Dernière modification : 25/07/2008 

- Industrie automobile


"Turbulences" sur le marché automobile
Face au pessimisme de Carlos Ghosn, PDG de Renault, Denis Fainsilber, spécialiste automobile aux Echos, relativise l'optimisme affiché de Volkswagen, PSA et Fiat, tout en notant que l'Europe prend le dessus sur les Etats-Unis.

Lisez aussi le blog de Stéphanie Antoine, "Carlos Ghosn, la Cassandre de l'automobile"


Face au ralentissement économique, les constructeurs européens affichent cette semaine deux visages bien distincts. Mercredi, Volkswagen, PSA et Fiat arborent un grand sourire en annonçant le maintien de leurs prévisions de croissance, à l’image de PSA dont les ventes mondiales ont augmenté de 4,6 % au premier semestre. Alors que le lendemain, la grimace est de rigueur chez Renault et Daimler, qui revoient à la baisse leurs objectifs. Le chiffre d’au moins 5 000 départs volontaires est avancé chez le constructeur français au losange qui table sur une baisse des ventes de 3 millions de voitures pour 2009. "Je me dois de préparer Renault aux turbulences qui s’annoncent", a lancé Carlos Ghosn, PDG de Renault, prédisant que la conjoncture devrait encore se dégrader.

 

Denis Fainsilber, spécialiste automobile du quotidien Les Echos, dresse son analyse du secteur.

 
Pourquoi Fiat, PSA et Volkswagen résistent mieux que d’autres constructeurs européens ?

Ils ne résistent pas tellement mieux que les autres, c’est en fait une vision d’optique car ils affichent un discours plus optimiste. En fait, ils sont tous unanimes sur un point : le marché européen va baisser de 4 % cette année. Et comme au premier semestre, la baisse était de 2,7 %, il faut s’attendre à ce que le second soit nettement plus difficile, avec une baisse de 5 à 7 %.


Certes, le groupe PSA va mieux que l’année dernière, en particulier grâce aux bons chiffres de Citroën, car il bénéficie de sa refondation engagée dès 2007 [PSA vient de supprimer 14 000 postes en un an et demi]. Mais il prévoit la fermeture de deux lignes de production, à l’usine d’Aulnay-sous-Bois et à Rennes [d’ici 2010], tout comme les usines de Sandouville et de Flins sont menacés chez Renault. 


Pour sa part, Fiat ne marche pas si bien que cela en Europe car il est très dépendant du marché italien qui est, lui, en mauvaise santé. D’ailleurs, cet été, la marque italienne va fermer ses usines locales un mois et demi à deux mois, au lieu d’un seul habituellement.


En revanche, Fiat limite les dégâts grâce au marché émergent brésilien, tout comme Volkswagen qui s’en sort bien notamment grâce à sa présence en Chine. Ce n’est pas le cas de Peugeot et Renault qui pâtissent de leur trop grande dépendance au marché européen.

"Il faut se préparer à une période difficile", a prévenu Carlos Ghosn. Comment les constructeurs peuvent-ils faire pour éviter plus de dégâts lors du second semestre 2008 ?

Il faut savoir que tous les constructeurs européens ont le même problème : ils ont trop de stocks qu’ils n’arrivent pas à écouler car l’euro freine l’exportation. Sans compter d’autres facteurs comme la flambée du pétrole et la hausse des coûts des matières premières, notamment de l’acier.


Pour l’instant, pas de divorce en vue. Chacun essaie de trouver la solution de son côté. Actuellement, les usines sont à 60 %, voire 70 %, de leur capacité. Mais pour éviter de fermer des sites - ce qui leur coûte cher -, ils mettent leur usine en veilleuse provisoire en tournant au ralenti. Ils préfèrent faire travailler trois équipes au lieu de deux, en payant la troisième à rester chez elle.


De plus, on observe que dans ces périodes de crise, ce sont les petits modèles qui marchent le mieux. A ce niveau-là, Renault, PSA et Fiat s’en sortent mieux que Daimler dont les modèles sont trop chers.


Il va donc falloir repenser les gros modèles. Ils auront un avenir s’ils s’allègent car il existe un lien étroit entre la consommation et le poids de la voiture. Mais il faudra toujours des gros modèles : il suffit de voir les taxis à Paris.
Concernant les 4x4, on peut dire d’une certaine façon que c’est la fin. Certains constructeurs voudront relever le défi en continuant d’en fabriquer. Il faudra alors qu’il soit plus urbain, plus bas, plus lisse et doté d’un plus petit moteur. Et plus léger aussi avec 200 kg en moins.

Les constructeurs américains, General Motors, Ford et Chrysler, sont encore plus à la peine que les européens. C’est la fin d’une époque ?   

Il est vrai qu’en ce moment, les Européens ont un temps d’avance sur les Américains. Ils ont des modèles plus adaptés à la crise du pétrole. Les voitures américaines sont certes moins chères, mais plus grosses et plus basiques. Les moteurs V8, présents outre-Atlantique, n’existent pas en France. A l’inverse, le diesel n’existe pas aux Etats-Unis. C’est une forme de revanche pour les Européens. La flambée du pétrole est en train de leur donner raison. Les modèles européens consomment du 6 litres au cent, contre du 12 litres au cent pour les voitures américaines.


Les Américains sont en train de réaliser que leurs modèles ne sont plus adaptés au contexte économique. Cela fait trois ans qu’ils s’en apercevaient mais ils sont en train de l’admettre depuis six mois seulement. Ford est donc en train de reconvertir ses usines aux modèles européens, aux dépens des pick-up. Ce qui est un gros changement culturel pour eux.

Commentaires (3)

Trop européen...

Le gros problème des constructeurs francais est qu'ils sont trop...francais justement !! Le marché mondial est dominé par les marques japonaises et coréennes qui savent s'adapter aux différents marchés mondiaux, ce qui bizarrement les constructeurs francais sont incapables par manques d'ambition et de moyen, et cela est regrettable. Le pire même, c'est qu'en investissant dans le sacro-saint 'diesel' Renault et PSA se ferme tout simplement toutes les portes car ce carburant n'existe pas en dehors de l'europe. Francais, je travaille pour mon entreprise à Riyadh et force est de constater qu'il n'y a quasiment aucune voiture francaise...trop cher et pas assez 'adapté au marché local saoudien qui aujourd'hui se tourne vers Toyota, Lexus et Hyundai.

Trop européen...

Le gros problème des constructeurs francais est qu'ils sont trop...francais justement !! Le marché mondial est dominé par les marques japonaises et coréennes qui savent s'adapter aux différents marchés mondiaux, ce qui bizarrement les constructeurs francais sont incapables par manques d'ambition et de moyen, et cela est regrettable. Le pire même, c'est qu'en investissant dans le sacro-saint 'diesel' Renault et PSA se ferme tout simplement toutes les portes car ce carburant n'existe pas en dehors de l'europe. Francais, je travaille pour mon entreprise à Riyadh et force est de constater qu'il n'y a quasiment aucune voiture francaise...trop cher et pas assez 'adapté au marché local saoudien qui aujourd'hui se tourne vers Toyota, Lexus et Hyundai.

SAINTE MERE AUTO

J'adore cette photographie : oh Sainte Auto faites que j'en vende beaucoup plus car en ce moment cela est difficile et si j'ai aucune aide je crains le pire, Sainte Auto je vous en conjure malgré tout mes mensonges que je puisse faire un super bénéfice...Les travailleurs je m'en ...

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