Dernière modification : 30/07/2008 

- Justice - Radovan Karadzic - Serbie


Radovan Karadzic placé en détention à La Haye
Inculpé de génocide et de crimes de guerre, l'ex-chef des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, est arrivé au centre de détention du Tribunal pénal international (TPI).

L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, est arrivé ce mercredi à La Haye où il sera jugé par le Tribunal pénal international (TPI) pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Il doit comparaître dès jeudi. Au cours de cette audience préliminaire, où sera dressée la liste de ses chefs d'accusation, Radovan Karadzic devra dire s'il plaide coupable ou non coupable.

Vers 7h10 (GMT+2), une première colonne de véhicules a franchi les grilles du centre de détention du tribunal. Peu après, c’est un hélicoptère qui s’est posé à l’intérieur du complexe où il a été accueilli par des hommes armés. On ignore pour l’instant par quelle voie l’accusé a été conduit en prison.

 

Une audience "dès que possible"

Selon Cyril Vanier, envoyé spécial de FRANCE 24 à La Haye, une première apparition de Karadzic devant le tribunal pourrait avoir lieu dans 24 à 48 heures. "Aucune date n’a été fixée, mais la première audience se tiendra dès que possible", précise-t-il.

 

N’ayant toujours pas reçu la demande de recours de Karadzic, le ministère de le Justice serbe a finalement validé le transfèrement vers les Pays-Bas de l’ex-chef des Serbes de Bosnie accusé du massacre de Srebrenica.

 

L’entourage de l’accusé prétend cependant avoir envoyé la demande de recours contre son extradition à la dernière minute, mais le Tribunal des crimes de guerre de Belgrade nie l’avoir reçue dans les temps.

 

Karadzic a été inculpé pour son rôle dans la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995, et plus précisément pendant le massacre de 8 000 musulmans bosniaques, en juillet 1995 à Srebrenica.

 

Affrontements à Belgrade

 

Son transfèrement à La Haye est survenu quelques heures seulement après des affrontements entre les forces de l’ordre serbes et des ultranationalistes au cours d’une manifestation de soutien à Karadzic, qui a rassemblé quelque 15 000 personnes à Belgrade, la capitale serbe.

 

Au moins 25 policiers et 19 civils ont été blessés, dont deux journalistes, un Espagnol et un Serbe, selon des sources hospitalières.

 

La police a fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène pour disperser la foule de jeunes, apparemment en état d’ébriété, qui occupait le square de la République.

 

La manifestation était cependant nettement moins importante que celle organisée en février pour protester contre l’indépendance de Kosovo, qui avait rassemblé environ 150 000 Serbes.

 

Selon Laurent Rouy, correspondant de FRANCE 24 à Belgrade, "c’est un échec pour les nationalistes, et même un double échec puisque quelques manifestants en sont venus aux mains avec la police". La réputation des nationalistes et des ultranationalistes, menés par le Parti radical serbe, a été ternie, ajoute-t-il.
 

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