NATIONS UNIES, 8 août (Reuters) - De vifs échanges ont
opposé les émissaires russe et géorgien vendredi aux Nations
unies, où les membres du Conseil de Sécurité se sont une
nouvelle fois séparés vendredi sans parvenir à s'entendre sur
une déclaration appelant à l'arrêt des hostilités en Ossétie du
Sud.
L'ambassadeur de la Russie aux Nations unies, Vitali
Tchourkine, a accusé la Géorgie d'avoir délibérément pris pour
cible les forces de maintien de la paix russes dans la région
séparatiste géorgienne où l'escalade des affontements ces
dernières heures fait craindre une guerre ouverte.
"La situation est si catastrophique que le Comité
international de la Croix-Rouge a demandé l'ouverture d'un
corridor humanitaire", a déclaré Tchourkine devant le Conseil de
sécurité réuni en urgence pour la deuxième fois en un peu plus
de douze heures.
Le diplomate russe a accusé les forces géorgiennes de se
livrer à un "nettoyage ethnique".
L'ambassadeur géorgien, Irakli Alassania, a rejeté les
accusations de Tchourkine, déclarant devant les 15 membres du
Conseil de sécurité que Tbilissi ne faisait que se défendre
contre une agression russe. Il a par ailleurs accusé la Russie
d'avoir bombardé des cibles et des infrastructures civiles en
Géorgie.
"Les troupes géorgiennes ne prennent pas pour cible les
soldats de maintien de la paix", a-t-il déclaré. Puis en
s'adressant directement à Tchourkine, il a demandé : "Etes-vous
prêts à stopper les bombardiers ?". Sa question est restée sans
réponse.
Alassania a par ailleurs affirmé que les véritables
coupables d'opérations de nettoyage ethnique étaient les
combattants séparatistes soutenus par Moscou.
"Nous demandons que la Fédération de Russie mette fin
immédiatement à ces bombardements aériens, retire immédiatement
ses forces d'occupation, et négocie un cessez-le-feu", a-t-il
déclaré, ajoutant que le président géorgien Mikhaïl Saakachvili
était prêt à engager des pourparlers de paix directs avec la
Russie.
PROBABLE NOUVELLE RÉUNION DU CONSEIL SAMEDI
Les séparatistes ossètes ont annoncé sur leur site internet
cominf.org que "des véhicules blindés russes ont pénétré dans
les faubourgs nord de Tskhinvali", ajoutant que les forces
géorgiennes avaient commencé à battre retraite.
Moscou affirme que ses troupes ripostent à une offensive
géorgienne visant à reprendre le contrôle de la province
rebelle.
Pour le chef de l'Etat, pro-occidental, de la Géorgie, les
deux pays sont désormais en guerre.
Le représentant permanent des Etats-Unis, Zalmay Khalilzad,
a réitéré la demande américaine d'un retrait des troupes russes
des zones en conflit et d'un arrêt des attaques contre la
Géorgie.
"Nous déplorons les opérations militaires russes en Géorgie,
qui constituent une violation de la souveraineté et de
l'intégrité territoriale de la Géorgie", a déclaré Khalilzad à
la presse.
Tchourkine de son côté a clairement affirmé que la Russie
n'avait aucune intention de se désolidariser de l'Ossétie du
Sud. "Historiquement, la Russie a été et restera le garant de la
sécurité de la population du Caucase", a-t-il dit.
Réuni en urgence dans la nuit de jeudi à vendredi, le
Conseil de sécurité de l'Onu s'était séparé sans parvenir à
s'entendre sur un projet de déclaration qui aurait appelé à un
cessez-le-feu.
Tchourkine a déclaré à la presse que les cinq membres
permanents du Conseil étaient proches vendredi d'un accord sur
la formulation de la déclaration.
Jan Grauls, l'ambassadeur de la Belgique qui assume la
présidence tournante du Conseil, a cependant déclaré que ses
membres n'étaient toujours pas parvenus à s'entendre sur une
déclaration.
Ils devraient se réunir à nouveau samedi pour se mettre
d'accord sur un texte ayant l'aval des quinze membres du Conseil
de sécurité.

















