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Ouverture de la 17e conférence internationale sur le sida

Dernière modification : 04/08/2008

La 17e conférence internationale sur le sida s'est ouverte à Mexico. Elle s'étale sur six jours et porte notamment sur les discriminations dont souffrent les porteurs du virus. La pandémie touche 33 millions de personnes dans le monde.

La conférence mondiale sur le sida, la 17e du genre et la première en Amérique latine, s'est ouverte dimanche soir à Mexico avec des discours vibrants demandant au monde de ne "jamais abandonner le combat" et un engagement de l'Onu à travailler à "mobiliser les fonds".

Des danseurs en blanc et rouge, des chanteurs, des tambours et de grandes marionnettes mexicaines avaient lancé la cérémonie à l'auditorium national au centre de Mexico.

Debout, les cinq mille personnes présentes ont applaudi plusieurs minutes Karen Dunaway Gonzalez, la jeune hondurienne de 12 ans séropositive, venue leur demander au nom des 33 millions de séropositifs dans le monde, des médicaments, d'être acceptés dans les écoles et de ne pas être discriminés.

"Beaucoup d'entre nous voulons être médecin, instituteurs. Je veux être chanteuse, mais réaliser ces rêves ne sera possible que si les médicaments sont garantis, que si l'on nous accepte dans les centres éducatifs et que si l'on nous laisse grandir sans violence, stigmatisation ou discrimination", a-t-elle lancé.

"Que nos gouvernements prennent en compte notre opinion et nos besoins", a-t-elle conclu.

Dans la lutte contre le sida, "nous pouvons et nous devons faire mieux", a affirmé d'entrée Pedro Cahn, président de la société internationale du sida, qui organise cette conférence sur le thème "Agir partout maintenant".

Il a reconnu qu'"après tant de progrès", le monde ne semblait pas prêt à tenir l'engagement formulé en 2006 par l'Onu d'un accès pour tous au traitement et à la prévention en 2010.

Mais, a-t-il poursuivi, "ne pas tenir ces engagements aura un impact sur des millions de vies, et on ne peut pas permettre que cela arrive". "La victoire est encore à notre portée", a-t-il ajouté.

Peter Piot, directeur exécutif de l'Onusida, qui gère le programme de l'Onu sur la pandémie, a pris le relais, citant Bob Marley, le poing levé : "N'abandonnez jamais le combat !".

"Nous entrons dans une nouvelle phase, parce que nous avons maintenant des résultats sur une grande échelle", a-t-il déclaré. "Pour la première fois, moins de gens meurent du sida, et moins de gens sont infectés".

"La fin du sida n'est pas en vue", a-t-il ajouté. "Mais nous l'emporterons!".

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a admis qu'"un effort plus important est requis", affirmant que "les budgets devront considérablement augmenter au cours des prochaines décennies". "Comptez sur moi, je travaillerai à mobiliser les fonds, et à ce que le sida reste une priorité pour les Nations unies", a-t-il affirmé.

Enfin le président mexicain Felipe Calderon a été ovationné quand il a annoncé que son gouvernement fournirait gratuitement les médicaments antirétroviraux au séropositifs et qu'il autorisera progressivement les laboratoires pharmaceutiques étrangers à commercialiser leurs médicaments au Mexique, même s'ils n'y ont pas d'unités de production, une obligation jusqu'à ce jour pour vendre ces produits au Mexique.

La conférence réunit jusqu'à vendredi quelque 22.OOO personnes, chercheurs, scientifiques, associatifs, militants et patients qui vont discuter aussi de toutes les questions autour du sida, des recherches sur les traitements ou le vaccin à la discrimination dont souffrent les séropositifs dans plusieurs régions du monde.

La prévention -circoncision, préservatifs...- sera au premier rang des préoccupations. "La prévention de nouvelles infections doit être notre priorité numéro 1, notre priorité numéro 2 et notre priorité numéro 3", a déclaré dimanche soir l'ex-président du Bostwana Festus Mogae.

Mais on évoquera aussi les défis à affronter pour parvenir, un jour, à trouver un vaccin ou élaborer un gel microbicide.

Le nombre des personnes affectées par le virus atteignait 33 millions en 2007, avec l'an dernier pas moins de 2,7 millions de nouveaux cas. Samedi les chiffres concernant les Etats-Unis ont été révisés à la hausse, de 40.000 personnes infectées à 56.300 en 2006.

Première publication : 03/08/2008

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