Dernière modification : 01/08/2008 

- Jeux olympiques - JO de Pékin


Carnet de route
Carnet de route
Antoine Cormery sillonne le monde à la poursuite de la flamme olympique, qui a quitté la Grèce le 24 mars pour rejoindre Pékin et l'ouverture des Jeux olympiques le 8 août. Lisez son carnet et posez-lui vos questions.
Dans le cadre de son émission hebdomadaire "Sur la route de Pékin", Antoine Cormery suivra le parcours de la flamme olympique à travers le monde. Posez-lui vos questions en cliquant sur le bouton "Réagir" au bas de la page.

 Paris, vendredi 1er Août

Je suis de retour à Paris pour monter la toute dernière émission de « la route de Pékin » qui est diffusée ce week-end. La semaine prochaine c’est mon confrère et ami Mark Owen qui va prendre le relais avec son émission quotidienne « l’heure de Pékin » réalisée sur place avec une équipe d’une dizaine de personnes de France 24. Je lui transmets ainsi qu’à Xavier Chemisseur, chef d’édition, quelques conseils vestimentaires (s’habiller légèrement car la température est écrasante), et culinaires (j’ai eu l’occasion de tester quelques restaurants sympas à Pékin !!). Pour le reste, leur professionnalisme et leur curiosité feront l’affaire.

Cette « route de Pékin » lancée il y a cinq mois aura été riche d’évènements : de l’allumage de la flamme à Olympie, aux manifestations pro-tibétaines de Londres et de Paris, en passant par l’ascension de l’Everest et bien sûr le terrible tremblement de terre du Sichuan. Je suis très heureux de vous avoir accompagnés sur France 24 et je vous souhaite de très bons Jeux Olympiques.

 

 

Pékin, jeudi 31 juillet
 
On dit beaucoup de mal des Chinois. Parfois à juste titre lorsqu'il s'agit des droits de l'homme, ou des questions d'environnement. Mais individuellement, c'est un peuple très aimable et courtois. Pas d'arrogance ni de mépris à l'égard du touriste. Toujours l'envie de rendre service et le sourire n'est jamais loin. Si les taxis parisiens pouvaient s'inspirer de leurs confrères pékinois !
 
 
 
Pékin, mercredi 30 juillet
 
Loin du tumulte de la ville, dans le parc du temple du ciel, des Pékinois de tous âges pratiquent à l'aube le Tai Chi Chuan. Rien n'est plus reposant que de les voir évoluer dans une lenteur savamment maîtrisée.
 
 
 
Pékin, mardi 29 juillet
 
Pour circuler désormais dans Pékin, c'est soit plus simple, soit plus compliqué. Plus compliqué pour les habitants car la circulation alternée a été instaurée depuis quelques semaines, et chaque jour une moitié de la flotte des véhicules doit rester au garage selon que c'est une plaque paire ou impaire. Seuls les taxis peuvent rouler tous les jours. Plus simple en revanche lorsque l'on est en possession du laissez-passer qui permet d'emprunter la file olympique. Sur les 5 périphériques de la ville (le 6ème est en construction) la voie de gauche est réservée aux véhicules accrédités pour les Jeux. Du coup, même quand ça bouchonne sur les autres files, ça roule très bien sur celle là ! Interrogés à un feu rouge, les conducteurs semblent s'accommoder de la mesure. Les Jeux méritent bien quelques sacrifices !
 
 
 
Pékin, dimanche 27 juillet
 
 
Journée de repérage pour l'enregistrement de la dernière émission de "Sur la route de Pékin". Nous circulons en ville avec l'équipe du bureau de France 24. C'est peu de dire que la police est partout. Brigades cynophiles, policiers en tenue par milliers et en civil sans doute autant, contrôles permanents des accréditations olympiques, engins blindés près du grand stade, hélicoptères en patrouille et batteries de lance-missiles. Le déploiement de force est pour tout dire un peu oppressant.
 
