- Coup d'État - Mauritanie - Sidi Ould Cheikh Abdallahi
Retrouvez l'Entretien de France 24, daté du 29 octobre 2007, avec le président mauritanien déchu.
L'Union africaine (UA) a annoncé la suspension prochaine de la Mauritanie de son organisation, après le coup d'Etat de mercredi à Nouakchott où de nombreux représentants de la communauté internationale sont allés rencontrer samedi le général qui dirige la junte.
"L'UA va suspendre la Mauritanie jusqu'à ce que le pays retrouve un gouvernement constitutionnel", a déclaré le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Bernard Membe, dans un communiqué publié tard vendredi depuis Dodoma, la capitale tanzanienne.
"Le coup d'Etat est un revers grave pour les Mauritaniens parce qu'il a volé au peuple son droit fondamental à élire librement les dirigeants de son choix", a ajouté la Tanzanie, qui préside l'UA.
Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu du pays, a été renversé par un coup d'Etat sans effusion de sang mené par le chef de la Garde présidentielle, Mohamed Ould Abdel Aziz, qu'il venait de limoger.
"Nous sommes venus accidentellement au pouvoir mais uniquement pour bien servir le pays", a assuré dimanche le général Ould Abdel Aziz, dans un extrait d'entretien diffusé par RFI.
"J'appelle l'ensemble des Mauritaniens à dépasser toutes leurs petites divergences passagères (...) et à aider le nouveau pouvoir à bien s'occuper des problèmes qui menacent le pays, qui sont la faim, l'ignorance, la maladie", a-t-il dit, promettant "de lutter de manière implacable contre la corruption".
Il a également réitéré sa promesse d'organiser une élection présidentielle, tout en refusant de "donner de délai".
Au palais présidentiel, les visites se sont succédées toute la journée.
Le chef de la junte, désormais à la tête d'un Haut Conseil d'Etat formé de 11 militaires, a commencé samedi après-midi à recevoir les ambassadeurs de France, des Etats-Unis, d'Allemagne et d'Espagne.
Une délégation des Nations unies devait ensuite être reçue au palais présidentiel.
Dimanche matin, des émissaires de l'UA devaient également rencontrer le dirigeant de la junte. Une "réunion de coordination" sera ensuite organisée dimanche entre la Ligue arabe, l'ONU et l'UA, "pour conjuguer les efforts" et "aider la Mauritanie à sortir de la crise", selon le secrétaire adjoint de la Ligue arabe, Ahmed Ben Hilli.
Au sujet du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, actuellement retenu dans une villa surveillée, le général "m'a dit qu'il était en bonne santé, bien traité, dans de bonnes conditions", a rapporté M. Ben Hilli, après un entretien samedi matin avec le nouvel homme fort de Nouakchott.
Vendredi, plusieurs centaines de partisans du président renversé, dont des ministres et des députés, s'étaient rassemblés au siège d'un parti à Nouakchott pour marquer avec force leur opposition au coup d'Etat.
Les partis du Front pour la défense de la démocratie ont réitéré samedi leur "refus de toute idée d'organiser de nouvelles élections". "C'est un leurre et une tentative de tromper le peuple et sa classe politique, nous voulons que la Ligue arabe le sache et fasse tout pour préserver cet embryon de démocratie dans le monde arabe qu'elle cite en exemple et qui s'écroule sous ses yeux", a déclaré Mohamed Ould Moloud, président de l'Union des forces du progrès (UFP).
De leur côté, les députés "frondeurs" qui avaient claqué la porte du parti au pouvoir à la veille du putsch, ont au contraire "exigé" que soit organisé un scrutin présidentiel. Le député Mohamed Moktar Ould Zamel a notamment accusé le président renversé d'avoir "cherché le chaos" et "instauré un pouvoir familial".




























Commentaires (1)
Et puis après ! ! !
