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Une sprinteuse grecque controversée exclue des Jeux

Dernière modification : 17/08/2008

La sprinteuse grecque Ekaterini Thanou a été exclue des Jeux pour infraction aux règles de dopage et '"atteinte à l'image des jeux", en référence à sa précédente exclusion des JO, lors de l'édition 2004.

Le Comité international olympique (CIO) a, comme prévu, choisi la ligne dure en excluant dimanche des jeux Olympiques de Pékin la sprinteuse grecque Ekaterini Thanou, coupable d'infraction aux règles antidopage mais surtout d'atteinte à l'image des Jeux, en 2004, à Athènes.


Réunie aux aurores dimanche matin dans la forteresse de l'hôtel Beijing, la commission exécutive, le gouvernement du CIO, a ainsi décidé de suivre les recommandations de sa commission disciplinaire et d'empêcher Thanou de courir à Pékin.

La base juridique de la décision, motivée sur cinq pages, est le fameux article 45 de la charte olympique qui stipule que le CIO a le pouvoir discrétionnaire d'accorder ou de refuser toute accréditation pour les JO. A cet article, s'ajoute la décision spécifique prise en 2004 que "toute participation de Thanou à une autre édition des JO pourra être sujette à une autre procédure de la part du CIO."

Mais ce sont d'abord des raisons affectives qui ont poussé le CIO à bannir Thanou, pourtant revenue depuis deux ans de suspension et sportivement qualifiée, alors qu'il n'a rien tenté pour empêcher le Hongrois Robert Fazekas, déchu de son titre olympique 2004 du disque pour dopage, de concourir en Chine.

Autre bras de fer

Coupable, comme son compatriote Kostas Kenteris, d'avoir manqué deux contrôles antidopage et d'avoir simulé un accident de moto pour justifier son absence à un troisième -ce qui équivaut à une violation des règles antidopage sanctionnables de deux ans de suspension, ndlr-, Thanou a eu un "comportement inacceptable" et a causé un "très sérieux préjudice au mouvement olympique en provoquant un scandale majeur, couvert par les medias du monde entier."

Poursuivie pénalement pour parjure en Grèce, autre élément à charge pour le CIO, la sprinteuse paye également l'agressivité de son avocat "dont les menaces sont incompatibles avec l'esprit olympique", selon le document. Sans attendre la décision des Olympiens, le défenseur de l'athlète a en effet envoyé à la commission d'éthique du CIO une lettre de plainte envers les déclarations publiques de Jacques Rogge, président du CIO, Thomas Bach, celui de la commission de discipline, et Lambis Nikolaou, membre grec du CIO.

Thanou, qui en avait exprimé l'intention en cas de décision défavorable, devrait désormais faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui a délocalisé à Pékin une chambre ad hoc chargée de trancher les litiges en accéléré. Une nécessité puisque les séries du 100 m, la seule course où la Grecque est qualifiée, ont lieu le samedi 16.

Ensuite, se poursuivra un autre bras de fer avec le CIO. Dépositaire des cinq médailles des JO-2000 retirées à l'Américaine Marion Jones après ses aveux de dopage, le CIO rechigne à les réattribuer en fonction du classement, notamment parce que cela ferait de Thanou -à priori innocente jusqu'en 2004- une championne olympique du 100 m. Un blocage que la Grecque et ses défenseurs sont également bien décidés à contester.

Première publication : 10/08/2008

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