Dernière modification : 29/07/2008 

- Attentat du Marriott - Inde


Les musulmans indiens craignent des représailles
Les habitants de la région du Gujarat, dans l'ouest de l'Inde, craignent un regain de tension entre les communautés hindoue et musulmane après les attentats meurtriers qui ont frappé, samedi, la ville d'Ahmedabad.

Après la série d’explosions qui a causé la mort d’une dizaine de personnes, Tahira Bi, musulmane, espère que l’Histoire ne se répétera pas dans le Gujarat, Etat de l’ouest de l’Inde, où le souvenir des attaques hindoues de 2002 reste vivace.
 
Avec les attentats d’Ahmedabad, revendiqués par une obscure organisation islamiste, certains musulmans craignent que les hindous ne réagissent violemment.
  

"La première fois que j’ai vu les hindous et les musulmans s’affronter, j’avais 10 ans. Puis, j’ai vécu cela une seconde fois en 2002. Je n’ai plus peur maintenant", affirme Tahira Bi de sa maison de Naroda-Patiya, un quartier particulièrement sensible où de nombreux musulmans furent tués lors des violences de 2002.

"Nous ne pouvons plus vivre dans la peur. Il arrivera, ce qu’il arrivera. Nous devons continuer à vivre", lance cette mère de six enfants âgée d’une quarantaine d’année.
 
Accusée à tort d’être à l’origine de l’incendie d’un train qui avait coûté la vie à 59 pèlerins hindous, les musulmans de la région avaient été la cible de violentes représailles.
  
Plusieurs enquêtes ont révélé, par la suite, que la police n’avait rien fait pour protéger la communauté musulmane qui a perdu 2 000 de ses membres dans le pogrom.
  
Peu après les attentats de dimanche, les autorités fédérales ont rapidement ordonné le déploiement d’une petite armée dans le but d’éviter d’éventuels règlements de compte. Selon un haut gradé, "les choses pourraient s’enflammer lorsque les corps seront rendus aux familles pour la crémation".

Mais beaucoup de musulmans pensent que la ville va retrouver son calme. Pour la simple raison que le gouverneur de Gujarat, le nationaliste hindou Narenda Modi, a été réélu l’an passé et qu'il n’a plus besoin d’attiser le sentiment anti-musulman.
   
Modi, qui appartient au Bharatiya Janata Party (BJP), principal parti d’opposition du pays, nie avoir participé aux violences de 2002. Il se targue même d’avoir donné un sérieux coup de pouce à l’économie de Gujarat en y faisant venir de grandes multinationales comme General Motors.
  
“Les temps sont différents”, affirme Altaf Memon, un homme d’affaires musulman. Il estime que depuis 2002 les relations entre les deux communautés sont moins tendues.
  
"Au grand dam de certains dirigeants politiques, il n’est plus question d’affrontements aujourd’hui. Je vis dans un quartier hindou. J’y tiens un magasin et je n’ai jamais peur de quoi que ce soit", prétend Memon.

Un hindou, qui a souhaité rester anonyme, pense lui aussi que Modi, maintenant qu’il est réélu, n’a plus intérêt de monter les communautés les unes contre les autres.
  
"Il y a peut-être eu quelques tensions après les explosions, mais les combats ne sont pas près de reprendre. Les gens en ont assez de cette violence", soutient Vasan Sonawan, un autre habitant hindou.

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