J’ai une envie folle de pleurer haut et fort lorsque j’entends dire des choses du genre. Condamnation du putsch, suspension de la Mauritanie de l’UA jusqu’à rétablissement de l’ordre constitutionnel, opposition à toute nouvelle élection présidentielle …
Attendez ! Où étaient-ils ? Ceux-là qui vont dans tous les sens en ce moment pour tenter de faire rétablir la situation en Mauritanie, où étaient-ils ? Qui donc a décrété qu’au nom de la démocratie et parce qu’ayant été démocratiquement élu, le Président de la République pouvait tout se permettre allant même jusqu’à fouler aux pieds les droits fondamentaux des citoyens. Car lorsqu’un Chef d’Etat garant de la Constitution viole la loi fondamentale du pays, il tombe sous le coup de parjure et devra être considéré comme tel. Les peuples ont déjà souffert trop longtemps pour que d’aucuns, au nom de la démocratie, viennent essayer de leur faire avaler des couleuvres.
Dans tout processus de développement engagé, surtout lorsque le pays sort du système politique suicidaire, il y a toujours des sacrifices à faire par tous au départ et pour un moment tenant compte de l’état de dégradation de l’économie nationale. Mais dans le cas d’espèce, nous ne sommes point en présence d’une telle démarche. Il faut le dire, le pouvoir démocratiquement installé en Mauritanie a outrepassé les limites du supportable. Et pourquoi l’UA ne tape pas du point sur la table pour contre ces pouvoirs autocratiques, voraces, gravement corrompus et meurtriers qui continuent d’asphyxier les paisibles peuples qui continuent de croire, sans jamais réussir, en la puissance de leurs suffrages pour barrer la route à ces petits qui gouvernent.
Soyons conséquents envers nous-mêmes. Que l’UA opte pour son soutien à l’ordre constitutionnel, quoi de plus normal ! Mais qu’elle assiste passive à la torture de la démocratie sans jamais agir en amont pour réguler l’ordre, empêchant ainsi la dégénérescence de la situation, elle devra prendre acte en aval de la nouvelle donne. La suite sera l’expression de son souhait de voir la situation se normaliser au plus tôt en annonçant la suspension du pays concerné aux activités de l’UA. En tout état de cause, le rétablissement de l’ordre constitutionnel conditionne le retour du pays au sein de la famille de l’Union Africaine. C'est une mesure objective pour exprimer la position de l'UE face aux dérives constitutionnelles. Mais alors, que fait l'UA lorsque des chefs d'Etats continuent en ce moment même de conduire les affaires de leurs pays en dehors de l'ordre constitutionnel ? Que fait l'UA lorsque des fils de l'Afrique sont assassinés par des pouvoirs en place au nom de la corruption savamment défendue par les assassins chef d’Etat et leurs acolytes ? Il faut éviter d’être inconséquent
Et puis, tous les pays membres de l’UA sont-ils véritablement démocratiques ? Je ne pense pas à mon pays, le Bénin en posant la question. Le sont-ils vraiment ?
Ah l’Afrique ! l’Afrique, mon beau Continent. Quelle douleur te font subir tes propres enfants ! Ancrée dans une douleur excessive, il ne me plaît point d’égrener ici la longue liste de ces maux qui te minent et qui sont l’œuvre des mains de tes propres enfants. Ah l’Afrique, après la traite négrière, voici encore d’autres supplices… toutjours tes enfants ...
En ce qui concerne la Mauritanie dans sa situation actuelle, trêve de discours et de démonstrations théoriques. L’essentiel, Général Abdel Aziz, c’est œuvrer pour asseoir les bases d’une société mauritanienne véritablement démocratique, débarrassée du maximum de germe corruption puis passer le témoin à une nouvelle équipe constitutionnelle. Gardez à l’esprit, l’impérieuse nécessité de servir d’abord le peuple et bien le servir. C’est sur cette base que vous serez apprécié et le peuple se prononcera. Il n’y a rien de caché sous le soleil.
Sachez que la route sera longue et périlleuse car travailler pour tout un peuple, c’est une très lourde mission, un travail très fastidieux ; vous le découvrirez. Gérez les voix qui s’élèvent par ci, par là tout en vous attelant à votre travail. Que votre esprit ne soit point distrait par le bruit des caravanes. Le but à atteindre est large et complexe. Entourez vous d’hommes et de femmes compétents, valables, patriotes et convaincus, c’est ainsi que vous réussirez et ne manquez jamais de tenir parole, vous devez finir par rétablir l'ordre constitutionnel. Faites-le bien et dans les règles de l'art. Ne vous accrochez pas au pouvoir, il risquera de vous emporter bien loin en vous plongeant dans un dissolvant duquel vous ne sortirez plus jamais.
Bon courage à vous Général Abdel Aziz et à toute votre équipe.
Pleins succès.
Réagir à cet article