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La Corée du Sud crispée par la visite de Bush

Dernière modification : 06/08/2008

La fin de l'interdiction des importations de bœuf américain avait mis le président sud-coréen en mauvaise posture. A tel point que la première étape du président Bush en Extrême-Orient doit se faire sous haute protection.

 

Le président américain George W. Bush débute à Séoul une tournée de trois étapes en Asie du Sud-Est. Une visite qui fait polémique dans le pays, alors que le gouvernement coréen a récemment pris la décision controversée de mettre fin à l’interdiction d’importer du bœuf américain (en vigueur depuis 2003).

 

Plus de 20 000 policiers ont été déployés pour contrôler les manifestations – pro- et anti-Bush – qui doivent avoir lieu.

 

George w. Bush doit rencontrer le nouveau président sud-coréen, le pro-américain Lee Myung-bak, pour la troisième fois depuis leur sommet à Camp David en avril 2008. "Cette visite vise à mettre l’accent sur la force de l’alliance entre Washington et Séoul, l’une des lignes directrices de la politique du nouveau gouvernement conservateur", explique Olivier Thomas, correspondant de FRANCE 24 dans la capitale sud-coréenne.

 

Au menu des discussions : la délicate question du désarmement nucléaire nord-coréen. Alors que Pyongyang se rapproche peu à peu de Washington, ses relations avec Séoul sont au point mort depuis qu’une Sud-Coréenne a été tuée en juillet en territoire nord-coréen, dans le complexe touristique du Mont Kumgang. Elle avait pénétré dans une zone militaire.

 

Séoul pourrait demander à Washington de ne pas retirer la Corée du Nord de la liste des Etats terroristes, ce que demande depuis longtemps par Pyongyang. Bush a pourtant annoncé qu’il comptait bien le faire le 11 août à une condition : que la Corée du Nord accepte les procédures de vérification de l’inventaire que celle-ci a fait de ses activités nucléaires.

 

"Le bœuf américain est le catalyseur du sentiment anti-Bush"

 

Les deux présidents doivent également tenter de faire approuver par leurs parlements respectifs un accord bilatéral de libre-échange signé en 2007 et qui doit augmenter de 25 % le commerce entre les deux pays. Il est toutefois improbable que celui-ci soit ratifié avant la fin du mandat de George W. Bush.

 

La décision du président Lee de reprendre les importations de bœuf américain, qui visait l’origine à préparer le terrain pour cet accord de libre-échange, a déclenché des mois de manifestations massives et parfois violentes dans la capitale sud-coréenne. De nombreux Sud-Coréens assimilent toujours le bœuf américain à la maladie de la vache folle, malgré les mesures de sécurité sanitaire supplémentaire promises par leur gouvernement.

 

"La question du bœuf américain est devenu le catalyseur d’un mécontentement croissant vis-à-vis du gouvernement actuel. La popularité du président Lee stagne en dessous des 20 % - une première dans l’histoire coréenne", explique Olivier Thomas.

 

Dans ce contexte, l’appel de George W. Bush à la Corée du Sud en faveur d'un déploiement de soldats plus important en Afghanistan pourrait ne pas être bien accueilli. Lee s’efforce en effet de revenir dans les bonnes grâces de l’opinion.

 

Le président Bush va aussi rendre visite aux troupes américaines basées en Corée du Sud : une autre pomme de discorde entre les deux pays.

Première publication : 05/08/2008

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