Vendredi 10 octobre 2008

SUISSE - LIBYE

Berne s'inquiète pour deux Suisses arrêtés en Libye

Vendredi 25 juillet 2008

L'interpellation de deux ressortissants suisses en Libye est à mettre au compte des représailles que Tripoli inflige à la Suisse depuis l'arrestation, à Genève, du quatrième fils du colonel Kadhafi. Berne espère un déblocage de la situation.

Vendredi 25 juillet 2008

Le ton monte entre la Libye du Colonel Kadhafi et la Suisse depuis que deux ressortissants suisses, dont l'un est un représentant de la multinationale helvético-suédoise ABB, ont été interpellés en Libye et emprisonnés.

 

Berne, par la voie du département fédéral des Affaires étrangères (DFAE), s'est dite très préoccupée par les conditions de détention "absolument dramatiques" de deux de ses ressortissants.

 

Les autorités libyennes accusent les deux Suisses d'infractions sur l'immigration et le séjour. Ils sont détenus dans une petite cellule avec une vingtaine d'autres personnes, et la durée de leur détention provisoire a été fixée à 20 jours.

  

Ces détentions sont avant tout des mesures de représailles à l'interpellation, le 15 juillet à Genève, d’Hannibal Kadhafi et de son épouse, mis en cause par une de leurs employées de maison les accusant de mauvais traitements.

 

Le colonel Kadhafi ne s’est pas encore exprimé publiquement sur le dossier. Sa fille Aïcha manifestait en revanche sa colère, au cours d’une conférence de presse à Genève, le 18 juillet, qui a beaucoup choqué les Suisses. N’hésitant pas à invoquer la loi du Talion, elle avait déclaré : "Œil pour œil, dent pour dent, celui qui a commencé a tort."

 

Tripoli n’en est pas à sa première menace mise à exécution. La Libye, qui fournit 20 % du pétrole à la Suisse, a décidé le 23 juillet d'interrompre ses livraisons d’hydrocarbures. Elle a également annoncé la fermeture des représentations de sociétés suisses comme ABB et Nestlé, et menacé de retirer les avoirs libyens des banques suisses et de suspendre l’octroi de visas pour les Suisses.

 

La priorité pour Berne est désormais d’obtenir la libération de ses ressortissants. De son côté, Tripoli exige notamment des excuses publiques et la fin de la procédure ouverte contre Hannibal Kadhafi et son épouse et menace de "nouvelles sanctions".

 

Hannibal Kadhafi et sa femme, Aline, ont quant à eux été été libérés deux jours après leur arrestation, après avoir versé une caution d'un demi-million de francs suisses (312 500 euros).

 

Le quatrième fils de Mouammar Kadhafi est officiellement "conseiller" de la Compagnie libyenne de transport maritime qui détient un quasi-monopole sur les livraisons de pétrole depuis la Libye.

 

Ce n’est pas la première fois que le fils du dirigeant libyen s’illustre dans ses démêlés avec la justice. En 2001, à Rome, ses gardes du corps passent à tabac des paparazzi qui le suivent, alors qu’Hannibal arrose des carabiniers avec un extincteur.

 

En septembre 2004, c’est au volant de sa Porsche qu’il traverse les Champs-Elysées à 140 km/h. L’un de ses gardes du corps menace des policiers avec son arme. En février 2005, il frappe violemment sa femme, enceinte de huit mois, après une dispute au palace Royal Monceau de Paris. Le fils de Kadhafi prend alors discrètement l’avion pour Copenhague afin d’éviter la garde à vue.


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