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Mort du poète palestinien Mahmoud Darwich

Dernière modification : 09/08/2008

Considéré comme l'un des plus grands poètes du monde arabe, Mahmoud Darwich est décédé à l'âge de 67 ans, aux États-Unis, dans un hôpital où il avait subi une opération chirurgicale à cœur ouvert.

Mahmoud Darwich, considéré comme l'un des des plus grands poètes du monde arabe, qui souffrait de maladie cardiaque, est décédé samedi aux Etats-Unis dans un hôpital où il avait subi une intervention chirurgicale.
  
"M. Darwich est décédé à 13H35 locales (18H35 GMT)", a indiqué sans autre précision à l'AFP Ann Brimberry, porte-parole du Memorial Hermann-Texas Medical Center à Houston où il était traité.
  
Mahmoud Darwich se trouvait dans un état critique à la suite d'une intervention chirurgicale, avait dit plus tôt un autre responsable de cet établissement.
  
Selon des proches du célèbre poète palestinien, ce dernier avait subi une opération à coeur ouvert mercredi dans ce même hôpital et se trouvait sous assistance respiratoire suite à des complications.
  
Le poète avait déjà subi deux opérations du coeur en 1984 et 1998. Après sa seconde opération, il avait écrit un poème intitulé: "Mort, je t'ai vaincue".
  
Considéré comme l'un des principaux poètes arabes de sa génération, Mahmoud Darwich est né en 1941 à Al-Birweh, en Galilée, alors en Palestine sous mandat britannique et aujourd'hui dans l'Etat d'Israël.
  
Lors de la guerre israélo-arabe de 1948, ce village est rasé et ses habitants sont forcés à l'exil.
  
La famille Darwich s'enfuit au Liban, où elle restera un an, avant de rentrer clandestinement en Israël où elle s'installe dans la localité de Deir Al-Assada, avec un statut précaire.
  
Après ses études (en arabe et hébreu) dans des école arabes israéliennes, Darwich s'installe à Haïfa, le grand port du nord d'Israël, où vit une importante communauté arabe.
  
Début des années 1970, il choisit l'exil. Il part pour Moscou étudier l'économie politique puis se rend au Caire en 1971.
  
A Beyrouth, en 1973, il travaille comme rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) rejoignant l'organisation alors en guerre avec Israël.
  
Après la guerre israélienne au Liban durant l'été 1982, qui a forcé la direction de l'OLP à trouver refuge à Tunis, Darwich reprend la route de l'exil: Le Caire, Tunis puis Paris.
  
En 1993, il démissionne de l'OLP pour protester contre les accords d'Oslo, estimant qu'ils n'apporteront pas une "paix juste" pour les Palestiniens.
  
Le poète se rend en 1995 dans la bande de Gaza après l'avènement de l'Autorité palestinienne, avant de s'installer à Ramallah, en Cisjordanie.
  
En mai 1996, il est autorisé à fouler le sol d'Israël pour la première fois depuis son exil afin d'assister aux funérailles de l'écrivain arabe israélien Emile Habibi.
  
Le poète critiquait la "mentalité israélienne de ghetto" et la politique israélienne qui empêche la création d'un Etat palestinien viable.
  
Au festival des musiques du monde à Arles (sud-est) en juillet dernier, il confiait préférer les thèmes universels de l'amour, la vie, la mort à ceux purement politiques de ses débuts et vouloir être lu "comme un poète", "pas comme une cause".

Première publication : 09/08/2008

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