Le président du Congrès national africain (ANC) Jacob Zuma va tenter d'obtenir un non-lieu lundi lors de son audition par un tribunal dans le cadre d'une enquête pour corruption qui pourrait l'empêcher de briguer la présidence de l'Afrique du Sud l'année prochaine.
Des milliers de partisans de Zuma sont attendus à Pietermaritzburg, où Zuma sera entendu par les juges de la plus
haute juridiction de la ville.
Zuma, qui a succédé en décembre à l'actuel chef de l'Etat Thabo Mbeki à la tête du parti du pouvoir, est soupçonné d'avoir
reçu plusieurs centaines de milliers de dollars de pots-de-vin de la société de défense française Thint (Thalès International).
Zuma est poursuivi pour corruption, fraude, blanchiment et escroquerie. Il nie toute irrégularité et s'est engagé à démissionner s'il est condamné.
Dimanche soir, ses partisans commençaient à se rassembler dans le centre de Pietermaritzburg, scandant "Qui vous a dit que Zuma était coupable?". D'autres portaient des chapeaux sur lesquels était écrit "Jacob Zuma président d'Afrique du Sud".
Les activités commerciales devraient être interrompues lundi dans le centre de la ville, dont plusieurs rues ont été fermées.
Les partisans de Zuma accusent des proches de Mbeki d'avoir relancé cette procédure afin de saper les ambitions politiques de leur favori.
Les deux hommes sont en conflit depuis que Mbeki avait démis Zuma de la vice-présidence de l'ANC en 2005, en raison de son implication dans une affaire de corruption dans laquelle l'ancien conseiller financier de Zuma a été condamné.
Zuma avait de son côté bénéficié d'un non-lieu pour vice de procédure, mais le ministère public l'a de nouveau inculpé peu après qu'il eut pris la tête du parti.
"Tout au long de cette enquête et de ces poursuites, les droits du président de l'ANC ont été violés de façon répétée", a
dit la ligue des jeunesses de l'ANC dans un communiqué. L'organisation a également appelé Mbeki à démissionner.
Zuma entretient des liens étroits avec les syndicats et la gauche, notamment le Parti communiste. Les milieux d'affaires
s'inquiètent de sa possible arrivée au pouvoir.
L'audience devrait se poursuivre jusqu'à mardi. Si Zuma est débouté, il pourrait déposer une recours devant la Cour suprême pour tenter de nouveau d'obtenir un non-lieu.






Commentaires
Réagir à cet article