 
 
Pékin, samedi 26 juillet
 
 
Je redécouvre la ville cinq mois après mon dernier passage, lors de l'arrivée de la torche olympique. Le changement est spectaculaire. Des drapeaux pavoisent les rues et les avenues (ils symbolisent l'esprit en Chine), des fleurs par millions disposées partout en ville dans des massifs extravagants aux couleurs de l'olympisme. Des affiches géantes et des calicots aux couleurs des Jeux. C'est très impressionnant. On sent qu'on est à l'approche d'un grand événement. Mao ne disait-il pas que "100 fleurs s'épanouissent !".
 
 
 
Paris, vendredi 25 juillet
 
 
Embarquement à Roissy en direction de Pékin. Je voyage avec l'équipe de France olympique d'escrime. Beaucoup d'espoirs en perspective pour ces champions emmenés par Brice Guyard (médaillé d'or à Athènes, en 2004) et Laura Flessel (double médaillée d'or à l'épée à Atlanta, en 1996). C'est une délégation importante. En plus des sélectionnés, il y a les entraîneurs et aussi les partenaires d'entraînement. On sent un peu de résignation chez certains à être passé si près de la qualification et n'être finalement que sparring-partner. Du coup, ils se vengent sur le bar de l'avion (très raisonnablement toutefois). Ambiance sympa. A l'arrivée à Pékin, ils reprennent tout de suite un vol intérieur pour le stage préolympique organisé dans une ville chinoise du bord de mer. On leur souhaite bonne chance !
 
 
 
Paris, mercredi 30 avril


Comment dit-on "ouf!", en chinois ? En ce mercredi si particulier, la flamme arrive enfin en Chine. La fin des ennuis ? C'est la grande question après un périple mouvementé sur les cinq continents. Le parcours national, qui prévoit un passage au Tibet, sera-t-il plus calme ? Réponse vendredi, dans les rues de Hong Kong (qui n'est pas tout à fait la Chine).

 

 

Paris, mardi 29 avril

 

Rencontre avec le journaliste de l'agence Chine-Nouvelle Ming Yan, en poste à Paris. L'occasion de constater que le sentiment d'humiliation vécu par les Chinois à l'occasion du passage chaotique de la flamme dans la capitale française est encore très présent. Il faudra du temps pour oublier un événement qui marquera durablement les relations franco-chinoises

 

 

Paris, dimanche 13 avril

 

La torche poursuit son périple en Afrique. Cette fois pas de problème à Dar Es-Salam, si ce n'est la météo, un peu récalcitrante. Mais ce ne sont pas des trombes d'eau qui vont doucher la torche. Elle a résisté à bien pire à Olympie, Paris et Londres !


En fait, je crois que la grande erreur des Chinois aura été d'avoir fait preuve d'une grande naïveté en la matière. Ils ont voulu faire faire à la flamme le plus grand parcours jamais organisé de l'histoire des Jeux. 137.000 kilomètres sur les cinq continents. Ils croyaient que la fierté légitime qu'ils ressentent à organiser des Jeux olympiques pour la première fois de leur histoire serait partagée par le monde entier. Mais c'était oublier un peu vite qu'on les attendait au tournant des droits de l'homme. Ils n'ont pas vu le coup venir et aujourd'hui ils sont piégés. Stopper le relais, c'est perdre la face, le poursuivre, c'est essuyer quotidiennement des critiques dans les pays traversés. Un supplice... chinois.

 

 

Paris, vendredi 11 avril
 

C'est aujourd'hui que nous enregistrons le troisième numéro de "Sur la route de Pékin". Jusqu'au denier moment, nous aurons essayé de convaincre l'ambassadeur de Chine à Paris de venir sur le plateau de l'émission pour nous donner son sentiment sur cette semaine agitée. "Agenda trop chargé", a-t-on fini par nous répondre. Réponse très diplomatique sans doute dictée de Pékin par le ministère des Affaires étrangères. C'est dommage, il aurait été vraiment intéressant d'entendre la position officielle chinoise.
 

 

 

Paris, jeudi 10 avril
 

Après le fiasco de Paris, les autorités américaines sont sur les dents. La flamme passe à San Francisco. Dans cette ville où vit l'une des plus importantes communautés chinoises des Etats-Unis, le passage de la torche des Jeux de Pékin a tout pour être une fête. Mais, là aussi, la fête sera gâchée. Départ caché, loin du public, pas de passage par Chinatown (un comble !) et un embarquement quasi-clandestin à destination de l'Argentine, la prochaine étape.


