Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

À L’AFFICHE !

Adèle Haenel, nouveau visage du cinéma français

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Ebola : le Cameroun ferme ses frontières avec le Nigeria

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Moins d'un Français sur deux est imposable

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Vers une police sous surveillance ?

En savoir plus

DÉBAT

Syrie, la guerre oubliée

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

Irak : au coeur des monts Sinjar

En savoir plus

DÉBAT

Centrafrique : comment sortir de l'impasse ?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"L'écureuil et le serpent"

En savoir plus

FOCUS

El Hierro, première île 100 % énergies renouvelables, peut-elle être un modèle pour la planète ?

En savoir plus

  • Quand l’Égypte sermonne Washington sur les émeutes de Ferguson

    En savoir plus

  • Hollande : "La situation internationale est la plus grave depuis 2001"

    En savoir plus

  • Gaza : la trêve une nouvelle fois rompue, Israël vise un chef du Hamas

    En savoir plus

  • La Fifa interdit au FC Barcelone de recruter

    En savoir plus

  • RDC : le retour tant espéré des réfugiés angolais dans leur pays

    En savoir plus

  • Reportage : les combattants kurdes reprennent le barrage de Mossoul

    En savoir plus

  • Présidentielle 2017 : Alain Juppé candidat à la primaire de l'UMP

    En savoir plus

  • Glissements de terrain meurtriers à Hiroshima

    En savoir plus

  • Steve Ballmer, le directeur général de Microsoft, annonce son retrait

    En savoir plus

  • L'État islamique annonce avoir décapité un journaliste américain

    En savoir plus

  • L'armée irakienne attaque les jihadistes sur plusieurs fronts

    En savoir plus

  • L'opposition pakistanaise pénètre dans la zone rouge d’Islamabad

    En savoir plus

  • Libération : raconter l’été 44 au-delà des "moments de gloire et de triomphe"

    En savoir plus

  • Ligue 1 : une enquête judiciaire ouverte après le coup de tête de Brandao

    En savoir plus

  • Championnat d'Europe : Florent Manaudou vainqueur ex æquo sur 50 m papillon

    En savoir plus

Les nouveaux publics de Wagner à Bayreuth

Dernière modification : 28/07/2008

"Les maîtres chanteurs", premier opéra du Festival de Bayreuth à avoir été diffusé intégralement sur Internet et sur écran géant, a été suivi par plus de 30 000 personnes, bien plus que les 2 000 spectateurs traditionnels du Festspielhaus.

Le Festival de Bayreuth a vécu une petite révolution dimanche en diffusant en direct sur écran géant et via internet une représentation des "Maîtres Chanteurs", qui valent sur la "Colline verte" toujours des huées à la metteure en scène Katharina Wagner.

L'arrière-petite-fille de Richard Wagner, 30 ans, prétendante à la direction du festival, y a fait des débuts fracassants l'an dernier avec cette production en forme de commentaire libre sur la tension entre innovation et tradition dans l'art.

Wagner a situé ses "Maîtres Chanteurs de Nuremberg" (1868), son unique drame comique, au XVIe siècle, dans cette ville de Bavière où un jeune homme (Walther) tente d'obtenir la main de celle qu'il aime (Eva) en acceptant de participer à un concours de chant.

Katharina Wagner ne se soucie guère de cette trame amoureuse. Elle s'intéresse au rapport à l'art de Walther, ici un provocateur qui manie le pinceau (sur un piano, la robe d'Eva...) à tout-va, et de Hans Sachs, écrivain va-nu-pieds plutôt que cordonnier.

La metteure en scène fait rentrer ces deux personnages, au IIIe acte, dans le rang de l'esthétiquement correct tandis que Beckmesser, le rival de Walther, accomplit le chemin inverse: derrière le pédant dogmatique se cachait un dadaïste, qui tombe la veste après la "bastonnade" (une débauche de peinture) de la fin de l'acte II.

Le spectacle est une déclinaison saisissante de ce que les Allemands appellent "Regietheater", ce "théâtre de metteur en scène" qui tente de donner une nouvelle lecture, parfois éloignée du texte sinon de l'esprit du livret, de la dramaturgie d'un ouvrage.

Dans les deux premiers actes, le propos se déroule avec une certaine efficacité dans un décor d'école d'arts pluridisciplinaire (peinture, théâtre, musique) avec bustes de grands hommes (Dürer, Kleist, Hölderlin, etc.): l'ironie est déjà mordante, mais après tout elle l'est aussi dans la musique de Wagner, qui tourne en dérision l'académisme de cette confrérie bourgeoise.

Katharina Wagner maîtrise moins son discours et son humour potache dans la dernière partie, quand Hans Sachs est malmené par les vieux maîtres de la culture allemande (Bach, Goethe ou encore... Wagner) devenus des grosses têtes salaces, ou lorsqu'il allume un autodafé dans une poubelle.

Aux saluts, Katharina Wagner vient récolter, en riant, sa volée de huées, moins prononcées cependant qu'il y a un an.

Les chanteurs sont mieux accueillis, en particulier le Beckmesser bête de scène du baryton Michael Volle et le Walther à l'aigu rayonnant du ténor Klaus Florian Vogt. Comme en 2007, la basse Franz Hawlata, sans éclat et fâchée avec la justesse, est à la peine en Hans Sachs. La direction musicale de Sebastian Weigle, honorable, est saluée avec tiédeur.

Mini-scandale et petite révolution pour Bayreuth, qui est entré dans le XXIe siècle en utilisant de nouveaux canaux de diffusion, afin de toucher un public plus large que celui du Festspielhaus (1.974 places, alors que huit à neuf fois plus de billets pourraient être vendus pour chaque lever de rideau).

Grâce à des caméras discrètes, la représentation était accessible sur la Toile, pour 49 euros, à un nombre limité d'internautes.

Le festival n'a pas communiqué le nombre de connexions enregistrées mais a précisé que 15.000 personnes, sans compter les quelque 30.000 allant et venant sur le site, avaient suivi ces "Maîtres Chanteurs" sur un écran géant installé sur la bien nommée Volksfestplatz ("place de la fête populaire") de Bayreuth.

Le code vestimentaire du Festspielhaus (cravate ou noeud papillon, robe de soirée) n'avait pas cours lors de cette opération gratuite qui n'aurait pas forcément déplu à Wagner, militant avant l'heure de la démocratisation théâtrale.

Reste que le Festival de Bayreuth, hors de son théâtre à l'acoustique parfaite, et de sa "Colline sacrée" que l'on grimpe comme on accomplirait un pèlerinage, perd de sa magie.

Première publication : 28/07/2008

COMMENTAIRE(S)