- Chine - Jeux olympiques
Lisez l'analyse : La menace terroriste en Chine
L’attentat qui a visé lundi la police chinoise dans la province du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, marque, à quatre jours de l’ouverture des Jeux olympiques de Pékin, un tournant certain. "On est entré dans un cycle de provocation-répression", a déclaré à FRANCE 24 Jean-Vincent Brisset, directeur de recherches à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), qui dénonce par ailleurs un "ethnocide" perpétré par la Chine à l’encontre de la communauté musulmane ouïghoure, que la police estime, à mots à peine couverts, responsable de cette attaque.
"Il y a une caisse de résonnance avec les JO. Les Chinois ont fait un énorme effort de surveillance et ont trouvé des choses", explique-t-il. A la mi-juillet, deux activistes ouïghours avaient ainsi été condamnés à mort pour liens avec le Mouvement islamique du Turkestan oriental, qui dément les accusations de terrorisme portées à son encontre par Pékin. Selon les médias officiels, des dizaines de personnes soupçonnées de préparer des opérations de sabotage des JO ont en outre été arrêtées au Xinjiang.
"Le plus lourd bilan jamais enregistré"
L'attaque a touché un poste de la police des frontières à Kashgar, une ville à majorité ouïghoure. A bord d'un camion, deux hommes ont foncé sur un groupe de policiers qui faisaient leur jogging matinal, précise l'agence officielle Chine nouvelle. Ils sont sortis du camion en lançant des engins explosifs artisanaux et ont poignardé des policiers.
Toujours selon la presse officielle, au moins 16 policiers auraient été tués et 16 autres blessés. "Si cela se confirme, il s'agira du plus lourd bilan jamais enregistré dans une attaque au Xinjiang", note Nicholas Bequelin, qui travaille sur la Chine pour l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch.
Cet attentat intervient dans un climat particulièrement tendu, le Xinjiang abritant une importante communauté musulmane ouïghoure, présentée par les autorités chinoises comme une des principales menaces potentielles sur la sécurité des Jeux olympiques de Pékin. De leur côté, les organisations de défense des droits de l'Homme et les Ouïghours vivant en exil estiment que Pékin exagère la menace de violences au Xinjiang et alimente le mécontentement de la population de la province en poussant des Han (ethnie majoritaire de Chine) à s'y installer.
Coup de bluff ?
Difficile de mesurer la réalité de la menace terroriste ouïghoure. Est-on face à "un grand coup de bluff chinois", comme l’estimait l’historien Thierry Wolton avant l'attentat de lundi, ou bien à un groupe organisé ? Pour Jean-Vincent Brisset, qui parle, lui, de "nébuleuse islamique", l’attaque de ce lundi rend caduque la thèse du bluff. Selon lui, "on est face à des gens qui voudraient créer un climat. On ne sait pas combien ils sont, de quels moyens ils disposent ni dans quelle mesure ils sont infiltrés, mais assurément les services de renseignement chinois travaillent dessus". Et de rappeler que pour les Ouïghoures, peuple de tradition nomade, la notion de frontière est historiquement très floue. Géographiquement aussi, tant les frontières – surtout montagneuses – sont très poreuses. Une ville comme Kashgar se situe ainsi au carrefour de la route de la soie, celle qui, dans sa branche nord, mène au Kirghizstan et, dans sa branche sud, vers le Pakistan.






























Commentaires (3)
Remarque
Je trouve franchemant choquant que pour parler de ce fait inquietant l'on utilise les mots "terroristes" et "attentats"quand on montre en arriere plan un muslman qui fait son absolution et qui se nettoie pour sa priere , comment vulez vous que par la suite on ne rentre pas dans les amalgames .
Enfin!
j'espère bien que les USA soutiennent les musulmans de la Chine pour la contrer, mais sans avoir les mêmes objectifs qu'ils ont eu en Afghanistan, car si le cas je préfere que les musulmans soient sous autorité chinoise c'est plus directe et moins hypocrite.
signé al-cia ?
on parie que al-cia est derrière ce merdier???
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