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Un sommet régional annulé après des violences

Dernière modification : 06/08/2008

Cinq jours avant un référendum sur le mandat d'Evo Morales, des violences se sont abbatues sur la principale mine d'étain, provoquant la mort de deux personnes. Les dirigeants vénézuélien et argentin ont renoncé à se rendre en Bolivie.

A cinq jours d'un référendum sur le mandat présidentiel d'Evo Morales, deux personnes au moins ont été tuées et de nombreuses autres blessées mardi en Bolivie où les dirigeants vénézuélien et argentin ont renoncé à se rendre.
 
Hugo Chavez et Cristina Fernandez devaient participer avec le président bolivien à un sommet consacré à l'énergie. Mais des dizaines de manifestants ont tenté de forcer l'accès à l'aéroport de Tarija, dans le sud du pays, où les deux chefs
d'Etat étrangers étaient attendus.
 
L'armée a fermé l'aéroport. "La suspension (de ce sommet) a été décidée en raison de ces actes de violence, de provocation et d'intolérance soutenus par des bandes de groupes fascistes, conservateurs et rétrogrades", a dénoncé le vice-président bolivien, Alvaro Garcia.
 
Les deux décès sont survenus eux lors d'affrontements entre mineurs grévistes et forces de l'ordre dans la principale mine d'étain du pays.
 
Les violences se sont produites sur le site de Huanuni, où les mineurs sont en grève pour réclamer la retraite à 55 ans et
un relèvement des pensions. Elles ont éclaté lorsque des policiers ont tenté de déloger des grévistes qui bloquaient une
route, a précisé le ministre de l'Intérieur, Alfredo Rada.
 
"C'est un massacre, et la responsabilité en revient au seul (président) Evo Morales", a dénoncé le leader syndical Felipe
Machaca au micro de radio Erbol.
 
La mine de Huanuni, à 260 km au sud de la capitale, La Paz, est régulièrement le théâtre de mouvements sociaux et de
troubles. En avril, les mineurs avaient fait grève pendant douze jours. Fin 2006, la production avait été stoppée plusieurs
semaines à la suite de violents affrontements entre des groupes rivaux de mineurs qui avaient fait 18 morts.
 
La Bolivie vit sous tension à l'approche du référendum révocatoire de dimanche, lors duquel Evo Morales a accepté de
remettre son mandat en jeu.
 
Pour son ministre de l'Intérieur, ces incidents sont politisés. "Ces manifestations ont un fond politique, ils veulent que (Morales) perde le référendum", a dit Rada.
 
Ces derniers jours, l'opposition a multiplié grèves de la faim, barrages routiers et autres manfiestations contre Morales,
premier président bolivien issu de la communauté indienne.
 
Le référendum de dimanche concernera également huit des neuf gouverneurs de province élus en même temps que Morales, en 2005.
 
D'après les sondages, Morales devrait être confirmé dans ses fonctions, de même que les gouverneurs hostiles à sa politique de nationalisation de secteurs névralgiques de l'économie, comme l'énergie ou les télécommunications. Les consultations de dimanche ne devraient par conséquent pas modifier l'équilibre des forces politiques et le blocage qu'il entraîne.
 
Populaire dans l'Ouest andin de la Bolivie, Morales fait face en revanche à une opposition croissante à Tarija et dans
d'autres provinces de l'Est, où se développent des mouvements autonomistes.

Première publication : 06/08/2008

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