Prémonitoire, Mohamed Charfi. A l’aube des années 2000, l’ancien ministre tunisien de l’Education et ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) était persuadé que le président Zine El-Abidine Ben Ali se préparait "à une présidence à vie".
Le plus novateur des ministres de l’Education du monde arabe s’était promis de militer contre l’installation de la Tunisie dans l’immobilisme institutionnel. L’homme s’est éteint le 8 juin dernier sans avoir réussi à briser le monopole politique.
Six semaines après sa disparition, Ben Ali est entré en lice pour un cinquième mandat consécutif. Au pouvoir depuis novembre 1987, il est assuré de prolonger de cinq années son bail à la tête de l’Etat tunisien. Un règne qui en fera le plus ancien chef d’Etat arabe en exercice derrière le Libyen Mouammar Kadhafi et l’Egyptien Hosni Moubarak.
Un système qui impose un monopole présidentiel de fait
Constitutionnellement, la Tunisie n’est pas dans le schéma de la présidence à vie. A la différence de l’ère Habib Bourguiba (1957-1987), la Loi fondamentale actuelle n’assure pas au chef de l’Etat un bail à vie. Pour autant, elle ne remet pas en cause le pouvoir sans partage – et dans la durée – du président.
"Ben Ali n’a pas besoin d’une disposition constitutionnelle pour se maintenir aussi longtemps au palais de Carthage", souligne Béatrice Hibou, chercheur au CNRS (CERI-Science Po) et auteur de "La Force de l’obéissance. Economie politique de la répression en Tunisie" (éditions La Découverte). On est dans un système qui impose un monopole présidentiel de fait et réduit la compétition présidentielle à un exercice de forme."
Le président Ben Ali a initié une politique à deux vitesses. Entre 1987 et le début des années 1990, il s’était démarqué du style Bourguiba, supprimant la présidence à vie, limitant à trois le nombre de mandats présidentiels et libérant prisonniers politiques et syndicalistes.
Elu en 1989, réélu en 1994 et en 1999, il choisit, à partir de 1992, une politique autoritaire au motif que le pays était aux prises avec la menace islamiste. En 2002, une révision constitutionnelle fait sauter le verrou de la limitation des mandats, allonge à 75 ans l’âge maximal pour l’exercice de la fonction présidentielle et garantit l’immunité pénale du locataire de Carthage. La Loi fondamentale se prête désormais à la longévité présidentielle.
Plus que dans tout autre pays arabe, les contre-pouvoirs en Tunisie brillent par leur absence alors que l’opposition est en butte à une situation pour le moins intenable. Au gré de la conjoncture, ses animateurs se démènent comme ils peuvent entre militantisme stérile et compromission. "L’opposition est complètement discréditée, juge Kader Abderrahim, chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Elle s’est complètement marginalisée sous les effets de son compagnonnage avec le pouvoir entre 1987 et le début des années 1990", période au cours de laquelle Ben Ali avait allégé la chape de plomb imposée par Bourguiba.
L'opposition tenue à distance
Selon Kader Abderrahim, l’opposition à même de donner de la voix est réduite à une poignée de figures contraintes à choisir entre l’exil ou la prison, ainsi qu’aux animateurs de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme. A défaut de liberté de la presse et de champ politique ouvert, son rôle est hypothétique. "Dans ces conditions, elle a peu de chances de peser sur le cours des événements et son action pêche par un manque manifeste d’efficacité", souligne Béatrice Hibou.
Habitué aux plébiscites surréalistes, Ben Ali semble désireux, cette fois, de donner plus de couleurs à la course présidentielle. Candidat unique en 1989 et en 1994, il avait affronté, en 1999 et 2004, des "adversaires" réduits au rôle de figurants. A défaut d’amender la Constitution, il a fait adopter récemment une loi exceptionnelle destinée à susciter davantage de candidatures.
Cette mesure exempte les candidats à la présidentielle du parrainage de 30 élus minimum. Dans un pays où l’Assemblée nationale et les collectivités locales élues sont contrôlées à 80 % par le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le challenge présidentiel ressemblait, jusque-là, à une entreprise risquée.