Mais je m'interroge. Si les Etats-Unis avaient obtenu l'organisation des Jeux de 2008, la flamme n'aurait-elle pas, elle aussi, été la cible des militants antiguerre en Irak ? Les Jeux olympiques ont toujours été au cœur des contentieux politiques.

 

 

Paris, lundi 7 avril


Il n’y a guère qu’à la télévision qu’on peut apercevoir ce lundi la flamme olympique à Paris. Le cortège policier et sécuritaire est tel qu’il est illusoire de voir "en vrai" cette torche. Les incidents se multiplient, le chaos est indescriptible. On frise l’hystérie collective. Les Chinois doivent se mordre les doigts d'avoir organisé ce relais le plus long jamais imaginé pour les Jeux olympiques.

 

 

Paris, dimanche 6 avril


Le sponsor officiel de la torche olympique, le fabricant chinois d’ordinateurs Lenovo, organise un dîner à la Tour Eiffel. Le but est de présenter les relayeurs qu’il a choisis parmi ceux qui doivent courir le lendemain dans les rues de Paris. Ils perçoivent leur "paquetage olympique", un maillot Adidas siglé du logo des Jeux de Pékin. L’ambiance est étrange. Ce devrait être une fête, on en est loin. Tout le monde évoque les incidents de Londres dans l’après-midi et on pressent qu’à Paris ce sera sans doute plus compliqué encore.


Pékin, jeudi 3 avril

 

Boycott ou pas ? Les Chinois que nous interviewons dans la rue ont tous le même discours lorsqu’on évoque avec eux la possibilité que les Jeux ou la cérémonie soient boycottés : "Pourquoi ces Jeux devraient-ils l’être ? Le niveau de vie à augmenté dans le pays, tout le monde est content, il n’y a pas de problèmes. Ce sont les Occidentaux, jaloux de la réussite chinoise, qui en font toute une histoire !"

 
 
Pékin, mercredi 2 avril
 

Nous enregistrons les plateaux de l’émission de ce week-end devant le stade olympique, à 20 minutes de voiture du centre. La construction est magnifique. Elle est due aux stars suisses de l’architecture, Jacques Herzog et Pierre de Meuron, à qui l’on doit déjà des bâtiments aussi différents que la nouvelle Tate Modern de Londres ou le mégastore Prada de Tokyo. Ici, la construction est un entrelacs immense de poutrelles métalliques qui étincellent au soleil. Les Chinois lui ont déjà trouvé un nom, "le Nid d’oiseau" et ils sont des milliers tous les jours à venir le photographier derrière les balustrades du chantier.

 
 
Pékin, lundi 31 mars

 
Rendez-vous à 7 h 30 sur une grande avenue de la capitale devant le siège du centre de presse internationale des JO. J'y retrouve des confrères de la presse française, Pascal Golomer, correspondant en Chine pour France 2, et Christophe Gascard, pour TF1. Des bus sont prévus pour nous emmener sur la place. Avant d'embarquer, on vérifie soigneusement (deux fois plutôt qu'une) que nos badges correspondent bien à notre passeport. Mais non, Robert Ménard, de Reporters sans frontières (RSF), qui a perturbé l'allumage de la flamme à Olympie, n'est pas avec nous aujourd'hui !
 
Le conseiller de presse, un Américain qui en est à ses quatrièmes Jeux, nous encourage à prendre nos précautions, car une fois sur la place, il n'y a pas de toilettes et il y en a pour quatre heures !
 
Départ en bus et arrivée à Tiananmen. Ce qui frappe le plus mon caméraman chinois, c'est qu'il n'avait jamais vu jusque-là la cité... interdite (j'entends interdite aux touristes) ! Sous le grand portrait de Mao, les portes sont closes. Tous les accès sont filtrés et pour accéder au site des cérémonies, il faut passer sous des portiques comme dans les aéroports. Même les danseuses qui vont participer au spectacle doivent s'y soumettre !
   
