- Radovan Karadzic - Serbie - TPI
Lire aussi le récit de notre correspondant à Belgrade, Laurent Rouy : "Radovan Karadzic ne vivait pas caché"
A Belgrade, certains attendent le transfèrement de Radovan Karadzic au TPI pendant que d’autres manifestent contre cette décision. Sur la place de la République, environ 15 000 personnes, selon les journalistes présents sur place, ont assisté au rassemblement de soutien organisé par l’opposition nationaliste serbe, le Parti radical serbe (SRS). Des incidents ont éclaté pendant une demi-heure entre des jeunes et la police.
"A l’évidence, c’est un échec, constate Laurent Rouy, correspondant de FRANCE 24 à Belgrade. Les organisateurs avaient annoncé jusqu’à un demi-million de personnes". L'opposition nationaliste serbe organise depuis une semaine des manifestations de soutien en faveur de l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie. Ces manifestations sont aussi l’occasion de protester contre le président pro-européen Boris Tadic.
Radovan Karadzic, arrêté la semaine dernière, est accusé de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre pour son rôle pendant la guerre de Bosnie (1992-1995). La justice internationale lui reproche notamment le massacre de Srebrenica où 8 000 musulmans sont morts.
"Double échec pour l'opposition"
"Evidemment, le folklore nationaliste est bien présent avec les drapeaux, les uniformes et les portrais de Karadzic", poursuit Laurent Rouy. Une tribune a également été montée pour l’occasion.
Des incidents ont éclaté lorsque plusieurs dizaines de jeunes hommes liés à des groupes de hooligans ont lancé des pétards. "La police a alors riposté avec des gaz lacrymogènes", raconte Laurent Rouy. "Une bagarre générale s'est ensuivie pendant une demi-heure". Bilan : des feux rouges et des poubelles renversées, des vitrines cassées.
En début de soirée, un groupe de 100 à 150 jeunes très agressifs sont arrivés, selon l'AFP, agitant un immense drapeau serbe et un portrait de Radovan Karadzic. "Nous vous tuerons tous", proclamait une banderole tandis qu'une autre menaçait : "Boris Tadic, la Serbie te prépare des funérailles, tu es fini".
"C'est un double échec pour l'opposition nationaliste qui voulait un défilé pacifique, commente notre correspondant à Belgrade. Son image est une fois de plus ternie par des images de violence".
70 % des Serbes soutiennent la coopération avec le TPI
"Les ultranationalistes, tendance dure, n’acceptent pas qu’on trahisse un des leurs, qu’on trahisse un Serbe pour le livrer aux autorités étrangères", explique Laurent Rouy.
Mais il précise également que près de 70 % des Serbes soutiennent la coopération avec le Tribunal pénal international (TPI), même si seulement 42 % sont pour le transfèrement de Karadzic.
Selon Laurent Rouy, ce faible soutien est dû à l’incompréhension qui règne chez de nombreux Serbes quant aux verdicts du TPI, qui a innocenté des non Serbes accusés d’avoir commis des crimes de guerre à l’encontre la population serbe pendant la guerre de Bosnie.
De son côté, le gouvernement de Boris Tadic souhaite que le transfèrement de Karadzic s’effectue le plus rapidement possible, dans l’espoir que "les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne [UE] puissent considérer la coopération comme pleine et totale et puissent signer un accord de partenariat économique avec la Serbie", précise Laurent Rouy.
Mais Bruxelles a fait la sourde oreille aux demandes d’Olli Rehn, commissaire européen en charge de l'élargissement, qui avait plaidé pour une amélioration des conditions de commerce de la Serbie après l’arrestation de Radovan Karadzic.
Les diplomates des 27 ont décidé, mardi, de reporter sine die toute décision à ce propos tant que Karadzic ne sera pas à La Haye.




























Commentaires (1)
Qui va Juger l'autre
je voulais savoir est ce que le tribunal inter. va juge ce qui nous manges dans la Bouche ?
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