- Chypre
Les dirigeants chypriotes grec et turc se sont entendus vendredi à Nicosie pour entamer à partir du 3 septembre des négociations en vue de réunifier l'île divisée depuis 34 ans.
L'annonce a été faite par le chef de la mission de l'ONU, Taye-Brook Zerihoun, à l'issue d'une rencontre de plus de deux heures entre le président chypriote Demetris Christofias et le dirigeant de la République turque de Chypre du Nord (RTCN, seulement reconnue par la Turquie) Mehmet Ali Talat, au QG de l'ONU, dans la zone tampon de Nicosie, dernière capitale divisée au monde.
"Aujourd'hui, les dirigeants ont examiné le travail des groupes de travail et des comités techniques", a déclaré M. Zerihoun.
Ces groupes bi-communautaires avaient été mis en place en avril pour plancher sur de nombreux dossiers, comme le partage des pouvoirs, la sécurité ou les questions économiques, en vue de préparer le terrain aux négociations proprement dites.
"Après avoir fait leur examen final, les dirigeants ont décidé de débuter leurs négociations à part entière le 3 septembre 2008", a ajouté le responsable onusien.
"Le but des négociations (...) est de trouver une solution mutuellement acceptable au problème chypriote qui protégera les droits fondamentaux et légitimes ainsi que les intérêts des Chypriotes grecs et des Chypriotes turcs", a encore dit M. Zerihoun.
"La solution acceptée sera soumise à un référendum" dans les deux parties de l'île, a-t-il conclu.
Un plan de réunification soumis par l'ONU à référendum dans les deux parties de l'île en 2004 avait échoué en raison du "non" des Chypriotes grecs qui avaient estimé qu'il faisait la part belle aux Turcs. Les pourparlers étaient ensuite restés au point mort jusqu'à récemment.
Cette semaine, l'ONU avait dit espérer l'annonce d'une date prochaine pour le lancement des négociations.
"Le secrétaire général de l'ONU (Ban Ki-moon) a indiqué de manière claire qu'il souhaitait voir démarrer des négociations directes bientôt", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'ONU Jose Diaz.
Dans ce contexte, M. Ban avait nommé l'ancien ministre australien des Affaires étrangères Alexander Downer au poste de conseiller spécial pour la question de Chypre. Ce dernier devrait être présent dans l'île lors du lancement des négociations.
Washington comme Londres, en écho à l'ONU, avaient multiplié leurs contacts diplomatiques avec les deux dirigeants, en amont de la rencontre.
Après l'élection à la présidence de M. Christofias en février, les deux dirigeants avaient convenus en mars de relancer les discussions sur la réunification de l'île sous les auspices de l'ONU.
Les groupes de travail et comités techniques réunissant experts chypriotes grecs et turcs avaient alors été mis en place.
Le 1er juillet, les deux dirigeants avaient décidé de se rencontrer le 25 juillet pour l'examen final des avancées réalisées par ces groupes.
L'entente apparente entre MM. Talat et Christofias est perçue comme un facteur crucial pour dépasser les obstacles qui jonchent le chemin vers un accord.
M. Talat a estimé jeudi lors d'une visite à Ankara qu'un tel accord pourrait même être conclu d'ici la fin de l'année.
"Notre objectif est de parvenir à une solution en peu de temps (...) je pense que nous pouvons y arriver d'ici la fin de 2008", a déclaré M. Talat à l'agence de presse turque Anatolie.
Cependant, le président chypriote met régulièrement en garde contre les effets contreproductifs que pourrait avoir un accord conclu dans la précipitation.
Un éventuel succès des négociations chypriotes conforterait les ambitions turques de rejoindre l'Union européenne. Ankara occupe depuis 1974 près d'un tiers de l'île, après un coup d'Etat à Nicosie de nationalistes chypriotes grecs soutenus par Athènes.

























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