et l’inflation galopante.

 

“L’impasse militaire autour de Preah Vihear a captivé les électeurs. Du coup, il est crucial de ramener l’élection au centre des débats", déclare Thun Saray, président du l’organisation d’observation des élections COMFREL.

 

Le temps bouddhiste, onze fois centenaire, a été classé dans le patrimoine mondial de l’UNESCO ce mois-ci. Et il avait été attribué au Cambodge en 1962 par la Cour internationale de justice. Une décision que la Thaïlande n’a jamais acceptée.

 

"Au Cambodge comme en Thaïlande, il s’agit d’un problème de politique interne que les hommes politiques ont monté en épingle”, estime Cyril Payen.

 

"Il y a peu d’incertitude"

 

Quoi qu’il en soit, Hun Sen espère avoir de nouveau le contrôle du Parlement. "Il y a peu d’incertitude", commente Olivier Guillard. "La question est de savoir si le score du PPC va dépasser le score de 2003. On pense qu’il table sur une fourchette de 75 à 85 sièges." Contre 73 actuellement.

 

Le principal concurrent du CPP est le parti de Sam Rainsy, le PSR, un ancien ministre des Finances qui a fait campagne contre la corruption au Cambodge. Il pourrait bénéficier des divisions internes qui gangrènent le parti royaliste FUNCINPEC, ancien allié du CPP.

 

“Le résultat final dépendra du degré de manipulation”, dénonce Sam Rainsy dans une interview à Newsweek Magazine. "Si nous arrivons à lutter contre ce phénomène, je pense que nous parviendrons à augmenter notre score." Et Sam Rainsy de faire remarquer qu’il n’a pas accès aux médias cambodgiens.

 

Plusieurs observateurs internationaux vont superviser le scrutin. Déjà, durant la campagne électorale, des ONG locales dénoncent actes de violence et d’intimidation contre des citoyens. Six personnes auraient été tuées depuis le début de la campagne.

 

Toutefois, “le nombre de cas de meurtre, d’intimidation, de menaces et d’irrégularités lors de ces élections est inférieur à celui constaté lors des précédents scrutins", affirme le COMFREL.
 

Un calendrier idéal

 

Déjà convaincu que la victoire est à portée de main, le CPP a appelé à une rencontre entre le Cambodge et la Thaïlande le 28 juillet, soit un jour après le scrutin, pour trouver une solution au conflit militaire qui oppose les deux pays au sujet du temple Preah Vihear.

 

Le premier procès d’un responsable Khmer rouge devant une cour de justice de l’ONU devrait s’ouvrir en octobre. Un calendrier qui épargne le CPP de devoir faire des révélations embarrassantes sur d’éventuels liens entre le parti et d’anciens dirigeants Khmers rouges.

 

Hun Sen, qui a servi un petit temps comme soldat de terre dans l’armée des Khmers rouges, a même revendiqué la paternité du procès. "J’ai négocié le procès moi-même avec Kofi Annan. Au Cambodge, les gens savent que rien ne se fait sans la signature de Hun Sen."


 

  • 29/07/2008 16:35:55 Signaler un abus

    Rappel historique

    Pourquoi le journaliste Cyril Payen propose une ré-interpretation de l'Histoire
    "Le meilleur garant de la stabilité du Cambodge, c’est le Premier ministre Hun Sen", analyse le correspondant de FRANCE 24 en Thaïlande, Cyril Payen. "C’est lui qui a mis fin a la guerre civile et les gens le savent."
    historiquement il convient de rappeler que Hun Sen a pris le pouvoir par un coup d'état en 1997. Il n'avait pas été élu vice premier ministre en 1992 démocratiquement mais nommé car Il avait alors menacé de faire scession du pays avec les provinces proches du Vietnam. Sa fonction lui avait alors été accordée, sous la benediction de l'ONU pour éviter une nouvelle guerre civile.

  • 27/07/2008 11:43:31 Signaler un abus

    Quel suspense !

    Quel suspense ! ............. :-(((

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