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Le président serbe prêt au bras de fer sur le Kosovo

Dernière modification : 03/08/2008

La Serbie ne renonce pas à ses prétentions sur son ancienne province du Kosovo, selon le président Tadic. La Serbie est prête à multiplier les gestes facilitant son rapprochement avec l'UE, mais exige des négociations sur le statut du Kosovo.

BELGRADE - Si la Serbie garde comme objectif ultime l'adhésion à l'Union européenne, elle ne renoncera pas pour cela  ses prétentions sur son ancienne province du Kosovo, a affirmé dimanche le président Boris Tadic.
 

Le président serbe a par ailleurs assuré que son pays continuerait à rechercher les personnes soupçonnées de crimes de guerre, après l'arrestation de l'ancien président des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, geste qui a permis à la Serbie de se rapprocher de l'UE.
 

"L'adhésion de la Serbie à l'UE relève du plus haut intérêt national, et ce gouvernement n'y renoncera pas", a affirmé Tadic
lors d'une conférence de presse, qui marquait sa première intervention publique depuis l'arrestation de Karadzic, le 21 juillet.

 
Belgrade, a-t-il toutefois souligné, ne renoncera pas à sa revendication sur le Kosovo et la défendra sur les plans diplomatique et politique.

 
"La Serbie n'abandonnera jamais son intégrité territoriale et sa souveraineté", a-t-il déclaré.

 

BELGRADE POURRAIT SAISIR LA CIJ

 
La majorité albanaise du Kosovo a déclaré son indépendance en février de façon unilatérale. Le nouvel Etat a été reconnu par de nombreux pays de l'Union européenne, mais pas par l'UE elle-même.

 
La Serbie, qui dispose du soutien de la Russie, exige davantage de négociations sur le statut du Kosovo.

 
Tadic a fait savoir que la Serbie chercherait à porter la question de la légalité de la déclaration d'indépendance du Kosovo devant la Cour internationale de justice.

  
Une telle stratégie serait de nature à contrarier l'UE, avait auparavant indiqué, dimanche, l'ambassadeur britannique à Belgrade, ajoutant que l'adhésion de la Serbie pourrait en être compliquée.

 
L'Union européenne souhaite envoyer une mission de police, "Eulex", au Kosovo, et une décision de la CIJ favorable à la Serbie risquerait de compromettre ce projet, déjà retardé aux Nations unies en raison de l'opposition russe.

 
Tadic a assuré que la force Eulex pourrait se déployer du moment qu'elle disposerait de l'aval du Conseil de sécurité de l'Onu, une condition en pratique impossible à obtenir du fait du droit de veto dont dispose Moscou.

 
Le président serbe a en outre rejeté les critiques et menaces proférées par les milieux ultranationalistes serbes après l'arrestation de Karadzic, et affirmé que la coopération de Belgrade avec le Tribunal pénal international de La Haye était l'une des priorités de son mandat.

 
"Je suis prêt à prendre des risques pour mon programme, qui ouvre de nouvelles perspectives aux citoyens serbes", a-t-il
ajouté.

Première publication : 03/08/2008

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