Retrouvez l'Entretien de France 24, daté du 29 octobre 2007, avec le président mauritanien déchu.
La junte ayant pris le pouvoir mercredi en Mauritanie a promis jeudi à Nouakchott une élection présidentielle "libre et transparente" dans "une période qui sera la plus courte possible."
Les militaires qui ont renversé le président mauritanien, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, et son Premier ministre, Yahya Ould Ahmed Waghf, se sont organisés en créant un Haut conseil d’Etat, composé de 11 militaires et dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.
Sa première décision a été d’annuler le décret présidentiel limogeant les généraux Ould Cheikh Mohamed Ahmed et Mohamed Ould Abdel Aziz qui avait mis le feu aux poudres. Le ministre de la Communication l’a qualifié, à la télévision d’Etat, comme "nul et sans effet".
"La décision du président Abdallahi de congédier ces membres de son cabinet a été au cœur de ce coup d’Etat", indique Billy O’Kadameri, journaliste Afrique pour Radio France Internationale dans une interview accordée à FRANCE 24. "Il les a congédié par mesure préventive, car il les suspectait de comploter avec des rivaux politiques pour l’évincer de la présidence. Mais les chefs militaires ont beaucoup d’influence, et c’est bien lui qui a été chassé du pouvoir", poursuit M. O’Kadameri.
Le Haut conseil d'Etat "prendra les dispositions qui s'imposent en vue de garantir la continuité de l'Etat et de superviser en concertation avec les institutions, les forces politiques et la société civile la tenue d'une élection présidentielle permettant de relancer le processus démocratique dans le pays et de le refonder sur des bases pérennes", précise le communiqué.
Le Haut conseil d'Etat "s'engage à respecter tous les traités et engagements internationaux liant la Mauritanie", conclut le communiqué.
Un coup d’état sans violence
Les observateurs évoquaient un coup d’Etat, pour le moment sans violence. "Aucune violence n’a été constatée, observe le correspondant de FRANCE 24 à Nouakchott, Hamdi Ould El Hacen. Il y a une coupure générale d’électricité – sans doute une décision des militaires - et les gens sont assoiffés d’informations sur le sort du président de la République et de son Premier ministre".
Une version confirmée par un des observateurs de FRANCE 24 vivant dans la capitale. "Le coup d'Etat s'est déroulé tranquillement, sans violence ni coup de feu. La population reste très calme. On voit des 4X4 qui roulent avec la photo du nouveau président, le général Abdel Aziz, chef de la garde présidentielle qui a été limogé hier soir en compagnie de deux autres généraux."
La situation était calme dans la capitale, où des militaires étaient positionnés près de la présidence et aux environs des locaux de la radio et de la télévision, qui avaient cessé d’émettre dans la matinée. L'aéroport international de Nouakchott a été rouvert dans la soirée.
Un recul démocratique évident
En mars 2007, Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait été le premier président démocratiquement élu depuis l'indépendance du pays, en 1960. "L’armée mauritanienne avait joué un rôle majeur dans cette transition démocratique", explique Jean-Bernard Cadier, spécialiste politique internationale de FRANCE 24. "Il n’est pas exclu qu’elle soit en train de la refermer."
Le président renversé estimait que les généraux étaient derrière la crise politique en Mauritanie. Celle-ci avait abouti à la démission, le 4 août, de 25 députés et de 23 sénateurs pourtant issus de la formation présidentielle, le Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD). Le porte-parole des députés avait alors déclaré que les démissionnaires critiquaient le président pour son "pouvoir personnel", et ajouté que le chef de l’Etat avait "déçu" les espoirs des Mauritaniens.
Selon le correspondant de FRANCE 24 à Nouakchott, "les Mauritaniens sont contre cette présence de l'armée dans la gestion des affaires de l'Etat, mais certains soutiennent ce coup d'Etat en raison de la hausse des prix, de la corruption politique et du chômage. Ce sont des problèmes que la Mauritanie n'a pas connus durant les vingtaines d'années de présidence de Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya".
Le président Ould Cheikh Abdallahi était à la tête du pays depuis sa victoire à l'élection présidentielle de mars 2007, qui avait consacré le retour au pouvoir des civils.
La communauté internationale condamne le putsch
La Commission européenne a condamné le coup d'Etat militaire à Nouakchott et a exigé le rétablissement du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, faute de quoi elle envisagerait de geler son aide de 156 millions d’euros allouée à la Mauritanie pour la période 2008-2013.
"Cette réaction de la communauté internationale est légitime car il y a rupture de la légalité. Le gel des aides aura certes un impact mais il aura des effets limités et de courte durée. N’oublions pas que la Mauritanie reste une zone stratégique", analyse Gilbert Bourgi, spécialiste de l’Afrique, interrogé par FRANCE 24.
Dans un communiqué, l'Union africaine a également condamné le putsch et exige "le rétablissement de la légalité constitutionnelle" dans le pays.
