La Géorgie a lancé une offensive militaire contre sa région rebelle d'Ossétie du Sud qui a fait "beaucoup" de victimes, morts et blessés, dans la nuit de jeudi à vendredi, ont annoncé les belligérants.
"Un assaut est en cours, des combats sont en cours aux abords de Tskhinvali", la capitale de la république autoproclamée d'Ossétie du Sud, a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur, Chota Outiachvili.
"Le gouvernement géorgien a décidé de restaurer l'ordre constitutionnel dans la zone de conflit", avait annoncé peu auparavant le général Mamouka Kourachvilili, chef des forces géorgiennes de maintien de la paix en Ossétie du Sud.
"De violents combats sont en cours", a confirmé le président sud-ossète Edouard Kokoïty, dont la république est indépendante de fait mais non reconnue internationalement, à l'agence Interfax.
"Tskhinvali est encerclée par les forces armées géorgiennes", a annoncé le ministre géorgien de la Réintégration, Temour Iakobachvili, tout en affirmant que Tbilissi n'avait pas d'objectif "de prendre d'assaut la ville, mais de neutraliser les positions des séparatistes".
Des bruits très forts d'explosions et de tirs étaient audibles toutes les 20 à 30 secondes du côté de Tskhinvali et de puissants éclairs illuminaient le ciel, a constaté un journaliste de l'AFP. Des lueurs jaunes et orange étaient également visibles, laissant penser que des édifices sont en feu.
Le représentant plénipotentiaire d'Ossétie du Sud à Moscou, Dmitri Medoev, a fait état de "morts et beaucoup de blessés après les tirs massifs des Géorgiens sur Tskhinvali".
Selon un responsable des forces de l'ordre ossètes, cité par l'agence Interfax, 15 civils ont été tués à la suite de tirs géorgiens sur Tskhinvali.
Peu avant l'assaut, le président Mikheïl Saakachvili avait appelé à un "cessez-le feu" et à une "reprise du dialogue" après une série d'accrochages qui avaient fait une dizaine de morts dans les rangs des soldats géorgiens.
L'ambassadeur spécial russe dépêché à Tskhinvali, Iouri Popov, avait annoncé dans la foulée une rencontre de représentants du gouvernement géorgien et des séparatistes vendredi dans la capitale sud-ossète.
"Le pas franchi par la Géorgie est absolument incompréhensible et montre qu'on ne peut faire confiance aux dirigeants de ce pays", a déclaré M. Popov à l'agence Interfax après le début de l'assaut.
"Il faut en tirer les conclusions qui s'imposent, en particulier en ce qui concerne les perspectives d'adhésion de la Géorgie à l'Otan", a-t-il ajouté, Moscou s'opposant à l'entrée de cette ex-république soviétique, riveraine de la Russie, dans l'Alliance atlantique.
Les Géorgiens ont accusé pour leur part les séparatistes d'avoir continué à tirer alors qu'ils observaient un cessez-le-feu.
Sergueï Bagapch, président de la république séparatiste géorgienne d'Abkhazie, a aussitôt "promis" du soutien à son homologue ossète. Un millier de volontaires abkhazes se dirigeaient dans la nuit vers l'Ossétie du Sud, a-t-il dit à l'agence Interfax.
Le président de la république russe d'Ossétie du Nord, Taïmouraz Mamsourov, a aussi annoncé que des "centaines de volontaires" partaient pour l'Ossétie du Sud voisine. "Nous ne pouvons pas les arrêter", a-t-il dit à Interfax.
Les Etats-Unis ont appelé pour leur part la Russie à faire pression sur les dirigeants d'Ossétie du Sud pour qu'ils cessent les combats et la Géorgie à "faire preuve de retenue".
"Nous sommes très inquiets. Nous appelons les parties à mettre un terme immédiatement aux violences et à entamer des négociations directes", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Gonzalo Gallegos.
L'Ossétie du Sud, qui compte quelque 70.000 habitants, a proclamé son indépendance en 1992 après la chute de l'URSS et aspire à rejoindre la Fédération de Russie au côté des Ossètes du Nord. M. Saakachvili a toujours affirmé vouloir la faire revenir, tout comme l'Abkhazie, dans le giron de la Géorgie.














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