- Justice - Radovan Karadzic - Serbie
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L'ancien chef des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, inculpé de génocide depuis treize ans, s’est présenté sans avocat pour sa première comparution devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie, à La Haye (Pays-Bas). Il a confirmé qu’il avait décidé de se défendre seul, précisant : "J’ai un conseiller invisible à mes côtés."
Lors de la comparution initiale, le juge a résumé les onze chefs d'inculpation retenus contre Radovan Karadzic - génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité - pour son rôle dans la guerre de Bosnie (1992-1995), qui a fait plus de
100 000 morts et 2,2 millions de déplacés.
Le coup réussi de Karadzic
Radovan Karadzic, 63 ans, est apparu en costume bleu sombre et chemise grise, les cheveux courts et plaqués en arrière. Arrêté le 21 juillet dernier près de Belgrade après onze années de clandestinité, il a été transféré mercredi aux Pays-Bas et a passé sa première nuit dans le centre de détention du TPIY.
Interrogé par le juge néerlandais Alphons Orie sur la décision de se prononcer s’il plaidait coupable ou non coupable, il a répondu : "Je n’ai pas tout à fait fini de lire l’acte d’accusation." "Cela ne m’intéresse pas qu’on me lise la mise en accusation, mais plutôt recevoir la nouvelle mise en accusation et avoir le temps nécessaire pour l’étudier", a-t-il ajouté.
Pris de court, le juge a interrogé le parquet, qui a confirmé qu’une version amendée de l’acte d’accusation était en cour d’élaboration. L’envoyé spécial de FRANCE 24 à La Haye Cyril Vanier estime que "c’est un coup réussi pour Radovan Karadzic".
Cyril Vanier témoigne également de l’étonnement général face à un nouvel acte d’accusation alors qu’il en existe un depuis quinze ans. "C’est peut-être dans l’intérêt du procureur Serge Brammetz de réduire le nombre de chefs d’accusation pour ne garder que ceux qui sont les plus susceptibles de produire des résultats, le génocide par exemple étant difficile à prouver", analyse-t-il.
Radovan Karadzic a alors choisi d’attendre le délai légal de 30 jours avant de se prononcer sur la manière d’assurer sa défense.
La prochaine comparution a été fixée au 29 août, avec l’accord de l’accusé.
L'accusé dénonce des "irrégularités" liées son arrestation
Lors de cette première comparution, Radovan Karadzic a également dénoncé des "irrégularités" autour de son arrestation. Il a aussi contesté la date à laquelle celle-ci avait été annoncée. Il aurait été arrêté trois jours auparavant. Selon Laurent Rouy, correspondant de FRANCE 24 à Belgrade, "la version que Radovan Karadzic avance est sans doute vraie, parce que l’arrestation des criminels de guerre étant très sensible en Serbie,(…) il est très vraisemblable que le gouvernement se soit donné trois jours de réflexion avant d’annoncer l’arrestation au public".
"Vous avez été mal informés autour de la date de mon arrestation (...) Il y a de nombreuses irrégularités en ce qui concerne ma relation avec cette institution (le TPI, ndlr) et ma présence ici. Il y a des irrégularités en ce qui concerne mon arrivée ici", a déclaré Karadzic. Il a également évoqué un "accord" conclu avec le négociateur américain Richard Holbrooke lors de la signature des accords de Dayton (1995) mettant fin à la guerre de Bosnie et dont Holbrooke était l’un des principaux architectes, en échange de son retrait de la vie publique.
Dans interview publiée jeudi par le quotidien russe "Izvestia", Luka Karadzic a affirmé que son frère s’était "préparé" à son arrestation et "compte" sur l'aide de la diplomatie russe.
"Il s'est bien préparé à sa possible arrestation et pense que tout ira bien. Il compte sur l'aide de la diplomatie russe", a déclaré Luka, ajoutant qu’"un ordinateur portable et plus de 50 CD contenant des documents préparés pour se défendre à La Haye ont été saisis par des gens qui l'ont arrêté. Mais personne ne sait qui sont ces gens".






























Commentaires (2)
Beau respect du droit!
Merci whralouf pour cet exemple de respect du droit.
Comment juger en 8 jours les crimes (pour l'instant supposés puisqu'ils n'ont pas été sanctionnés par un jugement) commis en 4 ans de manière quasi quotidienne?
Ce genre de réactions m'effraie, parce qu'elles sous entendent qu'un homme jugé pour des crimes graves perd tout droit. Le droit à se défendre comme il le souhaite, le droit à un respect de sa personne, le droit à un procès juste et équitable. Tant qu'il n'y a pas eu jugement, il est supposé innocent, et par conséquent a les mêmes droits que n'importe qui.
Nier cela, c'est nier le droit international et les droits de l'homme pour des raisons de procès d'intention. C'est du Mc Carthisme, au bas mot!
On ne peut pas, dans une démocratie, à la fois dénoncer des comportements affreux chez les dirigeants, et vouloir bacler des procès. L'Iraqi-amerique a déjà prouvé que de tels procès fantoches sont ridicules et discréditent toute condamnation.. Saddam en est presque devenu un martyr!
Ne nous abaissons pas au niveau de ceux que l'on juge. Bâcler des procès, faire fi du droit, oublier la présomption d'innocence... Un homme qui fait ça serait capable de beaucoup si, en temps de guerre ethnique, il dirigeait des troupes...
Trop de palabres pour ce genre de con...
Il aurait mieux fait d'écouter "son Conseillé" avant de se commettre pour en arriver là.Genre de proces fleuve qui coute trop cher à la communauté qui l'organise et y'a pas besoin d'étre un grand morpho-psy pour vous dire qu'il vous emmerde,mort ou vif d'ailleurs.Je ne peux pas comprendre que ça puisse durer plus de 8 jours.Par contre méme pour ce type d'énergumenne je reste contre les peines capitales,au niouf pain sec et eau claire avec "son Conseiller"...en attendant que ce dernier ne statut sur l'opportunité de tirer la chasse d'eau .
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