La presse est regroupée sur une estrade, les invités sont soigneusement placés et, à 10 h 58 précises, le président fait son entrée sur la place. La cérémonie peut commencer sous les caméras de CCTV, la chaîne de télévision officielle. Heureusement qu'elle couvre l'événement car le Chinois de base ne peut pas voir le spectacle en vrai. il doit se contenter de sa télé (et encore en léger différé pour pallier tout impondérable).
  
11 h 45 : la cérémonie officielle s'achève après un show splendide et haut en couleur. Tout s'est bien passé. L'affront fait à Olympie ne s'est pas reproduit ! Mais sur les 137.000 kilomètres de parcours du relais de la torche olympique, bien des choses peuvent encore arriver...
 

 

Pékin, dimanche 30 mars
 

Jusque tard ce soir nous ne savions pas si nous allions pouvoir accéder à la place Tiananmen demain matin pour la cérémonie de l'arrivée de la torche olympique en Chine. Beaucoup d'incertitudes du côté du comité d'organisation qui, en matière de presse internationale, doit référer pour tout au ministère des Affaires étrangères. Il y a de la nervosité dans l'air, ce qui rallonge les circuits de décision déjà passablement lents. Finalement, nous avons le badge, rendez-vous demain matin avec toute la presse internationale.

 

 

Pékin, samedi 29 mars
 

Je retrouve la ville deux ans après mon dernier passage. Je pensais voir des drapeaux olympiques, partout pavoisant les immenses avenues, mais il y a une telle poussière partout, à cause des chantiers de construction (et de la pollution), qu'ils préfèrent sans doute installer les belles bannières blanches frappées des anneaux olympiques au dernier moment!
 
Dans l'après-midi, séance repérage au stade olympique, encore en construction. C'est l'attraction du week-end pour les Chinois, qui viennent voir par familles entières l'état d'avancement du chantier. Enfants, adultes, grands-parents, on s'y fait photographier dans les grandes largeurs. C'est vrai que la construction en forme de nid d'oiseau est très belle et très spectaculaire. On discute avec des Pékinois, qui affichent leur fierté devant l'organisation de ces Jeux. Le boycott qui menace ? "Cela ne nous fait pas peur, c'est ceux qui sont jaloux de la réussite de la Chine qui disent ça !" Et le Tibet ? "C'est juste des bandits que la police fait bien de ramener au pas. De toute façon le Tibet, c'est la Chine !" Pas de discussion possible.

 
Commentaires (3)

APRES LA SHOAH ,LE MASSACRE AUX YEUX DE TOUS DES TIBETAINS

POURQUOI FAUT IL ATTENDRE DES MILLIERS DE MORTS POUR REAGIR ?
POUR HITLER ,BEAUCOUP DISENT :"ON NE SAVAIT PAS , ON IGNORAIT QU'ILS ETAIENT GAZES.."
ET ,LA POUR LES TIBETAINS ,QUE DIRA -T-ON ,A NOS ENFANTS ??
REAGISSONS TOUS ENSEMBLE , PRENEZ LA PLACE PENDANT 4 MINUTES D'UN TIBETAIN VIVANT A LHASSA A CETTE SECONDE MEME.......
QUE 2008 ,SOIT MARQUE PAR LE REFUS DE CETTE DICTATURE CHINOISE ET SURTOUT POUR LE RESPECT A LA VIE TEL QUE SOIT NOS IDEES......
"OM MANI PADEHUM"
MANTRA QUE LES TIBETAINS REPETENT SANS CESSE EN EGRENANT LEUR CHAPELET QUI SIGNIFIENT :
PAIX A CHAQUE ETRE DU MONDE ENTIER...............
EUX N'ONT JAMAIS CESSE DE PRIER POUR LA TERRE ENTIERE ,MEME POUR LES TORTIONNAIRES.
GRAND PEUPLE !

Le deroulement des jeux olympiques ?

pourquoi les tibetains boycottent-ils les jeux olympiques ? si pekin arrive a établir la paix avec le tibet ? que se^passera 't-il concernant les Jo?

et le JT?

Bonjour Antoine, et merci pour votre JT du matin, vos petites blagues mettent de bonne humeur, malgré tout!
D'où ma crainte: OK, ça va être sympa, la flamme, mais quid du JT matinal?... Allez-vous l'abandonner jusqu'en août? De grâce, non!

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