La France a souligné son attachement à la "stabilité" de son ancienne colonie par le biais d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal, qui a indiqué que la situation dans le pays était suivie par Paris avec la plus grande attention.
Le quai d’Orsay a cependant condamné l’acte militaire et rappelé "l'attachement de la France à la préservation de l'État de droit en toute circonstance".



















Commentaires
Honte àl"Afrique!
Quelle hone à l'Afrique! Ces mlitaires qui croient tout diriger avec leurs armes font la honte de tout le monde. Du monde que les institutions démocratiques étaient installées, il fallait les laisser gérer toute crise possible.
Que les militaires rentrent dans leurs casernes et laissent les institutions prnedre en charge tout problème possible.
Ce qui se passe là donne un mauvais signal à toute l'Afrique et pourrait laisser croire d'autres personnes croire qu'il pourrait en faire autant.
J'en appelle à l'Union Africaine et à l'ONU de réagir de façon plus tranchante et avec de la pression plus directe pour posser les militaires à ramener le Président légalement élu au pouvoir.
Les élections que les putschistes préconisen pour bientôt ne sont pas la solution. Ils n'ont pas le droit de défaire à elur guise les institutions étatiques.
Peuples, soyons objectifs .
Ce coup d'Etat militaire, dans la forme devrait être condamné d'autant plus que depuis les années 90, les peuples africains se sont, dans leur ensemble, liés aux valeurs des principes démocratiques qu'ils ont peu à peu instauré dans leurs cités à l'exception des cités de quelques chefs d'Etats caciques qui s’accrochent tels le cancer pour conduire lentement et inévitablement leurs peuples à la ruine.
Pour se prononcer sur la situation actuelle en Mauritanie, il faut analyser les raisons profondes qui ont suscité l’acte incriminé. En effet, parlant de la cherté de la vie et de l’indifférence du Président déchu face aux multiples souffrances du peuple, de son pouvoir de plus en plus clanique et gravement personnalisé, de son élan à réduire les autres acteurs, eux aussi pourtant mauritaniens et intelligents, à un rôle strict de second plan et/ou d’observateurs tout cela enveloppé dans la frustration des généraux humiliés ont les mobiles qui ont conforté les auteurs du putsch dans leur décision et actions. L’avènement de la démocratie dans une cité n’est pas une fin en soi, il importe de tout mettre en œuvre pour une gestion stratégique et efficiente de la cité avec la participation du plus grand nombre.
C’était une responsabilité à prendre, les militaires sont allés au devant des choses pour ne pas laisser la Mauritanie croupir très vite sous le poids des conséquences incommensurables des élans de gestion des affaires publiques peu orthodoxes du Président déchu. Il ne fallait pas laisser la situation se dégrader davantage, il y a bien des moyens d’atténuer, tout au moins déjà, les effets pervers de cette crise internationale de la cherté de la vie liée au coût élevé des prix du pétrole. Puis, lorsque des députés et sénateurs de la mouvance présidentielle décident de lâcher le Président, il y a là matière à réflexion profonde. C’est déjà signe d’un malaise sérieux et d’une conduite sur pente dangereuse.
J’invite le peuple mauritanien à garder son calme et à vaquer à ses occupations pour assurer son quotidien.
De la communauté internationale, je sollicite une étude de la situation tenant des mobiles sur le fond en demandant aux militaires d’œuvrer pour un début de soulagement des populations quant à ce qui concerne la crise actuelle et mettre en œuvre un plan de rétablissement rapide de l’ordre démocratique et constitutionnel en organisant de façon transparente des élections libres et démocratiques.
A l’endroit du Général Président Abdel Aziz, je suggère de faire appel à l’intelligence de tous pour pallier au plus pressé qu’est la crise écrasante actuelle. Dans un premier, assurer une amélioration des conditions de vie surtout alimentaires, revoir les questions au pouvoir d’achat face aux réalités des prix et à la disponibilité des produits, remettre le peuple en confiance puis mettre en œuvre une stratégie de remise du pouvoir aux institutions démocratiques. Il importe à cet effet, que le Général Président, tout en se préoccupant du rétablissement de la situation intérieure accorde une importance au volet diplomatique qui lui offrirait l’opportunité d’expliquer à la communauté internationale leur décision ayant abouti à l’action en faisant part de leurs intentions à court terme. Ce sera une des stratégies payantes car même étant contre la désorganisation de l’ordre constitutionnel, la communauté internationale n’accepterait à l’opposé, pour rien, une dérive du pouvoir fut-il démocratiquement élu, vers l’instauration d’un système de gestion érigé sur l’autocratie, la corruption, l’influence à outrance, le bâillonnement etc…toute allure ne garantissant point un bon climat pour une meilleure vie démocratique.
Courage au peuple mauritanien et clairvoyance à toutes les parties.
Le coup d'état en Mauritanie
Bon débarras pour un président corrompu et incompétent qui n'a pas su développer l'économie de son pays,et qui est devenu une marionnete entre les mains de l'impérialisme yanké.
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