S’il souhaite davantage de "challengers" pour 2009, Ben Ali est néanmoins soucieux de les choisir. Une clause de la loi exceptionnelle limite la joute présidentielle aux seuls chefs de partis élus depuis au moins deux ans. Les observateurs y voient une manœuvre destinée à mettre hors course le seul candidat déclaré jusqu’à présent : Ahmed Néjib Chebbi, fondateur du Parti démocratique progressiste (PDP), dont il n’assure plus la direction.




















Commentaires
C'est malheureux
Oui, c'est malheureux que l'on soit réduits à cela, cet aricle est censuré en Tunisie pourtant il ne raconte que des réalités, honte à vous occidentaux, vous qui nous inculquez des idéologies telles que droits de l'homme et liberté d'expression et qui sous la table vendez des armes à nos dictateurs pour qu'ils nous enlèvent nos droits les plus fondamentaux et de la technologie pour qu'ils nous réduisent au 'cyber-sour-muet". Honte à vous hypocrites.
républiques kk
je vous invite à lire cette lettre ouverte publié sur le blog www.trabelsiautrement.unblog.fr : une lettre ouverte à ceux qui sont majoritaires en Tunisie à préférer que rien ne bouge.
Vers la démocratie..
La réalité c’est que la Tunisie suit le même chemin que celui des pays du sud est asiatique dans les années 60/70. La Corée du sud, Taïwan, Singapour etc.. ( les anciens dragons ) ont été dirigés, à cette époque, par des régimes de droite plutôt « musclés » pour faire face à la Chine maoïste. Cependant, grâce à la bonne gouvernance et à la bonne gestion ces dragons se sont développés rapidement. Ils sont maintenant des démocraties.
La Tunisie sera certainement la première véritable démocratie arabe du nord de la Méditerranée. Elle sera suivie, peut-être, par le Maroc.
La comparaison de la Tunisie avec ses deux voisins aux ressources pétrolières immenses est édifiante : la vie s’améliore beaucoup en Tunisie, sur tous les plans, même pour les opposants au régime. Est ce bien le cas en Libye et en Algérie ?
Nos belles âmes de gauche n’ont pas de mots assez durs pour fustiger le régime tunisien. En réalité, ne se sentent-elles pas plus proches des régimes algérien ou Libyen ?
La première république tunisienne est morte
depuis 1957 jusqu'à 2008, le république tunisienne n'était qu'une république bannière.
loin des visages consommés de cette république amer, c'est l'initiative de la proclamation de la deuxième république en Tunisie qui peut rendre espoir aux tunisiens.
Il n'y a pas de république chez les arabes!
oui chez les arabes il n'y a que les royaumes qui jouent leur rôle d'autorité comme il faut (ba finalement des royaume avec un roi), mais coté république c'est uniquement de nom, mais réellement c'est un pouvoir de dictature absolue qui règne, en Egypte, en Tunisie, au Yemen ou en Lybie, tous des dictateurs qui règnent après avoir destitué les rois commencent d'abord par critiquer les rois puis ils deviennent eux même des empereurs après avoir trahis le peuple par leur démagogie, mais ce sentiment d'être riche et avoir beaucoup d'argent et se sentir au dessus de la loi ça fait partie de la personnalité des arabes. la république n'est pas un bon régime pour les arabes. ces pays doivent choisir des rois après la mort de ces président qui ne meurent pas. ce qui me fait rire c'est que leurs bouches sont assez ouverte quand il s'agit de critiquer les rois alors qu'ils oublient ce que eux même représentent.
pourquoi on a pas vue madame Ben ali pendant la visite de sarkoz
quand on a le pay sois disant de droit de l'homme(france)qui deroule le tapis rouge a ce dictateur le reste des opposents sont reduits a neants(la complicite d'un crime est puni par la loi)et dans cette affaire ce n'est pas les complices qui manque(le maire de paris et tous le gouvernement
Anonyme
Le web tunisien toujours bien censuré
En ouvrent cet article depuis le Tunisie on tombe sur une erreur 404
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C’est seulement par un proxy qu’on peut y accéder je croie que ca résume tout…
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