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La justice américaine estime l'affaire de l'anthrax résolue

©

Dernière modification : 07/08/2008

Désigné par la justice comme le seul responsable de l'envoi des lettres à l'anthrax qui avaient fait cinq morts en 2001 aux États-Unis, le Dr Ivins travaillait dans un laboratoire militaire américain. Il s'est suicidé il y a une semaine.

Sept ans après l'envoi de lettres empoisonnées à l'anthrax qui ont fait 5 morts en 2001 aux Etats-Unis et une semaine après le suicide du principal suspect, la justice américaine a affirmé mercredi avoir résolu l'affaire, désignant ce biologiste comme seul responsable.
   
Ces envois, notamment destinés à deux sénateurs mais aussi à des médias, avaient terrorisé l'Amérique dans le sillage des attentats du 11-Septembre 2001.
   
En plus des cinq décès, 17 personnes avaient été contaminées par la poudre blanche contenant le bacille du charbon, une bactérie qui engendre une maladie rapidement mortelle, se manifestant par de sévères infections cutanées et une détresse respiratoire.
   
Mercredi, la justice a annoncé que le cas était considéré comme résolu, même s'il n'est pas immédiatement clos dans l'attente de procédures administratives.
   
"En nous fondant sur la totalité des preuves que nous avons réunies contre lui, nous sommes sûrs que le Dr (Bruce) Ivins était la seule personne responsable de ces attaques", a déclaré le procureur fédéral du District de Columbia, Jeffrey Taylor au cours d'une conférence de presse.
   
Bruce Ivins, 62 ans, un scientifique travaillant dans le laboratoire militaire de Fort Detrick (Maryland, est), d'où s'est avéré provenir l'anthrax, s'est suicidé le 29 juillet. Il souffrait de multiples problèmes psychologiques, a indiqué le procureur.
   
"Au terme d'une enquête méticuleuse, nous sommes arrivés à la conclusion que le Dr Bruce E. Ivins est responsable de la mort, de la maladie et de la peur causées dans notre pays par les envois de lettres empoisonnées à l'anthrax en 2001 et qu'au vu des preuves, il a agi seul", a précisé Joseph Persichini, responsable d'enquête au FBI.
   
Les autorités judiciaires américaines ont rendu publics mercredi les documents sur l'enquête, baptisée du nom de code d'Amerithrax, compilant des dizaines de documents de perquisitions, de témoignages et de dépositions.
   
L'enquête a été critiquée, accusée de reposer essentiellement sur des preuves indirectes.
   
"Des milliers de plaignants et des milliers de tribunaux dans ce pays (...) se basent sur des preuves indirectes", a rétorqué le procureur mercredi.
   
Il a cité un "flacon" qui aurait contenu "l'arme du meurtre", l'anthrax créé par le Dr Ivins, un comportement "étrange" lorsque le scientifique restait tard le soir au laboratoire au moment des envois de lettres empoisonnées et des défauts dans les enveloppes pré-imprimées qui n'auraient été vendues que dans le bureau de poste voisin du domicile de M. Ivins à Fredericks dans le Maryland.
   
Bruce Ivins a montré en outre "un comportement et fait un certain nombre de dépositions qui suggéraient une conscience de sa culpabilité", a encore affirmé le procureur, évoquant un échantillon erroné d'anthrax que le suspect avait fourni au FBI pour "mettre les enquêteurs sur une fausse piste".
   
Le biologiste, qui était sous surveillance 24 heures sur 24 ces derniers mois, s'était plaint d'être persécuté par l'enquête du FBI avant de se suicider par overdose de médicaments. "Cela est catégoriquement faux. Les agents du FBI sont des professionnels responsables", a démenti le procureur.
   
Mais les avocats de Bruce Ivins ont dénoncé les conclusions du département de la Justice: "la conférence de presse du gouvernement était une danse orchestrée de mots minutieusement choisis, un amas d'insinuations et un manque stupéfiant de preuves concrètes", ont-ils dit.
   
"Le gouvernement veut faire croire au peuple américain qu'après sept ans d'enquête et 15 millions de dollars des contribuables, il a trouvé le responsable des attaques haineuses de l'automne 2001. Rien n'est plus faux", conclut l'un des avocats du suspect disparu, Paul Kemp.
 

Première publication : 07/08/2008

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