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Sarkozy ne rencontrera pas le dalaï-lama à Paris

Dernière modification : 07/08/2008

Le dalaï-lama, qui sera en France du 12 au 23 août, n'a pas sollicité d'entretien avec le président français. Les autorités chinoises avaient brandi la menace "de conséquences graves" si une telle rencontre avait eu lieu.

Nicolas Sarkozy assistera vendredi à l'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, un voyage express controversé, et a indiqué mercredi qu'il ne recevrait pas le dalaï lama, qui ne l'a pas "demandé", lors de la prochaine visite du dignitaire tibétain en France.

Au final, le chef de l'Etat n'aura pas à trancher l'épineuse question d'une rencontre avec le chef spirituel et politique des Tibétains en exil, qui aurait fort déplu aux autorités chinoises, sur fond de tensions persistantes entre les deux pays. Ces dernières avaient d'ailleurs brandi la menace "de conséquences graves".

Mercredi, le plus proche conseiller du dalaï lama Tenzin Takla a en effet affirmé qu'"aucune rencontre n'était prévue" pendant son séjour en France à compter du 11 août et qu'il n'y avait pas eu de "demande" dans ce sens.

"Le président de la République comprend les raisons qui conduisent le dalaï lama, compte tenu des circonstances présentes, à ne pas solliciter un entretien durant son séjour au mois d'août en France", a indiqué quelques heures plus tard l'Elysée dans un bref communiqué.

La présidence n'a pas précisé les "raisons" du leader tibétain, mais selon un porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé, le dalaï lama souhaite ainsi "garantir la progression" du dialogue avec les autorités chinoises en tenant compte du "contexte chinois actuel, marqué par des attentats récents et meurtriers et une tension liée au bon déroulement des Jeux Olympiques".

Le président délèguera symboliquement son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, à une "cérémonie religieuse présidée par le dalaï lama qui marquera l'inauguration le 22 août d'un important temple bouddhique", selon l'Elysée.

Cet épilogue intervient à la veille du voyage express du chef de l'Etat à Pékin, après qu'il eut longuement entretenu le suspense sur sa présence à la cérémonie d'ouverture.

Dans une interview à Chine Nouvelle le président français a célébré mercredi "l'amitié historique, indéfectible et inébranlable" entre Paris et Pékin, à qui il décerne même une "médaille d'or" pour l'organisation des JO.

Avant les festivités, Nicolas Sarkozy rencontrera son homologue Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao pour évoquer de "nouveaux projets" communs.

C'est finalement début juillet qu'il avait annoncé sa décision d'aller à Pékin comme président français, mais également président de l'UE, après "consultation" de ses partenaires européens.

Les numéros un d'Allemagne, d'Italie et de Grande-Bretagne s'en sont pour leur part dispensés.

"Choqué" par la répression des émeutes au Tibet en mars, le chef de l'Etat avait réservé sa réponse, la conditionnant à la reprise du dialogue entre les Chinois et les représentants du dalaï lama qui a bien eu lieu mais que ces derniers n'estiment pas fructueux.

Mais dans le même temps, il avait dépêché à Pékin plusieurs personnalités politiques pour tenter de calmer la colère des Chinois après le passage très houleux de la flamme olympique à Paris. Des appels au boycott des produits français avaient été lancés.

Nicolas Sarkozy est toujours attendu au tournant par les défenseurs des droits de l'Homme qui ont dénoncé sa venue aux Jeux.

Selon Daniel Cohn-Bendit, le chef de l'Etat s'est engagé à évoquer le sort de prisonniers politiques. A sa demande, trois listes de noms lui ont été confiées, a assuré l'eurodéputé.

"Pas de commentaire" côté Elysée, mais M. Paillé a assuré que le chef de l'Etat remettrait bien une liste à ses interlocuteurs chinois.

Première publication : 06/08/2008

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