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Pékin lève partiellement la censure sur Internet

Dernière modification : 07/08/2008

Le président chinois Hu Jintao, qui appelle les journalistes à "ne pas politiser" les JO, a levé la censure pesant sur plusieurs sites Internet, comme celui d'Amnesty International. Mais Pékin continue d'en bloquer beaucoup d'autres.

Le gouvernement chinois a commencé à lever les restrictions d’accès à certains sites Internet.

Un journaliste de l’AFP sur place a constaté que le site d’Amnesty International, et celui de Reporters sans frontières étaient accessibles depuis Pékin, tandis ceux de dissidents et de pro-tibétains ou ceux consacrés au mouvement spirituel Falun Gong ne l’étaient toujours pas.

Et pour cause, la confusion règne sur les termes employés. La définition d’un "accès entièrement libre à Internet" ne semble pas être la même pour tout le monde, même au sein du Comité international olympique (CIO).

Après le tollé provoqué par les déclarations des autorités chinoises, qui étaient revenues sur leur décision d’accorder un accès "entièrement libre" aux journalistes pendant les Jeux, la vice-présidente du CIO, Gunilla Lindberg, a annoncé que le problème de la censure avait été résolu.

Le CIO estime le problème résolu
 
"La commission de coordination du CIO et le Comité d'organisation des Jeux de la XXIXe Olympiade de Pékin se sont mis d’accord cette nuit", a-t-elle annoncé à Reuters. "L’utilisation de l’Internet se fera comme pendant tous les autres JO."

Une nouvelle censée calmer les esprits, puisque certains journalistes accrédités ne pouvaient pas accéder aux sites de leurs médias comme ceux de la Deutsche Welle ou de la BBC en chinois.

Cependant, le responsable de la presse du Comité international olympique, Kevan Gosper, a nuancé ces propos. S’il a confirmé le déblocage de certains sites de médias, il a reconnu que le gouvernement continuera d’interdire l’accès vers des sites qu’il juge subversifs.

"Il y aura des sites bloqués, comme ceux qui proposent des contenus pornographiques ou ceux qui, selon l’opinion du gouvernement national, vont à l’encontre de l’intérêt national, et c’est normal dans la plupart des pays du monde", a déclaré Kevan Gosper.

Pékin continuera d'interdire l'accès vers certains sites

Eric Meyer, journaliste indépendant depuis 20 ans à Pékin et auteur du livre "Bon chat chinois prend la souris"
, n’est pas surpris par l’attitude du gouvernement chinois. "La chine engloutit des milliards d’euros chaque année pour censurer ses détracteurs, ce n’est pas pour autoriser un accès totalement libre, même pendant 15 jours. Le risque que les sites des dissidents à l’extérieur du pays soient accessibles par les gens à l’intérieur du pays est trop important", explique-t-il.
 
L’accès vers certains sites, bloqués en temps normal, comme celui de Reporters sans frontières ont donc été autorisés, mais il est presque acquis que l’accès "entièrement libre" promis par les Chinois ne le sera jamais. Les jeux de mots du CIO n’y changeront rien.

Première publication : 01/08/2008

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