- Coup d'État - Mauritanie - Sidi Ould Cheikh Abdallahi
Retrouvez l'Entretien de France 24, daté du 29 octobre 2007, avec le président mauritanien déchu.
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir suspendu leur aide bilatérale non-humanitaire à la Mauritanie, au lendemain du coup d'Etat militaire qui a renversé le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi.
"Actuellement, toute aide américaine non-humanitaire est suspendue et en cours d'examen", a déclaré à la presse un porte-parole du département d'Etat, Gonzalo Gallegos.
Les Etats-Unis ont accordé pour l'année fiscale 2008 une aide militaire de 15 millions de dollars à la Mauritanie, a indiqué M. Gallegos.
Ils ont également débloqué une aide au développement de 3 millions de dollars, auxquels s'ajoutent 4 millions de dollars destinés à la formation au maintien de la paix et 805.000 dollars à la non-prolifération, la lutte contre le terrorisme et au déminage, a-t-il précisé.
Une aide alimentaire de 4.9 millions de dollars sera cependant maintenue, a-t-il ajouté.
Washington a en outre suspendu un programme d'aide de plusieurs millions de dollars qu'il était prévu d'accorder prochainement à la Mauritanie dans le cadre de la Société du Défi Millénaire (MCC), lancée par l'administration Bush et liant l'aide au développement à la bonne gouvernance.
"L'aide qui aurait dû être accordée dans le cadre de ce programme, dont je n'ai pas le montant précis à ce stade, sera suspendue pour le moment", a indiqué M. Gallegos.
La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a condamné mercredi le coup d'Etat militaire en Mauritanie.
Le chef de l'Etat mauritanien a été arrêté à Nouakchott lors d'un coup d'Etat sans effusion de sang mené par le chef de la garde présidentielle qu'il venait de limoger. Son Premier ministre a également été arrêté.
Ce coup de force intervient moins d'un an et demi après l'élection présidentielle de début 2007, saluée comme un "modèle démocratique" pour l'Afrique et le monde arabe.































Commentaires (1)
Mesure stratégique et conservatoire
La suspension de l’aide non humanitaire des Etats-Unis en faveur de la Mauritanie au lendemain du putsch est logique et requiert cependant une nuance. Car quand on voit de près, tenant compte des récriminations des uns et des autres face à la méthode de conduite des affaires publiques par l’ex Président, la question de savoir à quoi sert tout cet argent qui entre au titre d’aide s’impose. Toute analyse faite, ce n’est pas exclu qu’il y ait de nouveaux riches issus du groupuscule au sommet de l’Etat.
Cette suspension est donc le premier réflexe à avoir quitte à voir clair dans les intentions de la nouvelle équipe transitoire, lui tendre la main, au besoin, en matière de partage d’expérience pour l’orienter vers le meilleur choix puis revoir les conditions d’une reprise des aides non humanitaires. Il ne s’agit pas de d’une annulation, il s’agit bien d’une suspension donc une mesure susceptible de révision ; la nouvelle équipe en Mauritanie n’a pas d’inquiétude à se faire à ce sujet. De toutes façons, la Mauritanie ne saurait vivre en vase clos, il lui faut maintenir son intégration à l’internationale. Le plus important, c’est entrer en contact avec la communauté internationale dans une démarche diplomatique pour exposer les faits et les objectifs à très court terme de l’équipe. Qui donc a dit qu’an nom de la démocratie, le head of state pouvait tout se permettre ! ça ne marchera pas, le Chef de l’Etat, bien que l’élu du peuple, ne saurait transformer le pays en une propriété personnelle ; c’est un héritage commun et reçu exclusivement du CREATEUR qui a choisi que nous naissons sur ce sol et que nous nous y accrochons.
Les Etats-Unis ne sauront choisir de rester sourds aveugle ; s’ils analysent la situation et apprécient le bien fondé de l’acte, ils raviseront : la suspension est une décision stratégique et conservatoire. Il n’y a donc pas à s’inquiéter.
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