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Depuis longtemps, l’Argentine accueille des migrants en provenance des pays frontaliers. De nombreux Péruviens, Boliviens et Paraguayens partent pour l’Argentine dans l’espoir d’y trouver de meilleures conditions de vie. La loi argentine sur l’immigration de 2003 a ouvert une période au cours de laquelle tous ces immigrés sans papiers ont la possibilité d’entamer une procédure de régularisation dans le cadre d’un projet nommé « Patria Grande ».
Mais à côté de ce mouvement migratoire traditionnel apparaît une nouvelle donne : l’arrivée d’Africains de l’Ouest en Argentine. Chaque semaine, ils sont une dizaine à demander l’asile. N’étant pas sud-américains, ils ne sont pas concernés par les régularisations, mais ne sont pas pour autant exclus du pays. De fait, ces migrants profitent du flou d’un système qui ne les prend pas en compte. Pourtant, leur présence se fait chaque fois plus visible, car leur physique détonne dans la marée humaine de Buenos Aires.
Dans ce modeste hôtel du quartier de Once, au centre de Buenos Aires, vivent une quarantaine d’Africains. Ils sont cinq à six par chambre. Massamba et ses amis effectuent à tour de rôle la prière du matin avant d’aller travailler. Les conditions de vie sont précaires pour des immigrés venus chercher fortune. Bien que ce quotidien ne soit pas réellement celui qu’ils espéraient, ces Subsahariens prennent leur destin avec philosophie.
« Je connais un peu l’Europe parce que je suis allé en Italie. Mais on ne m’a pas laissé entrer. Je suis resté quatre jours à l’aéroport de Rome. Ici, c’est différent. Il n’y a pas de discrimination. Il n’y a pas de racisme… Enfin pas tellement. Partout il y a des racistes, mais pas comme on en trouve en Europe », explique Pap Youssou, un Sénégalais qui a laissé sa famille à Dakar.
L’Argentine n’est pas une destination commune pour les Africains. Mais les portes de l’Europe se refermant toujours plus, un nouveau courant migratoire est né à la fin des années 1990. Ivoiriens, Nigérians, Sierra-Léonais, Mauritaniens et surtout Sénégalais. Ils seraient environ 6 000 à Buenos Aires. Tous se sont installés en Argentine car il était plus facile d’y entrer et d’y rester.
« Je suis venu en avion. Je suis passé par le Brésil. Ici c’est tranquille. Il y a de la paix », s’enthousiasme Babacar Diouf, à bord du bus qui l’emmène à San Telmo, un vieux quartier de Buenos Aires. La paix pour Babacar, c’est la fin du délit de faciès, des contrôles d’identité systématiques.
Ces marcheurs impénitents tirent leurs revenus d’une activité illégale, la vente ambulante de bijoux. C’est, pour tous, une manière de gagner un peu d’argent et d’envoyer au pays jusqu'à 250 euros par mois. Avec un contact facile, ces rois de la palabre sont généralement bien reçus.
« L’Argentine a une loi d’immigration très souple. Un exemple concret : une personne arrive ici, et alors même qu’elle est en train de réaliser les démarches de demande de résidence ou d’asile, elle peut obtenir un numéro d’identification qui lui permet de travailler », explique Sergio Bertini, coordinateur de l’association Migration et réfugiés en Argentine (Myrar) qui vient en aide aux demandeurs d’asile.
Dans la mosquée de Constitución, un des rares lieux de rencontre pour toute la communauté africaine, on s’échange quelques tuyaux, ses impressions du quotidien. Et on commente, bien sûr, les récentes lois votées en Europe en matière d’immigration.
« Ils ont fermé toutes les portes pour les Africains. Moi, ça me fait mal au cœur cette politique de séparation des races », déplore Moustapha Lo, un chef religieux de la ville-sainte de Toba au Sénégal.
En réalité, seuls les Sud-Américains accèdent facilement à la résidence argentine. Mais l’absence de contrôle permet aux immigrés clandestins de prolonger un statut précaire.
« La première semaine, je suis allé à l’immigration. Ils m’ont donné un papier, ‘la precaria’, une résidence précaire… Bon, je dois le renouveler tous les mois », semble regretter Abdoul Aziz M’Baye qui cherche un emploi dans une pharmacie et une résidence temporaire ou permanente pour faciliter son intégration.
La Constitution argentine affirme textuellement que « l’Etat se doit de favoriser l’immigration européenne ». Un héritage qui semble bien en décalage avec la nouvelle donne migratoire.


























Commentaires (1)
demande de résidence
avant tout mes salutations les plus sincers .je souhete vrément venir travailler chez vs c'est la ceul chose qui me preoccupe.je vs pris d'accepter ma demande .merci